Principales catastrophes et cataclysmes Ile de Noirmoutier

Principales catastrophes et cataclysmes dans l’île de Noirmoutier depuis le IIIème siècle, ce document réalisé en 2010 par Jean-Louis, administrateur à Vivre l’île 12/12 vient d’ être  remis à jour .

Cette version annule les versions précédentes. Vous trouvez là la dernière version revue, corrigée et augmentée.

 

Pour lire le document, cliquez ci-dessous :

CATASTROPHES Juin 2016

 

 

 

Commentaire reçu récemment sur cet article :

Je tiens à vous remercier pour ce dossier REMARQUABLE, qui vous a demandé beaucoup, beaucoup de temps et d’énergie.

Je l’ai parcouru hier soir et je vais le relire plus intensément et plus en profondeur dans les jours prochains.

Félicitations pour nous aider à avancer dans une connaissance plus précise de notre territoire, en faisant l’inventaire, non discutable, de notre passé, en mettant aussi en valeur la »jugeotte » de nos Anciens.

Tous nos décideurs en urbanisme devraient réfléchir intensément avant d’entériner une décision, très souvent positive mais si lourde de conséquences…pour le futur.

Félicitation.

Merci.

D.P

Xynthia, le verdict est tombé!

Seul commentaire :
Y aura-t-il cohérence désormais entre les accusations retenues, la conclusion du tribunal et les décisions puis les mesures prises par nos dirigeants régionaux et nationaux concernant la protection du littoral ?
Au-delà des travaux de défense maintenant nécessaires, auront-ils le courage de faire appliquer les lois déjà votées, notamment la loi littoral ?
Auront-ils la volonté de préserver les espaces naturels encore existants contre des constructions « bord de mer » toujours plus recherchées et rémunératrices à court terme pour les communes ?
Auront-ils le pouvoir de se faire entendre des élus locaux ?
Jusqu’à présent, nous avons surtout le sentiment d’assister à une valse connue ; un pas en avant et trois pas en arrière ! Beaucoup de beaux gestes suivis de peu d’effets !
2015 doit être l’année des PPRL et ils semblent encore loin d’être approuvés…

 

Risques côtiers : la « protection » contre la prévention ?

VNE (Vendée Nature Environnement) a mis en ligne un article suite au procès Xynthia, que nous voudrions partager, sur les risques de notre territoire:

« Dans la nuit du 27 au 28 février 2010, au plus fort d’une dépression atmosphérique, la tempête Xynthia conjuguée à une marée de fort coefficient frappait la côte atlantique, y causant 46 morts. 29 de ces victimes, prises au piège de la submersion marine, étaient localisées dans la seule commune de La Faute-sur-Mer, dans des lotissements relativement récents.

Le procès pénal tenu aux Sables d’Olonne s’est s’attaché à déterminer et à faire comprendre l’enchaînement des faits, et surtout des fautes qui, additionnées, ont conduit à un tel désastre.

Pour éviter qu’une telle catastrophe ne se reproduise sur nos côtes, comment ne pas s’interroger sur des attitudes ayant contribué à celle-ci ? Sur quels principes s’appuyer pour éviter les dérives constatées ? »….

La suite (où il est beaucoup question de l’île de Noirmoutier) sur le lien de VNE : http://vne.eklablog.com/risques-cotiers-la-protection-contre-la-prevention-a112961582

Premières réflexions après le procès Xynthia

Le procès Xynthia (29 décès à La Faute) se termine. La décision est en délibéré jusqu’au 12 décembre.
En attendant, FNE (France Nature Environnement) (et ses associations membres) ainsi que Coorlit85 (Coordination Littoral Vendée) (*) qui ont assisté au procès aux Sables d’Olonne tirent leurs premières conclusions suite aux débats : le rôle des digues, leur limite, l’importance des PPRL, et surtout la nécessité impérieuse de développer notre culture du risque particulièrement déficiente sur notre littoral, et éviter l’amnésie (volontaire et involontaire) de l’histoire des catastrophes sur nos côtes.
Comme il a été souvent dit suite à cette catastrophe, et pour le futur: « Plus jamais ça ! »
(*)–dont l’Association Vivre l’île 12 sur 12 fait partie-
lien vers l’article de FNE:  CP FNE 22oct14 procès Xynthia

Les quais du port de Noirmoutier

Existe-t-il encore dans l’île des zones à risque ?

port1.jpg

2ème volet
Les quais du Port patrimonial : rue de l’Ecluse.
(Pour le 1er volet, cliquez ici.)

Rue de l’Ecluse, nuit du 28 février 2010, au niveau de la nouvelle digue/quai
Rue de l’Ecluse, nuit du 28 février 2010, au niveau de la nouvelle digue/quai

 port3.jpgLocaux de la Chaloupe et magasins des Phares et Balises

 port4.jpg
Le quai des Phares et Balises

Ces organeaux et ce bollard (voir photos ci-dessous), bien ancrés dans le béton en haut du nouveau quai/digue, et destinés à l’amarrage des navires…

port5.jpg

 port6.jpg

… ne sont là que pour le décor ! En effet, aucun navire n’est susceptible de s’amarrer à cet endroit de la digue/quai sans s’exposer à des avaries graves à ses bordés ou à sa quille. Ce faux quai/digue est un piège à bateaux!

port7.jpg

Le quai/digue s’interrompt brutalement au niveau de la petite cale, pourquoi ?
Peut-être tout simplement pour protéger des intérêts privés !

Si « on » s’est inquiété avec exagération de la portion de berge qui a vu la construction du quai/digue en question, entre le « véritable » quai des Phares et Balises, quai utilisable par des navires, et le commerce existant, on peut remarquer, en plus du maintien d’une petite cale de mise à l’eau, l’état de dégradation avancé de la digue située sous ce commerce, lui même entièrement inondé lors de « Xynthia ».

port8.jpg
Qu’est-ce que c’est ?

Qu’en est-il aujourd’hui de ce repaire à rats et à renards ?

port9.jpg

port10.jpg

port11.jpg

Des travaux sont-ils programmés pour sécuriser et rendre à cette portion de berge dégradée jusqu’à l’inacceptable un aspect esthétique satisfaisant?
Ce lieu pollué,  dangereux pour les promeneurs et pour les usagers d’un commerce, qui pourrait d’ailleurs – fort opportunément – être déplacé de l’autre côté de la rue de l’Ecluse afin de rétablir la perspective depuis l’ensemble des quais vers l’avant port et le chenal d’accès. La « vue » est en effet bloquée par cette structure rébarbative qui n’a plus sa place dans un port souhaité « patrimonial ». La clientèle des bars et restaurants du quai Cassard et les promeneurs en général en seraient ravis.
« Quelle belle vue » s’exclameront-ils ? Enfin !

La rue de l’Ecluse est-elle aujourd’hui protégée si une tempête semblable à Xynthia devait se produire demain ?
Malheureusement NON
Les débordements, les dégâts seraient sensiblement les mêmes, fort peu de choses ont changé.

L’aberrant quai/digue construit à la hâte sans étude d’impact, sans respect pour une tradition maritime ou sans souci esthétique n’y  changerait rien !

port12.jpg

L’ineffable quai/digue

L’état de cette berge méritait certes des travaux de confortement mais les travaux réalisés sont-ils judicieux ? Il est difficile de croire que cette digue/quai réalisée dans une urgence suspecte était l’unique solution possible à la mise en sécurité de cette zone.

Non seulement, cette digue n’est rehaussée que de quelques centimètres (sauf au niveau de la cale ou sa hauteur est la même), mais si elle est inutilisable pour l’accostage des navires, elle présente aussi un danger supplémentaire par le rétrécissement du plan d’eau qu’elle réduit en largeur, diminuant d’autant la zone d’évolution des navires.

De nouveau, nous nous posons cette question :
Le rehaussement à 5m NGF de la chaussée Jacobsen protègera-t-il les berges du quai, restées à environ 4m NGF ?
Une nouvelle fois la réponse est NON et on ne peut que s’inquiéter du manque de rigueur dans le calendrier des travaux à effectuer en priorité ! En effet, des débordements importants se sont produits lors de « Xynthia » là même où s’arrête le muret !

port13.jpg

Interruption brutale du muret de la chaussée Jacobsen.

Le manque de continuité de la ligne de crête rend totalement impossible la capacité de cette structure à réduire les débordements sur les quais du port lors d’une tempête telle que Xynthia ; le contournement par l’élément liquide serait exactement le même. Une partie du quartier de Banzeau connaîtrait de nouveau les affres d’une inondation. En effet, aucun chantier (de défense contre la mer) n’est venu réduire ou supprimer la  cause principale de cette inondation, c’est à dire un niveau altimétrique des quais insuffisants.

Ci-dessous, quelques images du port lors de la tempête  « Xynthia », le 28 février 2010 au petit matin.

port14.jpg
L’écluse de l’étier du Moulin

port15.jpg

La grue de la rue de l’Ecluse

Le quai Cassard devant les Salorges

Le quai Cassard devant les Salorges

Dans son ensemble, le port patrimonial est-il mieux protégé aujourd’hui, 16 mois après la tempête dévastatrice ?

La réponse est NON ou très peu.

La Berche

On s’autocongratule, on bétonne, on enroche un quai, on rehausse, on remblaie, on recharge en sable, mais sommes nous réellement protégés depuis la tempête Xynthia ?
Existe-t-il encore dans l’Ile des zones à risques ?

1er volet
Digue de la Berche commune de Barbâtre :

La Berche

Les marais de la Berche inondés, 15 mars 2010

On peut s’interroger sur la ou les raisons de cette inondation ?
Voici quelques réponses en images :

berche2.jpg

Cale de la Berche, 15 mars 2010, deux semaines après Xynthia

Le muret de rehaussement érigé en 1997 a bien protégé toute cette zone depuis le bonhomme, et vers le polder de Sébastopol. L’interruption du muret au niveau de la cale et au nord de la maison a provoqué l’essentiel de la submersion  et des débordements par manque de continuité du niveau de crête, facteur récurrent comme nous allons le voir.

berche3.jpg

La Berche, maison sur la digue, 15 mars 2010

Le portail et une partie du muret de protection de la maison ont été détruits lors de la tempête.

berche4.jpg

En contrebas de la cale, vers les marais

On peut observer les pierres de la digue déchaussées et transportées vers le chemin en contrebas par érosion régressive. L’essentiel de la submersion s’est produit à cet endroit.

berche5.jpg

Mai 2011

Le muret et le portail ont été réparés, mais :

 berche6.jpg

Mai 2011, la cale existe toujours, inchangée

 berche71.jpg

De l’autre côté de la maison, une autre ouverture, rien de changé !

Nous posons donc la question :
Cette partie de la digue est de l’Ile où nous avons observé des débordements provoquant une remise en eau des marais de la Berche est-elle aujourd’hui mieux protégée ?

Malheureusement, la réponse est NON, dans le cas d’une tempête semblable à Xynthia,  les dégâts seraient sensiblement les mêmes !

La continuité de la ligne de crête des digues et des quais est un élément essentiel pour assurer la sécurité de l’Ile. Les principaux débordements se sont produits là où il y avait discontinuité.
Cependant, d’autres interruptions existent, par exemple au « Bonhomme », en divers endroits le long des digues, au Gois, les quais du port patrimonial, l’écluse sur l’étier du Moulin (4,1m NGF)…(Liste non exhaustive).

Des travaux sont-ils prévus pour corriger cette problématique ?

La Jetée Jacobsen peut-elle nous protéger ?

Quelle protection offrirait la nouvelle chaussée Jacobsen si une tempête semblable à Xynthia se produisait demain ?

Aucune, bien que l’on puisse observer une meilleure protection au niveau de l’étier de Ribandon dont les écluses renforcées et la construction de contreforts sécurisent cette zone de la chaussée (heureuse exception).

jacobsen1.jpg

L’étier de Ribandon entre ses digues, au fond la chaussée Jacobsen.
Une rupture de la chaussée Jacobsen à ce niveau (peu probable) enclencherait une inondation importante vers la maison de retraite en particulier. C’est aussi un endroit relativement aisé à sécuriser bien qu’aucun mouvement ne soit perceptible.

Mais ailleurs, là où se sont produits des débordements et inondations ?

N’oublions pas que le seul débordement sur la chaussée s’est produit au niveau des travaux, alors en cours, sur le coëf du Grand Müllembourg, un peu avant Fort Larron.

jacobsen2.jpg

Coëf du Müllembourg vers Fort Larron, photo prise le 6 février 2010, 3 semaines avant Xynthia, le nouveau coëf vient d’être mis en place , la tranchée est comblée, mais des difficultés semblent subsister et ralentir le chantier ! 

jacobsen3.jpg

Le 6 février 2010, étier du Moulin, le coëf vient d’être posé, on peut remarquer les gravats du rebouchage de la tranchée, le béton de renforcement de la canalisation et surtout le niveau inférieur de la chaussée.

C’est le seul endroit sur la chaussée Jacobsen où une submersion s’est produite, due aux travaux en cours.

jacobsen4.jpg

Le 28 février 2010, un engin tente de remettre un peu d’ordre après la submersion, chantier boueux, un manque d’étanchéité au niveau de l’écluse semble exister (renard).

jacobsen5.jpg

Fort Larron, le 28 février 2010 vers midi, évacuation de la submersion à Fort Larron vers la réserve du Müllembourg.

A Fort Larron, l’inondation serait à peu près la même, contournement du mur et submersion de la dune en particulier au niveau du passage des barges des professionnels. Pour rappel, l’inondation de Fort Larron s’est évacuée, en particulier, par une tranchée creusée d’urgence vers le système de contrôle du pluvial de la réserve du Müllembourg, dans lequel existe pourtant trois lotissements à risque !

jacobsen6.jpg

Entrée du port de Noirmoutier
Le muret se termine brutalement, toute la zone à droite serait submergée

 jacobsen7.jpg

Le « passage » des barges, une évidente entrée d’eau possible
Un « dos d’âne » pourrait diminuer le risque !

Le quai Cassard est-il protégé ?

Quelle sécurité va apporter aux quais du port la nouvelle chaussée Jacobsen ?

AUCUNE !

jacobsen8.jpg

Le point le plus bas du quai Cassard

Le niveau des berges du quai Cassard (rive nord) est exactement le même, les commerces et riverains inondés lors de Xynthia le seraient de la même façon.
Aucun changement. L’élément liquide contournerait le nouveau mur et s’engouffrerait vers le quartier de Banzeau, comme lors de Xynthia.

jacobsen9.jpg

vers Banzeau

jacobsen10.jpg

Le 28 février 2010 à 5h du matin

François Gendron a filmé le port cette nuit-là : pour voir le document, cliquez ici.

Jean-Louis Eugène, administrateur de l’association Vivre l’île 12 sur 12, a réalisé en juillet dernier un dossier sur les perspectives pour le port de Noirmoutier après Xynthia, que l’on peut télécharger en cliquant ici.

Voir aussi notre article du 1er mars 2010, avec des photos des inondations, en cliquant ici.

Les scènes ci-dessus peuvent se reproduire demain; les travaux excessifs récents sur la chaussée Jacobsen n’y changeraient rien !

Travaux sur la digue Jacobsen

Le Courrier Vendéen du 12 mai 2011 publiait un article rendant compte de notre lettre au Préfet du 24 mars dernier.

Cliquez ici pour lire l’article du blog.

Courrier vendéen du 12 mai 2011

Cliquez sur la vignette ci-dessus pour lire l’article du Courrier Vendéen.

Le 19 mai, le Courrier Vendéen publiait un article intitulé : Travaux sur la digue Jacobsen : Noël Faucher répond à « Bien vivre l’île 12 sur 12 » [sic], que l’on pourra lire en cliquant sur la vignette ci-dessous.

Courrier vendéen du 19 mai 2011

Selon Monsieur Faucher, « Le projet de confortement et de rehausse était nécessaire au regard des enjeux à préserver. » Le projet participerait à « une stratégie globale de protection face à la mer, engagée par la communauté de communes depuis plusieurs années. »

Le conseil d’administration de l’Association du Port Patrimonial de Noirmoutier en l’île (APNO), La Grue en Main, pour sa part, a publié le 21 mai un communiqué de presse dénonçant (entre autres) le manque de pertinence de la surélévation de l’infrastructure, et demandant une véritable étude de sécurité pour la chaussée.

Travaux en cours

Existe t-il un plan d’ensemble ? Ou sommes-nous les témoins effarés de travaux mis en chantier au coup par coup?

Ci-dessous, des photos prises samedi 16 avril 2011.

jacob-001.JPG
Arrivée à Noirmoutier par la mer, c’est «  béton » vers le port patrimonial.

jacob-002.JPG

jacob-003.JPG

La chaussée Jacobsen bétonnée à 5m NGF se termine à Fort Larron par un muret détruit, non reconstruit à ce jour (à gauche) puis par une rangée de piquets.
Au delà de cette rangée incongrue de piquets cette zone reste extrêmement vulnérable.
jacob-004.JPG

Ce passage dans la rangée de piquets, créé pour faciliter le franchissement de la dune par les barges tractées de professionnels, est aussi une invite aux eaux de tempête à pénétrer vers Fort Larron et le Müllembourg (on peut apprécier la hauteur de la dune de chaque côté de ce passage à environ 3mNGF). Zone clairement toujours à risque !
Curieusement, cette situation évidente ne semble pas concerner les responsables (ou le responsable) de la défense contre la mer.
Situation aberrante parmi d’autres…

La Jetée Jacobsen : nous écrivons au Préfet

Le 24 mars, nous avons envoyé la lettre suivante au Préfet de la Vendée, avec copie au Président de la Communauté de communes, à la Sous-préfète et à l’Architecte des Bâtiments de France.

Objet : Travaux sur la chaussée Jacobsen à Noirmoutier-en-l’Ile.

Monsieur le Préfet,

Certains membres du CA de l’association « Vivre l’Ile 12 sur 12 » participaient régulièrement à la commission de défense contre la mer, mise en place par la Communauté de Communes de l’Ile de Noirmoutier et ce jusqu’à la  date du 5 décembre 2009. Or, malgré nos demandes réitérées avant, puis après le début des travaux sur la digue Jacobsen, aucun calendrier des travaux, aucun plan concernant ce projet d’importance ne nous ont été communiqués, sauf pour un document de mauvaise qualité aux plans illisibles, délivré début février 2011, alors que les travaux sont en voie d’achèvement.

Invités par le Président de la Communauté de Communes à aller voir sur place, ce qui est seulement possible le dimanche pour des questions de sécurité, nous avons découvert, effarés,  la dénaturation de cette chaussée historique, secteur classé.
Que voit-on ? Une fortification qui débute après la digue de Fort-Larron et s’arrête au niveau de la chapelle des Martyrs. Du béton, deux murs, une large voie réservée aux ostréiculteurs (qui ne l’empruntent que dix jours par mois), la chaussée réduite de 5 mètres à 4 vers le milieu, l’espace traditionnellement réservé aux promeneurs, piétons et cyclistes, devient cohabitation sur la portion congrue. L’une des balades champêtres favorites des Noirmoutrins est aujourd’hui disparue, mais des passerelles en bois sont prévues pour la sécurité des promeneurs. L’aspect esthétique de cette zone  défigurée donne l’impression d’un mur de béton entre la mer et la réserve naturelle.

Nous sommes très soucieux de la protection de la population, mais d’une façon cohérente, et pas à ce prix là ! Pas ce gaspillage financier et cette atteinte à l’environnement !

Quelles sont les véritables raisons qui justifient ces travaux ? Ouest-France du 18 mars 2011 nous apprend qu’un nouveau lotissement est prévu dans le Mullenbourg, alors que plusieurs POS successifs  avaient retiré ces zones de l’urbanisation.
Qu’en est-il réellement ? Comme d’habitude, la concertation n’est pas de mise.

Certes, cette jetée avait besoin de travaux de consolidation, l’étanchéité devait être revue côté chenal, et une rehausse par un muret eut suffi, mais l’urgence ne se situe pas là, tant que le plan de protection ne prend pas en compte une cohérence du niveau de crête depuis les Sableaux jusqu’à l’écluse sur l’étier de l’Arceau.

Comment peut-on réaliser une telle structure à 5,00m NGF qui sera irrémédiablement contournée en cas de surcote, les points bas se situant sur les berges du port de Noirmoutier à 3,80m NGF, certaines sections des Sableaux (une barrière récente en partie amovible doit éviter les franchissements) et la pointe de Fort Larron sur laquelle le muret en continuation de la jetée Jacobsen s’interrompt brutalement.

Les berges de l’étier de Ribandon et les digues de Ribandon est et ouest confortées protégeraient les quartiers alentours de la montée des eaux. De même, les travaux actuellement en cours sur la berge sud du port (submergée lors de Xynthia), qui ne semblent pas prévoir un rehaussement à 5,00m NGF en continuité avec la jetée Jacobsen nous semblent parfaitement incohérents.
Qu’en est-il du rehaussement à 5,m NGF du quai nord, également submergé lors de Xynthia, et de la mise en sécurité à 5,00m NGF de l’écluse de l’étier du Moulin récemment remodelée avec des normes déjà dépassées ? Une continuité de la ligne de crête à 5m NGF depuis la plage St Pierre jusqu’à l’écluse de l’étier des Trois Coëfs, nous semblent bien dans la logique de rehaussement à 5,m NGF de la jetée Jacobsen décidé à la hâte par la Communauté de Communes.

En ces temps difficiles, nous percevons là, un chantier de travaux décidés à la hâte, avant la mise en place d’un PPRI cohérent. On ne peut que s’inquiéter de cette utilisation de l’argent public à des fins autres que la défense contre la mer.

Dans l’attente de votre position, je vous prie d’agréer, Monsieur le Préfet l’assurance de ma haute considération

Marie-Thérèse BEAUCHÊNE

Présidente

La Jetée Jacobsen : travaux

Selon un article publié dans le Courrier Vendéen du 17 mars 2011, « l’affaire de la Jetée Jacobsen peut encore connaître quelques remous avant que l’édifice soit rouvert au public. Cette réouverture est annoncée pour le mois de mai. »

Vous pourrez lire l’article en cliquant sur la miniature ci-dessous:

Courrier Vendéen du 17 mars 2011

Ci-après, des photos récentes de la jetée (cliquez sur les miniatures). Qu’en pensez-vous ?
ja-004.JPG La Jetée Jacobsen : travauxja-003.JPGjetee4.JPGjetee5.JPGja-005.JPGjetee9.JPGjetee8.JPGjetee6.JPGjetee7.JPGjetee3.JPGjetee2.JPGjetee1.JPGja-010.JPGja-009.JPGja-008.JPGja-007.JPGja-006.JPG

Jointoiement de la Jetée Jacobsen

La semaine dernière a commencé le jointoiement de la Jetée Jacobsen sur 300m à partir de la Voilerie Burgaud

La technique consiste à nettoyer la pierre en surface, puis les anciens joints, à assécher la pierre de surface et à pulvériser sous 22bars un ciment très fin, sec, qui va s’infiltrer dans les joints humides et rendre étanche le parement.
D’après nos informations, ce procédé serait à appliquer sur 300m dans un premier temps, le restant étant en discussion à la Communauté de communes; le coût du jointoiement serait de 85€/m² contre 65€/m² pour l’application du béton.

Jointoiement de la Jetée Jacobsen 1

Jointoiement de la Jetée Jacobsen 2

Jointoiement de la Jetée Jacobsen 3

Jointoiement de la Jetée Jacobsen 4

L’aménagement du littoral

Selon un article à lire en troisième page du dernier numéro du Journal de la Vendée (le bi-mensuel du Conseil général), un sondage IFOP auprès des Vendéens le 14 et 15 avril dernier aurait révélé que ceux-ci approuvent à une large majorité (66%) la décision de l’État d’interdire toutes nouvelles constructions dans les zones inondables. À la question de savoir s’il faut construire des digues afin de pouvoir construire dans des zones actuellement à risque, 64% répondent non. Et 87% seraient favorables à l’acquisition par le Conseil général de 3000 hectares d’espace naturel sur le littoral afin de le protéger de l’urbanisation galopante.

Sondage IFOP - JdV 138

Bétonnage de la Jetée Jacobsen?

Nous avons été prévenus dans l’urgence par l’association « La Chaloupe » que les élus noirmoutrins doivent bientôt choisir le revêtement bétonné qui sera posé sur la face maritime de la Jetée Jacobsen.

Les trois options ont été réalisées sous forme d’échantillon (voir photo ci-dessous, prise ce matin) à soumettre aux conseillers.

Bétonnage de la Jetée Jacobsen

Vivre l’île 12 sur 12 n’était pas au courant de ce projet; nous avions demandé le dossier concernant les travaux de la Jetée Jacobsen par lettre du 15 février, restée sans réponse à ce jour.

Nous ne comprenons pas pourquoi, sur un ouvrage qui fait partie du patrimoine maritime et qui se trouve dans une Zone de Protection du Patrimoine Architectural, Urbanistique et Paysager, on n’ait pas choisi une solution plus esthétique et plus conforme à la tradition.

Les ganivelles des Éloux : la réponse de la Communauté de communes

Le 23 septembre dernier, nous avons écrit au Président de la Communauté de communes afin d’attirer son attention sur les effets néfastes de l’épi qui est à l’origine du dysfonctionnement des ganivelles hydrauliques au nord de la plage des Éloux.

Nous avons reçu une réponse, datée du 20 octobre, dans laquelle le Président nous remercie vivement de nos réflections. Il admet que la présence de l’épi explique probablement l’échec des pieux hydrauliques.

La Communauté de communes prépare un dossier pour les services de l’État, afin d’obtenir les financements pour couvrir les travaux nécessaires . « Compte tenu de l’ampleur des travaux à réaliser, » nous écrit Monsieur Faucher, « il est important que nous puissions travailler en étroit partenariat avec l’ensemble des intervenants habituels en matière de défense contre la mer.

« Il me semble qu’il serait utile, » poursuit-il, « que nous puissions nous rencontrer pour évoquer ce sujet particulièrement important et que vous puissiez me faire part de vos observations et des préconisations, étayées par des observations scientifiques, pour que nous puissions ensemble porter toute l’attention requise à cet enjeu majeur pour notre territoire qu’est la défense contre la mer. »

Vivre l’île 12 sur 12 est concernée depuis plus de 20 ans par le problème de la défense de notre île contre la mer et par les choix qui ont été faits dans ce domaine. Il nous semble que certains de ces choix ont privilégié des intérêts économiques ou politiques à court terme et se sont affranchis de toutes les études scientifiques. Notre association n’a pas de contraintes de ce genre et nous pouvons apporter aux décideurs les compétences de citoyens uniquement soucieux de développement durable.

C’est pourquoi nous nous réjouissons de l’invitation du Président de la Communauté de communes à une rencontre, que nous acceptons bien volontiers; nous souhaitons même que cette rencontre ne soit pas un événement isolé, mais qu’elle devienne régulière.

En écrivant en ce sens à Monsieur Faucher, la Présidente de Vivre l’île 12 sur 12 ajoute que nous considérons aussi que nous sommes tout à fait aptes à participer, au titre d’association agréée de défense de l’environnement, au Comité de suivi et de surveillance des travaux et du milieu naturel mis en place par Monsieur le Préfet de la Vendée dans son arrêté n° 07 DDE-171 du 18 juillet 2007.

Nous espérons que la Communauté de communes prendra rapidement contact avec les membres de la commission « Défense contre la mer » afin d’organiser notre collaboration.

Les ganivelles des Éloux

Dans le Courrier Vendéen du 27 août, un dossier sur la défense contre la mer : dans la photo illustrant l’article ci-dessous, on dirait que Monsieur Faucher montre à Madame Collier l’endroit précis où les ganivelles hydrauliques semblent inefficaces pour protéger le trait de côte.

Courrier vendéen du 27 août 2009

Le 23 septembre, nous avons écrit à Monsieur Faucher, Président de la Communauté de communes, pour lui demander quelles mesures allaient être prises pour éviter la destruction de la dune au niveau de l’épi rocheux qui, en augmentant la turbulence, empêche la déposition du sable. Notre lettre est illustrée de photos, et fait référence aux articles du blog qui évoquent ce problème.

Vous pouvez lire ci-dessous le texte de notre lettre :

Monsieur le Président,

Un article du Courrier Vendéen du 27 août 2009 rend compte de votre souci permanent de défendre l’île de Noirmoutier contre les attaques de la mer (Dossier de la rédaction « Défense contre la mer dans le Nord-Ouest Vendée »). C’est pourquoi nous nous permettons d’attirer votre attention sur les effets néfastes d’ouvrages anciens, que d’ailleurs vous semblez pointer du doigt sur la carte de l’île que vous regardez avec Madame Collier dans la photo illustrant l’article du Courrier Vendéen.
Vous vous souviendrez que la Communauté de communes a adopté le 14 septembre 2006 les conclusions d’une étude concernant la dune des Éloux, que nous résumons ci-dessous :

  1. La priorité doit être donnée au rechargement en sable : les quantités prévues au regard de la situation actuelle sont insuffisantes. Elles devront être doublées. La granulométrie appropriée existe à la Fosse, mais la grande quantité de sable prélevée récemment ne permet plus de nouveaux prélèvements avant le rechargement naturel de la plage.
  2. Le perré bas devra être enlevé : même recouvert par du sable son effet sera néfaste. (NB. : Ce perré a été enlevé entre temps.)
  3. Les épis en enrochement prévus auront un impact négatif. Il déstabiliseront le trait de côte. L’épi actuel dit des Éloux devrait être remis en question après une étude de l’effet de sa suppression sur les casiers de sable en amont. (Le conseil communautaire avait en son temps décidé de ne démonter que les planches horizontales pour des raisons mystérieuses.)
  4. Les ganivelles hydrauliques seront installées à titre expérimental : il faudra contrôler leur efficacité.

Recommandations:

  • actualiser les données bathymétriques dans les zones où elles sont insuffisantes,
  • affiner la topographie des platiers rocheux,
  • actualiser les données de houle,
  • intégrer dans le modèle le port de Morin et tous les épis ainsi que les perrés bas,
  • revoir le projet de protection de la cellule hydraulique entre le port de Morin et la pointe de la Loire.

L’installation des ganivelles hydrauliques sur la plage des Éloux a commencé en octobre 2006. Nous vous suggérons de consulter le site internet de notre association, www.12sur12.org, où vous trouverez, en choisissant la catégorie « défense contre la mer », toute une série d’articles démontrant, photos à l’appui, l’efficacité complète de ces ganivelles hydrauliques sur la partie sud de la plage. Malheureusement, ces mêmes photos montrent également une érosion aggravée au nord.
Notre article du 6 décembre 2008 commente les photos en ces termes:

« On constate aussi que la dune à cette extrémité Nord de la plage est mal protégée par les ganivelles et que de grands pans de dune s’affaissent. Une étude a donc été demandée pour essayer d’expliquer les causes de ce dysfonctionnement des ganivelles hydrauliques. Les spécialistes de l’érosion des plages d’un bureau d’études coûteux ont étudié soigneusement la configuration de la plage et le régime des houles et ont conclu que cette érosion intempestive était due à un épi (voir photo ci-dessus) situé en extrémité Nord qui, en accroissant l’agitation provoquée par la houle accentuait la mise en suspension du sable qui repartait ainsi vers le bas de plage. Le bureau d’études recommandait que cet épi soit supprimé. En même temps que cette suppression, il fallait retenir le sable des plages amont.
Cette étude qui nous a coûté cher est maintenant vieille de plus d’un an. Rien n’a été fait.
C’est de l’argent jeté par les fenêtres. »

Les photos datant de la fin du mois d’août 2009 sont affligeantes: nous vous invitons à consulter les articles de notre blog daté du 27 et du 28 août 2009, afin de vous en convaincre.
Il nous semble urgent de prendre des mesures avant l’arrivée de l’hiver afin de protéger cette plage et la dune qui s’effondre.
Comme vous le dites si justement dans l’article précité, notre rôle : « consiste [..] à entretenir les protections naturelles existantes, comme les dunes. Notre rôle est d’aider la nature à se protéger et à nous protéger. »
Nous vous serions reconnaissants de nous communiquer les mesures que la Communauté de communes compte prendre afin d’éviter la destruction de la dune des Éloux au niveau de l’épi incriminé.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’assurance de ma haute considération.

La Présidente :

M. T. Beauchêne

La défense douce

Dans son numéro du 12 août, Le Monde publie un article sur la défense contre la mer sous le titre : « Des solutions douces pour un littoral fluctuant »  (article lisible jusqu’au 12 septembre en cliquant sur ce lien).

L’article attire l’attention sur un phénomène que nous avons observé à Noirmoutier : les effets pervers des moyens lourds de défense contre la mer.

« Aujourd’hui, la communauté scientifique porte un regard quasi unanime sur les politiques de gestion du « trait de côte » menées ces dernières décennies : « Jusqu’à une période récente, on essayait de se barricader derrière des digues, des brise-lames, des enrochements », constate Frédéric Uhl, chef du bureau du littoral et du domaine public maritime naturel au ministère français de l’écologie. « En installant des ouvrages de défense contre l’érosion, on n’a fait que déplacer celle-ci », complète Paolo Antonio Pirazzoli, directeur de recherche émérite au Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Les exemples abondent dans le monde entier d’épis ou de digues construits pour protéger une plage et qui n’ont eu pour effet que d’accélérer l’érosion des zones voisines. »

De nombreuses études scientifiques ont montré que, si les perrés et enrochements peuvent stopper le progrès de la mer vers les terres, la plage a tendance à disparaître devant ces ouvrages. C’est ce que nous observons sur la côte ouest de Noirmoutier, au niveau de la Guérinière et de l’Épine.

Fin 2006,  des ganivelles hydrauliques ont été installées sur la plage des Éloux. Nos photos prises en novembre  et décembre 2006 peuvent être comparées à celles de jeudi dernier, 20 août, visibles ci-dessous.

Ganivelles 20/8/2009

Ganivelles 20/8/2009

Ganivelles 20/8/2009 (3)

Ganivelles 20/8/2009 (4)

Ganivelles 20/8/2009 (5)

Des pieux qui dépassaient d’environ 1 mètre 50 sont pratiquement enterrés.

Mais, comme nous l’avons expliqué à plusieurs reprises, et en particulier dans ce billet du 6 décembre 2008,   la situation évolue différemment à l’éxtrémité nord de la plage, où l’on constate que le sable s’en va au pied des ganivelles et que la dune est mal protégée (voir ci-dessous).

Ganivelles 20/8/2009 (nord de la plage)

Ganivelles 20/8/2009 (nord de la plage - 2)

Ganivelles 20/8/2009 (nord de la plage - 3)

Le bureau d’études auquel on avait demandé de se pencher sur ce problème a conclu que cette érosion intempestive était due à un épi situé en extrémité Nord qui, en accroissant l’agitation provoquée par la houle, accentuait la mise en suspension du sable qui repartait ainsi vers le bas de plage. Les spécialistes recommandaient que cet épi soit supprimé.

Cette étude qui a coûté très cher au contribuable est maintenant vieille de presque deux ans ; rien n’a été fait.

Cherche-t-on des arguments tendant à prouver l’inefficacité des ganivelles afin de revenir – pour des raisons qui restent mystérieuses – aux enrochements? Quoi qu’il en soit, il semblerait urgent que les élus noirmoutrins prennent en compte les progrès de la connaissance des causes de l’érosion des plages, et des remèdes que l’on peut y apporter.

L’article du Monde dont nous parlons plus haut précise que « les collectivités locales, concernées au premier chef par la gestion du littoral, manquent de compétences, de moyens et de repères. En France, où une loi datant de 1807 leur donne la responsabilité de la gestion du trait de côte, le Grenelle de la mer, qui s’est achevé début juillet, a appelé à la définition d’une véritable stratégie nationale. » (Voir à ce propos les mesures préconisées par la table ronde N° 2 du Grenelle de la mer.) Il nous semble en effet que ce serait souhaitable.

Début des travaux sur les perrés de La Guérinière

Les travaux de confortement des digues de La Guérinière viennent de débuter (voir notre billet ici):
Il s’agit, sur 80 m à partir de la maison Boutolleau et vers l’Est,

  • de déshabiller la digue actuelle,
  • de sonder la structure de la digue en exerçant des pressions à l’aide d’une pelle mécanique afin de déceler d’éventuelles poches dans la digue et, en ce cas, les combler,
  • puis de coller sur une couche superficielle de béton des dalles de béton parées de pierres semblables au parement actuel de la digue,
  • simultanément le bas de la digue serait renforcé par une structure de béton limitée par des palplanches enfoncées de 1,50 m.

perre1.jpg
Ci-dessus, les dalles de béton destinées à recouvrir la digue, d’environ 2m X 3m, sont déposées sur la plage.

perre2.jpg

perre3.jpg

Ci-dessus, les palplanches métalliques sont enfoncées dans le sable au pied de la digue, du béton sera coulé entre les palplanches et la digue.

Les voisins se sont inquiétés :

  • des incidences que pourrait avoir le sondage à la pelle mécanique sur les murs de leurs maisons,
  • de l’esthétique de l’ouvrage et particulièrement de la structure bétonnée du pied,
  • de la probable nécessité de supprimer les plantations proches de la digue ,
  • du contrôle des sorties de leur propriété vers la mer.

Nous avons fait remarquer :

  • que ce nouveau “pansement“ sur 80 m risquait fort de ne pas être poursuivi : les tranches suivantes sont en effet hypothétiques,
  • que les procédures de suivi de la tenue de l’ouvrage nous paraissaient légères : rien n’était prévu pour contrôler l’état de la digue sous les plaques de béton et, plus généralement, que comme d’habitude, les crédits de fonctionnement ne sont pas prévus assez largement pour l’entretien des ouvrages de défense contre la mer,
  • que les promesses électorales de concertation préalable avant de tels travaux étaient bien lointaines.

Le port de Morin fournit le contre-exemple

L’association La Vigie, dont l’objectif est d’informer sur les dangers et problèmes que pose le projet de port à la Normandelière, à Brétignolles sur mer, a réalisé à cette fin un diaporama mettant en garde contre les dangers de la réalisation d’un port, à l’aide de l’exemple du port de Morin, à l’Épine.

Ce diaporama peut être téléchargé en cliquant ici. On y voit très clairement les effets de la construction du port de Morin sur les plages de l’Épine et de la Guérinière en aval.

plage-epine.jpg

Pour ceux qui se souviennent des superbes plages disparues, le goût est amer.

plage-epine-actuelle.jpg

Plan de prévention des risques d’inondation

Le mois dernier la Communauté de Communes tenait une réunion publique d’information sur le Plan de prévention des risques d’inondation de l’île de Noirmoutier (voir notre article ici, et en particulier les commentaires).

Partant du principe de la préservation de la vie humaine, et considérant que le contribuable n’a pas à dédommager les particuliers qui s’exposent à des risques prévisibles, l’État élabore des plans de prévention qui interdisent ou conditionnent la construction dans les zones vulnérables.

Le site prim.net publie un dossier intéressant pour ceux qui souhaitent approfondir le sujet des PPR, ainsi qu’une page sur le risque littoral qui contient une foison de liens vers d’autres sites.

À en croire ce dessin, pris sur la page PPR du site pédagogique Prévention 2000, l’île de Noirmoutier n’est pas le seul endroit en France où le PPR génère des conflits!

ppri-dessin.jpg

« Les PPR définissent des règles essentielles pour le développement durable des territoires.
Leur finalisation peut être l’objet de vives oppositions entre les intérêts ou les conceptions de société des uns et des autres. »

Le Courrier Vendéen du 30 octobre 2008 a rendu compte de la réunion de la semaine précedente. Pour lire les articles, cliquez sur les miniatures ci-dessous.

Courrier vendéen du 30 octobre 2008Courrier vendéen du 30 octobre 2008  cv30×2008iii.jpg

Les grandes marées de 2012 et 2013

Sous un titre racoleur – 2013: l’île menacée par les eaux? – le Courrier Vendéen a publié en août un dossier sur le risque de submersion marine lors d’une forte marée d’équinoxe prévue en 2013.

Ce dossier a le mérite d’attirer l’attention sur le risque de submersion marine de l’île de Noirmoutier. Cependant, il n’explique pas pourquoi 2013 a été choisi comme date fatidique pour ce risque. On a du mal à comprendre pourquoi la situation cette année-là serait plus dangereuse que celle de n’importe quelle autre année. En effet, il faudra attendre le 20 mars 2015 pour retrouver une marée de coefficient 119 (la dernière fois qu’une telle marée s’est produite remonte au 10 mars 1997). Évidemment, il y aura d’autres très grandes marées d’ici là: les coefficients 115 sont relativement fréquents et ne donnent pas de marnages significativement différents de ceux d’un coefficient 120.
L’extrait de l’annuaire des marées que l’on peut consulter en cliquant ici montre des marées plus importantes en 2012 qu’en 2013. Mais le coefficient de la marée n’est qu’un facteur parmi plusieurs qui déterminent le risque de submersion. Tous les effets météorologiques peuvent influencer la marée. Ainsi, un vent local peut contrarier ou renforcer l’effet de la marée en un lieu. En outre, il est courant de voir une dépression entraîner un effet de surcote et un anticyclone provoquer un effet de décote. Il est clair que de tels effets sont imprévisibles à long terme – voire à court terme!

Conclusion: le risque de submersion marine est constant; il s’aggrave par grande marée, mais aussi par temps de tempête et de dépression atmosphérique; il est essentiellement imprévisible, même si on peut prévoir que l’île en est menacée un jour ou l’autre.

Pour une documentation détaillée sur le phénomène des marées, voir le site internet de la SHOM (Service Hydrographique et Océanographique de la Marine) et le site de marées.fr.

Notre dossier « Catastrophes » présente le problème de façon très complète, en particulier l’étude du cas de la surcote en 1999 (p.11). Les cartes d’aléas de submersion marine préparée pour la DDE en 2002 (que l’on peut télécharger à partir de notre article en cliquant ici) donnent une idée assez précise des zones à risque sur le territoire de l’île.

Plan de Prévention des Risques Naturels: PPRN

Nous avons reçu un courrier du Préfet de la Vendée nous informant qu’il avait l’intention de prescrire dans les prochains mois sur les communes de l’île de Noirmoutier et de la Baie de Bourgneuf, un Plan de prévention des risques naturels (PPRN) :

« Les évènements majeurs ayant affecté le territoire de ces sept communes ont permis de définir les risques qui feront l’objet de cette étude, à savoir les risques littoraux (recul des côtes, avancées dunaires, accrétion et submersion marine…), les risques d’inondation par débordement de cours d’eau, par ruissellement urbain et par remontée de nappe, les risques sismiques, les risques liés aux mouvements de terrain (glissement, coulées boueuses, tassements différentiels) et les risques liés aux incendies de forêt. »

LE PPRN :

Qu’est-ce donc qu’un plan de prévention des risques naturels ?

Son objet est de délimiter les zones exposées à un ou plusieurs types de risques et d’y réglementer l’utilisation des sols (allant des prescriptions spéciales à l’interdiction de construire afin de ne pas aggraver la vulnérabilité des personnes et des biens). Ses possibilités sont très étendues, il peut intervenir dans les zones exposées au risque, mais aussi dans d’autres zones qui ne le sont pas pour éviter d’aggraver les risques ou d’en provoquer de nouveaux (préservation de bassins d’orage pour éviter l’inondation).

Il peut également définir des mesures générales de prévention qui doivent être prises en compte par les collectivités publiques et par les particuliers.

Enfin il peut intervenir sur l’existant. Toutefois pour les biens régulièrement autorisés, on ne peut imposer que des aménagements limités dont le coût est inférieur à 10% de la valeur vénale ou estimée de ces biens.

Si le premier objet de la prévention des risques est de préserver des vies humaines le second est de réduire le coût des dommages liés aux risques qui est reporté in fine sur la collectivité. En effet, la collectivité nationale assure, au travers de la loi sur l’indemnisation des victimes de catastrophes naturelles, une solidarité financière vis-à-vis des occupants des zones exposés aux risques naturels. Dès lors, toute installation nouvelle en zone soumise au risque représenterait une acceptation tacite de la collectivité nationale de prendre en charge le coût des dommages.

Le PPRN est une servitude d’utilité publique associée à des sanctions pénales et à des conséquences en terme d’indemnisation pour catastrophes naturelles.

Il doit être annexé au plan local d’urbanisme des communes. Lorsqu’il n’y a pas cohérence entre les deux documents, il faut à l’évidence rendre le PLU compatible avec le PPRN même si cela n’est pas obligatoire car c’est la mesure la plus sévère qui sera retenue en cas de divergence.

Le PPRN est donc une servitude d’utilité publique applicable à tous, notamment dans le cadre de la délivrance des permis de construire.

La création de ces PPRN noirmoutrins va soulever certainement beaucoup de commentaires car, dans notre île située en grande partie sous le niveau de la mer mais où les transactions immobilières sont une importante source de revenu, les enjeux financiers vont être considérables.

Dégâts de tempête au Luzan

Le site du Luzan a fait l’objet de plusieurs projets destructeurs que notre association et celle de défense du Luzan ont combattus (RD 5 – dévasage – enrochement).
Il reste encore aujourd’hui un parent pauvre de la politique de protection et de valorisation, et demeure menacé. Ainsi, le projet de désenclavement de la rue du Puits de la Vierge vers la rue de la Pointe est contraire à la loi littoral.

Le cas du projet actuel de piste cyclable longeant la plage des Lutins, le Luzan et la pointe, est également révélateur de l’absence de volonté de mise en valeur simple de cette frange du littoral.

Ces photos, prises le lendemain de la tempête du 9 mars, montrent des dégats importants, preuves de la dangerosité d’un sentier ou piste cyclable si près de la plage. Il est urgent de prévoir une protection adaptée au site dans le cadre du plan pluriannuel de défense contre la mer.

luzan-iii.JPGluzan-iv.JPGluzan-v.JPGluzan-vii.JPGluzan-vi.JPGluzan-viii.JPGluzan-ix.JPGluzan-ii.JPGluzan-i.JPG

(cliquez sur les miniatures pour les agrandir)

Tempête du 10 mars aux Éloux

(Cliquez sur les miniatures pour agrandir les images)

eloux2.jpg
Érosion due à l’enrochement qui a accru l’agitation provoquée par les vagues.

eloux3.jpg
Extrémité Sud des ganivelles hydrauliques : à la hauteur des ganivelles le niveau de la plage a diminué d’une cinquantaine de cm. Derrière une petite falaise s’est formée.

eloux4.jpg
Même endroit vu de face.

eloux5.jpg
On remonte vers le Nord.

eloux6.jpg
On continue.

eloux7.jpg
Un épi de ganivelles.

eloux8.jpg
Plus on s’approche de l’épi Nord, plus l’attaque de la dune s’accentue.

eloux9.jpg
C’est à proximité de l’épi Nord que l’érosion est la plus forte.

elouxx.jpg
Imaginons ce qui resterait de la dune si les ganivelles hydrauliques n’avaient pas cassé l’énergie des vagues.

eloux1.JPG
Pour mémoire : la même côte en 2005. On distingue les restes des enrochements qui avaient été implantés en pied de dune et qui ne l’avaient, hélas, pas protégée.

Défense contre la mer aux Éloux

elou1.jpg
Le sommet de la dune a été équipé d’une double rangée de ganivelles.

elou21.jpg
La double rangée de ganivelles est complétée par un cloisonnement.

elou3.jpg
Au sud de la plage, le niveau du sable est monté de façon étonnante: on peut s’asseoir dessus!

elou3a.jpg
Nous estimons à plus de 2 mètres l’élévation du niveau du sable!


elou4.jpg
elou5.jpgelou5a.jpg
Quand on remonte vers le nord, l’influence négative de l’épi qui augmente l’agitation se fait sentir.

Cliquez sur les miniatures pour voir les photos.

Voir aussi nos photos des mêmes plages il y a un an, ici.

Le Comité de suivi des travaux de défense contre la mer s’est réuni le 29 novembre 2007. Il s’agissait de faire le bilan des travaux de protection de la plage de l’Hommée et de la plage des Éloux. Ces travaux avaient été réalisés l’hiver dernier, ils avaient consisté à Continuer la lecture

La plage des Lutins – notre lettre à la DDE

Monsieur le Directeur Départemental de l’Equipement
1, quai Dingler
BP 366
85119 Les Sables d’Olonne Cedex

à l’attention de M. Stéphane RAISON

Projet de travaux de protection de la plage des Lutins.

Monsieur le Directeur,

Nous avons l’honneur d’attirer votre attention sur les travaux de défense contre la mer qui vont être exécutés sur la plage des Lutins à l’Herbaudière.

Les premiers travaux réalisés nous inquiètent beaucoup car ils nous semblent inadaptés à la qualité de ce site. Nous avons appris par la presse que le chantier devait reprendre sur une plus grande échelle en septembre.

Ces travaux relevant de la compétence de vos services, nous vous serions reconnaissants de bien vouloir conseiller la Communauté de Commune de l’île de Noirmoutier afin Continuer la lecture

Défense contre la mer: l’Hommée

Article du Bulletin N° 47

lhommee.jpg

Les travaux ont commencé en novembre.

Rappelons les événements: Depuis quelques années on avait constaté sur la plage de l’Hommée située juste au Nord de la digue de Devin, la réapparition du perré des Sénégalais construit en 1937 et qui, jusqu’alors, était resté enfoui sous le sable. Une modification du transit littoral (Due au port de l’Herbaudière ? Continuer la lecture

Défense contre la mer aux Éloux

Article du Bulletin N° 47

eloux.jpg

Le constat d’échec du perré bas en enrochement destiné à protéger la dune des Éloux n’était plus contesté : son implantation en pied de dune avait entraîné l’abaissement du niveau de la plage et par suite son complet démantèlement. Les roches éparpillées sur la plage Continuer la lecture

Tempête

3xii06-4.jpg
3xii06-3.jpg

L’Hommée : les ganivelles hydrauliques sont posées, elles ont bien subi le choc. La plage n’est pas complètement rechargée en sable. Il faudra attendre pour apprécier leur efficacité.

3xii06-2.jpg
Aux Éloux, la situation s’aggrave : la « défunte » dune des Éloux a moins de deux mètres de hauteur par endroit.

3xii06-1.jpg
Derrière l’épis des Éloux (qui devrait être détruit) des arbres déracinés ont dévalé la pente.

Travaux de défense contre la mer à l’Hommée

defmer01.jpgdefmer02.thumbnail.jpgdefmer03.jpg

Les travaux de défense contre la mer ont commencé en novembre au niveau de la dune de l’Hommée à la pointe du Devin. On a commencé par agrandir la dune d’une quinzaine de mètres à l’aide de sable provenant de la Fosse. À ce sujet, voir aussi nos photos et commentaires dans l’article daté au 17 novembre 2006.

Massacre à la pelleteuse

Nous avons été alertés du problème de la destruction de toute la dune de la Fosse par le prélèvement de sable pour la pointe du Devin.
L’engraissement régulier de cette zone permettait la formation d’un cordon dunaire particulièrement riche. On y retrouvait toutes les étapes de la formation de la dune depuis la dune embryonnaire au niveau des laisses de mer jusqu’à la dune boisée. Outre l’intérêt pédagogique, de nombreuses espèces végétales colonisatrices typiques de cet écosystème étaient observables. Enfin ce lieu était particulièrement intéressant pour la nidification de certaines espèces fragiles comme le gravelot à collier interrompu.

Un accord avait même été passé entre la mairie de Barbâtre et Natura 2000 prévoyant qu’aucun travail de nettoyage mécanique n’aurait lieu pendant les périodes sensibles. Les ostréiculteurs acceptaient eux aussi de ne pas passer par le haut de la Dune pour se rendre sur leurs parcs afin de protéger cet espace.

Et tout a été détruit par les pelleteuses et autre engins qui prélèvent le sable pour renforcer la dune de l’Hommée!!!

A quoi ça sert de protéger d’un côté si on doit détruire de l’autre??
masspelle1.jpgmasspelle2.jpgmasspelle3.jpg

Dune des Éloux

Article du Bulletin N° 46

DERNIÈRE MINUTE : Conclusions de la dernière étude concernant la dune des Éloux

  1. La priorité doit être donnée au rechargement en sable: les quantités prévues au regard de la situation actuelle sont insuffisantes. Elles devront être doublées. La granulométrie appropriée existe à la Fosse.
  2. Le perré bas devra être enlevé : même recouvert par du sable son effet sera néfaste. (Ce n’est pas une surprise).
  3. Les épis en enrochement prévus auront un impact négatif. Il déstabiliseront le trait de côte. Même l’épi actuel des Éloux devrait être supprimé. (Le conseil communautaire a décidé de ne démonter que les planches horizontales afin de pouvoir éventuellement les replacer.)
  4. Les ganivelles hydrauliques seront installées à titre expérimental : il faudra contrôler leur efficacité.
  5. Recommandations:

  • actualiser les données bathymètriques dans les zones où elles sont insuffisantes,
  • affiner la topographie des platiers rocheux,
  • actualiser les données de houle,
  • intégrer dans la modèle le port de Morin et tous les épis ainsi que les perrés bas,
  • revoir le projet de protection sur l’ensemble du littoral entre le port de Morin et la pointe de la Loire.

Ces conclusions nous semblent en net progrès par rapport aux précédents projets. Nous nous félicitons qu’enfin la côte soit considérée dans son ensemble particulièrement au Sud du port de Morin. Le Conseil communautaire a adopté ces conclusions le 14 septembre. L’alternative étant que, sans travaux sérieux, on sera obligé de prolonger la digue de Devin jusqu’à la pointe de la Loire. Les travaux de défense contre la mer commenceront début octobre à l’Hommée, fin octobre aux Éloux.

Défense contre la mer de la côte est

Article du Bulletin N° 46

À plusieurs reprises, les digues de la côte Est se sont rompues, entraînant l’inondation des terrains qu’elles protégeaient. Par exemple, le 31 décembre 1978, une brèche ouverte dans la digue du Polder de Sébastopol, à Barbâtre a provoqué l’inondation d’une partie de la plaine de Barbâtre. Depuis lors, des travaux ont été engagés pour la protection de la côte Est, d’abord de façon ponctuelle, puis des programmes d’intervention ont été mis en place. Continuer la lecture

La défense contre la mer

Bulletin N° 45

ganivelles

Ganivelles hydrauliques sur la côte du Médoc

À la suite de l’étude hydro sédimentaire réalisée en 2004 pour arriver à une modélisation mathématique de la houle sur la côte Ouest de l’île, des solutions en été retenues pour prévenir l’érosion marine en deux points particulièrement attaqués ces dernières années : la dune de l’Hommée et les dunes des Éloux.

Il a été décidé à titre expérimental d’implanter des ganivelles hydrauliques à l’Hommée, et de recharger en sable de la dune.

Après avoir créé une plate-forme d’accès, il s’agira d’implanter, à partir du dernier épi vers le Nord et sur une longueur de 340 m, des ganivelles hydrauliques. Ces ganivelles sont composées de 884 pieux en bois enfoncés dans le sol en deux rangées parallèles à la côte, distantes de moins d’un mètre. Dans chaque rangée, ces pieux en bois longs de 5 m, seront implantés tous les mètres.

Ces deux rangées de pieux seront positionnées à environ 25 m du pied de dune.

De plus un rechargement en sable de granulométrie appropriée sera effectué. 20 000 m3 provenant de la pointe de la Fosse permettront de recharger la dune.

Pour les dunes des Éloux, l’implantation de ganivelles hydrauliques a aussi été retenue mais sur un modèle différent.

En partant du Nord et de l’épi existant, deux équerres composées de pieux enfoncés dans le sable ou le calcaire seront implantées, un des côtés des équerres sera parallèle à la dune, l’angle au sommet sera dirigé vers le Sud-Ouest. Chaque bras de l’équerre aura une longueur de 70 m. L’implantation se fera en fonction du profil de plage au moment du chantier ; il est souhaitable que le dispositif soit à quelques dizaines de mètres (20-30 m) du pied de dune. Le rôle de ces équerres sera de casser l’énergie des vagues avant qu’elles n’atteignent le pied de dune et de recréer un haut de plage en accumulant du sable.

Plus au Sud, trois épis de longueur inégale (100 m, 70 m et 110 m) devront retenir le sable transporté par la dérive littorale.

41 000 m3 de sable seront utilisés pour remodeler le pied de dune et recharger les casiers entre les épis.

C’est un changement capital en matière de défense contre la mer, les murs d’enrochements sont abandonnés au profit d’une défense souple, beaucoup moins destructrice du trait de côte.

La lutte contre l’érosion marine

Article du Bulletin N° 40

LA LUTTE CONTRE L’ÉROSION MARINE, une question de vie ou de mort pour notre île

L’île de Noirmoutier s’étend sur une vingtaine de kilomètres, face à l’océan Atlantique à environ 15 Km au Sud de l’embouchure de la Loire.
Depuis 10 000 ans, c’est-à-dire la fin de la dernière grande période glaciaire, son littoral s’est formé progressivement en fonction des apports sableux de la Loire et par le remaniement des sédiments déposés sur la plate-forme continentale sous l’action des courants de marée et des houles océaniques. La présence du socle rocheux du Nord de l’île a permis le piégeage des sables sur les récifs et leur accumulation.
La côte Ouest de l’île a été et est soumise depuis des siècles à des phénomènes importants d’érosion du trait de côte et du cordon dunaire. Les différentes actions de lutte contre l’érosion marine, hormis quelques opérations de réensablement récentes, se sont limitées, pour l’essentiel, à la protection par des enrochements qui ont, à certains endroits, amplifié l’érosion du littoral proche. Ces enrochements ont souvent été rendus nécessaires pour protéger des maisons, construites inconsidérément, voire illégalement sur la dune.
Le phénomène d’érosion est en quelques endroits réversible : à Noirmoutier, vers la Pointe de la Fosse, la plage s’élargit.

LES PRINCIPALES CAUSES DE L’ÉROSION

La dynamique des plages reste principalement sous l’influence de paramètres naturels tels que la houle, les courants, les vagues, la marée, le vent, l’érosion des sols, l’augmentation du niveau de la mer (estimée à 30 cm pour le siècle passé et difficile à estimer dans l’avenir).
De nos jours, les activités de l’homme ont fortement modifié la dynamique naturelle et tendent à supplanter les causes naturelles de la réduction des apports sédimentaires On peut citer, par exemple :
La limitation des apports de sédiments de la Loire due à la domestication du fleuve ; des extractions de sable (gisement du Pilier) commercialisé pour ses utilisations dans le bâtiment ou pour engraisser la plage de La Baule.
L’urbanisation du littoral sous forme de murs de protection, promenades en bord de mer, constructions : ces infrastructures provoquent la réflexion de la houle et constituent un obstacle brutal au déferlement des vagues. L’énergie des vagues n’est plus dissipée le long des plages et les phénomènes érosifs s’accentuent.
La construction d’ouvrages portuaires qui s’oppose au transport des sédiments le long de la côte et qui entraîne de graves déficits sédimentaires sur les plages situées en aval de l’ouvrage par rapport au sens de la dérive littorale. La construction du port de Morin est l’exemple parfait de ce type d’action dévastateur. La mauvaise conception des ouvrages de défense (du type enrochements) responsables des modifications dans le transport côtier. Ces interventions résolvent localement le problème mais le déplacent, amplifié, vers les plages adjacentes.
La surfréquentation qui détériore essentiellement les massifs dunaires.

LES DIFFÉRENTS TYPES DE DÉFENSE :

La plage, absorbant graduellement l’énergie de la houle par les déferlements successifs qu’elle provoque, constitue le meilleur ouvrage de défense contre l’érosion. C’est en effet la dynamique naturelle des plages qui est fondamentale pour la survie physique de la plage et pour la diversité de ses habitats biologiques.
Pour toute défense contre l’érosion, il est donc plus efficace de se tourner vers des ouvrages de défense souples qui travaillent en harmonie avec les dynamiques naturelles en jeu et ont ainsi un moindre impact sur le littoral plutôt que d’utiliser des ouvrages de défense rigides qui tendent à réprimer ou à freiner les processus côtiers. Par exemple, pour des rechargements ponctuels, des matériaux naturels tels que sables et graviers de granulométrie supérieure ou égale à l’existant devraient être utilisés préférentiellement.
Toutefois la diversité de phénomènes à l’origine de l’érosion du littoral conduit à une diversité de réponses techniques qui ne s’opposent pas forcément les unes aux autres, mais qui sont souvent complémentaires. En effet, pour améliorer l’efficacité des interventions de protection, on adopte souvent des défenses de natures mixtes (aménagement d’épis stabilisateurs et engraissement avec des matériaux naturels).
Chacune de ces solutions exige des conditions particulières pour être efficace et présente des avantages et des inconvénients.
On peut distinguer différentes techniques :

LES MÉTHODES SOUPLES, en harmonie avec la dynamique des côtes

L’engraissement artificiel ou rechargement : Le déversement sur le rivage de quantités importantes de sédiments provenant de carrières situées à terre ou en mer, permet de stabiliser ou d’agrandir une plage menacée d’érosion, sans impact sur les côtes avoisinantes. Pour obtenir un engraissement rapide et uniforme sur toute l’étendue de la plage, il est préférable d’envisager plusieurs points d’alimentation.
Toutefois, tout en étant une des solutions les plus respectueuses de la dynamique du littoral, l’engraissement présente certains inconvénients :
1. difficulté de trouver le matériau approprié en grandes quantités et à un coût acceptable (ce n’est pas un problème à Noirmoutier où l’on peut disposer des énormes quantités de sable transportées par la dérive littorale et bloquées par la digue du port de Morin),
2. Nécessité d’une alimentation périodique.
L’engraissement, appelé aussi rechargement, est déjà utilisé dans notre île : on transporte du sable provenant d’une plage en engraissement vers une autre plage en déficit afin que les houles de beau temps le redistribuent sur l’estran.
La reconstitution du massif dunaire : cette méthode consiste à rétablir, voire à créer, une nouvelle dune en haut de plage. Le massif dunaire est un élément naturel essentiel pour la protection et la stabilisation d’un littoral sableux.
Il s’agit de mettre en place des ganivelles, haies brise-vent en châtaignier, qui vont stabiliser la réserve de sable qui se trouve en haut de plage. Cette technique s’avère très efficace.
Il est alors nécessaire de réglementer la circulation des véhicules et de canaliser la fréquentation de ce milieu.
Les ganivelles sont largement employées chez nous, mais la pression touristique incontrôlée (4X4, quads, motos, piétons) sur la dune est un problème qui n’est pas résolu.

LA CONSTRUCTION D’OUVRAGES DE DÉFENSE RIGIDES :

Les ouvrages de haut de plage : Ils sont réalisés entre le haut de plage et les infrastructures situées immédiatement au-dessus.
Ce type d’ouvrage (digue, perré, enrochement), bien qu’il assure une protection immédiate des infrastructures côtières, porte atteinte à la plage par la présence d’une paroi qui augmente la réflexion de la houle. Les sédiments ainsi mis en suspension sont éloignés par les courants et le phénomène d’érosion est accentué, ce qui provoque, à terme, le creusement des fonds et l’usure de la base de l’ouvrage, avec risque d’effondrement et nécessité de travaux coûteux.
De plus, ce type de construction risque d’étendre, par diffraction, le phénomène d’érosion aux deux extrémités de l’ouvrage.

Les perrés bas : Les implantations de perrés bas existant à Noirmoutier prouvent que cette technique ne fonctionne pas sans précautions. Le seul endroit où ces perrés bas donnent satisfaction est au niveau de la pointe de la Loire en raison d’une situation particulière : la protection d’un platier rocheux et un important transit littoral. Il est donc déconseillé de poursuivre ce type d’aménagement en remontant vers le Nord.
Les perrés déjà en place doivent être impérativement réensablés chaque fois que la mer prélèvera du sable, mettant en danger le perré lui même et la zone dunaire à l’arrière.

Le parafouille : Le parafouille est un ouvrage longitudinal constitué d’enrochements de dimension plus réduite qu’une digue. Il apporte une protection aux zones situées en arrière, mais accentue les phénomènes d’érosion dans les zones adjacentes. Il doit avoir une faible pente et être protégé des affouillements au pied. Son implantation est envisageable au niveau du mur des Sénégalais.

Les enveloppes géotextiles : Il s’agit d’un aménagement longitudinal destiné à redonner à la dune un profil normal avec une pente de 1/2. Trois enveloppes s’échelonnent en gradins en direction du haut de la dune, elles sont tenues solidaires entre elles par des piquets et elles retiennent du sable à l’intérieur, l’ensemble est recouvert de sable. En cas de tempête, les vagues atteindront le pied et le flanc de la dune, seul le sable de couverture sera emporté. Les tubes en géotextiles sont une variante de ce procédé.

Les barrières brise-lames émergées et immergées : Il s’agit d’ouvrages dont l’axe principal est orienté soit parallèlement, soit légèrement en biais, par rapport à la côte. Ils ont pour but de provoquer une dissipation de l’énergie de la houle avant son déferlement sur la plage et de s’opposer à l’entraînement des matériaux vers le large.

Les barrières émergées offrent une plus grande protection de la plage, en créant des zones d’eau relativement calmes où le dépôt des substances fines en suspension est facilité. L’engraissement du trait de côte est facilité et peut aboutir à la formation d’un tombolo (flèche de sable reliant la barrière brise-lames à la côte).
Par contre, l’agitation des eaux étant réduite du côté de la plage et le renouvellement des eaux n’étant pas favorisé cela peut impliquer des répercussions négatives du point de vue sanitaire et de l’accumulation des algues.
Des brise-lames pourraient être installés devant la plage de l’Hommée (mur des Sénégalais) tout comme dans la zone des Éloux. Ces deux sites procurent des affleurements rocheux sur lesquels pourrait s’appuyer le brise-lames.

Les barrières immergées, en revanche, favorisent un meilleur renouvellement de l’eau, mais leur efficacité dépend de leur profondeur par rapport au niveau de la mer, de la pente de la plage, des marées, des intempéries et de la granulométrie des sédiments. Il s’agit de créer, au large de la plage, une barrière qui va provoquer le déferlement des vagues et ainsi dissiper leur énergie. Cette barrière peut être faite à partir de sacs en géotextile remplis de sable et disposés sur le fond de manière à créer un obstacle à la propagation de la vague. Les sacs font de 160 à 300 tonnes, d’une longueur de 20 m et d’un diamètre de 5 m.

Toutefois, dans les deux cas, (barrières émergées ou immergées), des phénomènes importants de réflexion sont constatés sur la base extérieure de l’ouvrage, ce qui peut provoquer son affouillement, voire son écroulement.

Les épis : les épis sont des ouvrages transversaux très répandus, surtout dans les zones caractérisées par un transport longitudinal intense, comme à Noirmoutier : ils retiennent une partie des sédiments transportés par les courants côtiers naturels.
Lorsqu’il s’agit de l’aménagement d’une plage d’une certaine étendue, la réalisation d’un système d’épis est en général adoptée et la protection est accrue quand leurs extrémités sont reliées par un brise-lames immergé.
La plage ainsi formée est caractérisée par sa forme en dents de scie, due à l’accumulation de sable en amont des épis et au déficit correspondant en aval des épis.
En ce qui concerne notre île, les épis courts ou longs, en enrochement ou en bois, peuvent être mis en place seulement dans le secteur des Éloux et de la Loire où les sables sont transportés par la dérive littorale, ce système fonctionne aussi très bien dans la baie de La Guérinière où le sable remonte de façon spectaculaire en face du bourg. Les épis s’engraissent sur leur face amont où les sables viennent s’accumuler et provoquent un déficit à l’aval où les quantités de sables sont moins importantes. À l’Hommée, ces ouvrages sont inutiles car le transfert de sable se fait perpendiculairement à la plage.

– Les ganivelles hydrauliques : les ganivelles hydrauliques sont composées à partir de rangées de pieux de pin vert enfoncés verticalement dans le sable en limite des hautes eaux. Le dispositif comprend des rangées parallèles et des rangées perpendiculaires au trait de côte.
Les rangées perpendiculaires agissent comme des épis en captant une partie du sable véhiculé par la dérive littorale sans trop dégarnir les zones en aval du transit.
Les rangées parallèles au trait de côte ont un effet brise-lames qui permet de casser l’énergie de la houle et donc d’atténuer l’érosion de la dune bordière. Le sable arraché par les vagues en bas de la plage, est stocké en partie dans la région haute comprise entre les ganivelles et le littoral.

Les autres procédés :

Parmi de nombreux procédés existants, on peut citer les algues artificielles, les murs d’eau oscillants, les récifs artificiels et les systèmes Écoplage et Stabiplage.
La plupart de ces méthodes sont encore au stade expérimental et il est aujourd’hui prématuré de tirer des conclusions formelles sur leurs conditions d’utilisation et leur efficacité.
Toutefois, on peut décrire deux procédés dont l’efficacité a été prouvée :
Les récifs artificiels : structures disposées sur le fond, orientées comme les épis et accrochées à la plage émergée. Elles sont constituées par des boudins en géotextile remplis de sable, d’éléments préfabriqués en béton armé, de caoutchouc ou de blocs de pierre.

– Le procédé Écoplage : ce procédé est basé sur un principe physique bien connu qui gouverne l’équilibre des littoraux sableux : si l’eau apportée par le déferlement des vagues peut pénétrer très rapidement dans le sable de la plage, elle abandonnera plus aisément les sables qu’elle transporte, et ces sables contribueront à l’engraissement de la plage.
L’eau de la vague pénétrera d’autant plus facilement que le sable de la plage ne sera pas saturé d’eau. Il faut donc drainer efficacement le sable de la plage. Ceci est assuré par un drain, enterré dans le sable parallèlement au trait de côte. Une pompe située en haut de plage assure l’écoulement de l’eau du drain. Les effets sont divers
1. Les sables de la plage, n’étant pas saturés en eau, sont plus durs et résistent mieux à l’érosion de la vague,
2. Le dépôt des sables de la vague est favorisé,
3. Le ruissellement des eaux de la terre vers la mer est diminué et ralenti par l’effet du drain,
4. L’énergie des vagues est partiellement absorbée, la force du ressac diminue et par suite l’érosion induite.
Ce procédé, déjà appliqué aux Sables-d’Olonne, ne peut être mis en application sans une étude préalable sérieuse des conditions locales.

Concevoir des ouvrages de défense contre la mer nécessite de prendre en compte des enjeux individuels, collectifs, écologiques et économiques, il faut donc définir les moyens les mieux adaptés pour préserver ce patrimoine naturel et mener préférentiellement une lutte contre l’érosion.
Depuis des années, de nombreux bureaux d’études ont été commandités par les élus de l’île pour étudier ces problèmes, Une dernière étude est en cours, sa première étape vient de se terminer, il va falloir prendre des décisions en pensant au long terme.
Malheureusement, jusqu’à ce jour, les conclusions de ces études ont souvent été adaptées aux nécessités électorales ou clientélistes des élus.
Et, cependant, la défense contre la mer est une question de vie ou de mort pour l’île de Noirmoutier !

Ébauche d’une critique d’une carte d’aléas

Article du Bulletin N° 35

Généralités :
Dans le cas d’une tempête extrême, plusieurs paramètres restent totalement aléatoires, peu prévisibles, d’un ordre de grandeur impossible à chiffrer avec précision :
· La hauteur d’eau en cas de surcote. En novembre 1999, surcote de 0,9 m, hauteur d’eau dans le port de Noirmoutier : 3,67 m IGN. Le même jour à la Rochelle, surcote de 2 m !
· Hauteur d’eau maximum possible au même endroit retenue par les services techniques : 3,86 m Hauteur des ouvrages de défense contre la mer retenue par la DDE : 4 m IGN.
· Dans le cas d’une rupture de digue ou d’une brèche dans une dune, le volume d’eau admis dépend :
– De la taille de la brèche en longueur et profondeur (hauteur)
– De la hauteur d’eau à ce moment là
– De la direction et de la force du vent
– De l’évolution de l’érosion latérale de la brèche (augmentation possible de la longueur et de la profondeur).
– De l’heure de la marée par rapport à la haute mer pour pouvoir quantifier le temps pendant lequel le volume d’eau pourra s’engouffrer dans la brèche avant la marée descendante.
– De la hauteur de vase à l’extérieur de la digue. Inégale le long des digues. Une hauteur de vase importante par exemple aux Grands Chapelains, à Bremaud, protège ces digues d’une rupture importante et limite le temps possible d’une invasion marine.(Ce qui peut causer un problème d’alimentation en eau salée, en particulier à l’écluse de Cailla).
– De la capacité des secours à intervenir rapidement. Le chemin à la base des digues permet certes une intervention rapide mais que faire dans le cas de brèches multiples sur une même section de digue ?

Continuer la lecture

Plan de prévention des risques naturels prévisibles

Article du Bulletin N° 34

Plan de prévention de risques naturels prévisibles – épouvantail ou réalité?

Qu’est-ce qu’un Plan de Prévention des Risques naturels prévisibles ?

Un réel moyen de prévention ou encore un texte de loi non appliqué ?

Souvent perçus comme des événements dûs au hasard, longtemps acceptés avec un certain fatalisme, comme si l’être humain était impuissant face à ces phénomènes aléatoires, les risques naturels, grâce à l’avancement des connaissances scientifiques sont maintenant mieux compris et il est désormais possible d’en prévoir, avec une certitude suffisante, l’évolution et le développement.

Les risques naturels sont des aléas dont les effets mettent en jeu des pertes possibles en vies humaines, en biens et en activités.  Nuls en l’absence de l’homme, ces risques peuvent se transformer en catastrophes lorsque la société n’a pas su, n’a pas voulu, ou a trop tardé à prendre les mesures de prévention ou de protection nécessaires.

L’histoire de Noirmoutier  évoquée dans notre bulletin d’information n° 33 (Principales catastrophes et cataclysmes dans l’île de Noirmoutier depuis le III ème siècle), nous  a rappelé sans ambiguïté la vulnérabilité croissante de notre  île face à la fréquence accélérée des événements naturels de grande ampleur.

Les PPR et la loi :

La loi du 13 juillet 1982 avait instauré les PER (devenus depuis PPR) : “ l’État élabore et met en œuvre des plans d’exposition aux risques naturels (PER) qui déterminent les zones exposées et les techniques de prévention à y mettre en œuvre tant par les propriétaires que par les collectivités locales. Ces plans valent servitude d’utilité publique et sont annexés aux plans d’occupation des sols. “

Le décret de 1984 et la loi du 22 juillet 1987 l’avaient complétée.

Le 30 avril 2002 une circulaire interministérielle précisait à l’Administration et aux élus “la politique de l’État en matière de risques naturels prévisibles et de gestion des espaces situés derrière les digues de protection contre les inondations et les subversions marines”.

Cette circulaire donnait aux agents de l’État les directives d’application des lois précédentes.

Elle rappelait notamment :

1. la politique de l’État en matière d’information sur les risques naturels prévisibles : “ de par la Loi, les citoyens ont un droit à l’information sur les risques naturels prévisibles. Il est donc de votre responsabilité de porter à la connaissance de tous, les risques naturels prévisibles dont vous avez vous-même connaissance”.

Il est de la responsabilité de l’Administration, des élus d’informer les citoyens sur les risques naturels prévisibles. Il est impensable que cette information ne soit pas donnée particulièrement lors de la délivrance des certificats d’urbanisme, il est  aussi anormal que cette information ne soit pas à la disposition du public lors de l’enquête publique qui précède l’établissement d’un Plan Local d’Urbanisme (PLU).

2. la politique de l’État en matière de réduction du risque : “la doctrine de l’État, repose sur deux principaux objectifs : interdire les implantations humaines dans les zones les plus dangereuses, réduire la vulnérabilité.

Ces objectifs imposent de mettre en œuvre les principes suivants :

– veiller à interdire toute construction et saisir les opportunités pour réduire le nombre des constructions exposées dans les zones d’aléa les plus forts,

– éviter tout endiguement ou remblaiement nouveau qui ne serait pas justifié par la protection de lieux fortement urbanisés.

3. les motivations de l’État : la première priorité de l’État est de préserver les vies humaines. La deuxième priorité est de réduire le coût des dommages liés à une submersion marine ou à une inondation, ce coût étant finalement reporté sur la collectivité.

4. les outils de mise en œuvre des objectifs et principes de l’État : la prescription de Plans de Prévention des Risques (PPR)  littoraux ou inondations doit être poursuivie…

L’élaboration d’un Plan de Prévention des risques (PPR) passe par la détermination préalable d’un aléa de référence, qui doit être la plus forte crue ou submersion connue ou submersion centennale si celle-ci est supérieure.

Nous publions dans notre dossier la carte d’aléa de l’île de Noirmoutier.

5. La position de l’État dans les zones endiguées : les zones endiguées sont des zones soumises à un risque de submersion marine ou d’inondation où le risque de rupture brutale ou de submersion des digues, avec des conséquences catastrophiques demeure, quel que soit le degré de protection théorique des digues…

Par ailleurs, la zone peut également être exposée aux inondations par contournement, par remontée des nappes phréatiques, etc. Pour ces raisons, il convient d’afficher clairement l’aléa et le risque lié soit au dépassement de la submersion marine, soit au dysfonctionnement de l’ouvrage et d’en informer la population.

Dans l’île de Noirmoutier, 70 % des terres sont situées dans des zones inondables ou submersibles. Un pourcentage important de ces zones à risques est déjà urbanisé ou figure dans des zones urbanisables.

Deux causes majeures de sinistre sont à envisager :

–  la submersion lors d’un “vimer”

– des inondations provoquées par les eaux de ruissellement difficiles à évacuer lors de pluies persistantes (hivers 2000-2001et 2002-2003 )

La conjonction de ces deux facteurs représente le plus grand risque possible.

Les risques naturels donnent-ils tous lieu à des sinistres ?

Pour qu’un sinistre survienne il faut que les personnes ou les biens  soient soumis à l’effet de la menace. C’est alors qu’on s’interroge sur la ou les causes du sinistre, par exemple :

Une catastrophe provoquée par montée des eaux  est-elle amplifiée par l’implantation de bâtiments et autres infrastructures construits en zone inondable ?

La réponse est oui.

Prendre à la légère des données scientifiques accablantes pour les administrateurs peu enclins à limiter les développements divers, c’est à terme, prendre des risques avec cette économie qu’on prétend maintenir.

Bien sûr des enrochements, des digues rehaussées (mais alourdies), entretenus régulièrement,  restent indispensables pour protéger les zones ostréicoles, agricoles, artisanales ou pavillonnaires inondables. Mais on ne doit pas oublier que tout ouvrage de défense présente des limites qui, un jour ou l’autre, seront dépassées. Même abrité derrière des murailles on ne doit pas perdre de vue la notion de risque permanent.

Pourquoi imposer avec vigueur à chaque municipalité de l’île l’établissement d’un Plan de Prévention des Risques ? Par souci d’honnêteté et de transparence puisque les mairies autorisent des développements variés dans des zones inondables bien répertoriées.

Quelles sont les raisons véritables de cette urbanisation à outrance, décidée par certains au profit de quelques autres ? Pourquoi la possibilité tout à fait réelle d’inondation n’est-elle pas prise en compte lors de l’établissement des POS ou PLU ?

L’acharnement des intérêts fonciers qui pousse à vendre des terrains inondables, l’obstination des municipalités à délivrer des permis de construire sur ces mêmes terrains perdurent sans souci d’informer les nouveaux propriétaires sur les risques potentiels et la modulation possible voire probable des polices d’assurance.

Le risque d’inondation n’est pas un phénomène nouveau à Noirmoutier, cependant, le développement accéléré provoque une double problématique : un nombre grandissant de constructions diverses situées en zone inondable et la destruction de milieux humides fossés, mares, marais, par remblaiement contribuent à une montée supérieure et plus rapide des eaux.  Le rôle des plaines inondables et de débordement est de servir de réservoir ou de vase d’expansion où les eaux peuvent séjourner temporairement en cas de besoin. Si on remblaie ces zones, les eaux sont chassées vers des secteurs adjacents vulnérables, y provoquant des inondations rapides inconnues jusqu’alors.

En guise de conclusion :

Si nous savons quelquefois prévenir, limiter ou réduire un phénomène naturel, nous ne savons pas empêcher l’accumulation inattendue et soudaine de paramètres capables de conduire à la catastrophe;

Comme les anciens îliens, soyons prudents, d’autant que les scientifiques du monde entier prédisent sans ambiguïté une fréquence et une intensité accrues des tempêtes extrêmes à venir dans un avenir proche.