Mécanismes de l’érosion cotière

Article du Bulletin N° 21

Le milieu littoral trouve normalement un équilibre entre trois éléments fondamentaux qui sont l’hydrodynamisme, la vie et le sédiment. Cet équilibre devrait être contrôlé par l’homme qui, en réalité, intervient sur ces paramètres et provoque un inévitable déséquilibre. Deux exemples illustrent ces déséquilibres :
1. Extraction de granulats au Pilier : les sédiments qui alimentent le littoral de Noirmoutier sont fournis par la Loire. Le cours du fleuve a été stabilisé et régularisé par des endiguements permettant de limiter entre autres les sables mouvants. Mais de cette façon une partie des sédiments n’atteint pas la mer. Plus près de Noirmoutier, l’extraction de matériaux au lieu-dit la concession du Pilier a fait l’objet d’une enquête publique récente. Sa situation de relais ou non dans le transit sableux entre le fleuve et l’île n’est pas encore bien connue. Toutefois, tant que son rôle réel n’aura pas été précisé, il est possible que l’extraction de matériaux soit une des causes du défaut d’alimentation naturelle du littoral noirmoutrin et cette concession ne devrait  pas exister, elle devrait même arrêter son activité.
2. Les ports de l’Herbaudière et du Morin : l’agrandissement du port de l’Herbaudière pour en faire un port en eau profonde , en 1973 et 1976, et les travaux de désenvasage de 1994 ont contribué à augmenter et accélérer le processus d’érosion du littoral, en particulier à Luzay, à la Blanche et à la Clère.
De même, la création du port du Morin a provoqué un important démaigrissement sur la façade Ouest de l’île : à la Bosse, le niveau de l’estran s’est nettement abaissé ; les dunes de Saint-Jean à l’Épine et celles des Quatre Moulins à La Guérinière ont été soumises à l’érosion.
Chaque intervention sur le littoral se traduit à l’aval par une érosion qu’il est nécessaire de contrôler. On ne doit construire un port que si c’est une nécessité vitale  pour l’économie, la sécurité… ;  les désordres qu’il engendre ne doivent pas être plus grands que les bénéfices qu’il procure.
 
FORMATION DE LA DÉRIVE LITTORALE.
 
La dérive littorale, courant parallèle au rivage qui se manifeste dans la zone de déferlement des vagues, joue un rôle essentiel dans le déplacement des sédiments le long d’une côte et dans l’alimentation des plages en sable et en galets. Elle naît de l’obliquité des vagues par rapport au tracé du rivage. Lorsque la  quantité de matériaux qu’elle transporte est inférieure à sa capacité de transport elle exerce une fonction érosive sur les côtes meubles.
 
ESPACEMENT DES ÉPIS.
L’espacement des épis conditionne leur fonctionnement. Quand les épis sont trop rapprochés (A), ils induisent vers le large une dispersion des sédiments qui sont alors perdus pour la plage. Quand leur espacement est optimal (B), les épis remplissent correctement leur rôle de piège à sédiments. Quand les épis sont trop espacés (C), ils peuvent être déchaussés à leur racine. Quel que soit leur espacement, il se produit une érosion du rivage (D) à l’aval, dans le sens de la dérive littorale, du dernier épi.

L’habitat à Noirmoutier

Article du Bulletin N° 21

Entre 1982 et 1990 on a construit entre 225 et 240 logements par an sur l’île de Noirmoutier. 1991 avait même enregistré une pointe de 294 logements. Après un fléchissement marqué en 1992 (153 logements) le secteur du bâtiment avait connu une nouvelle pointe d’activité en 1994 (264 logements). Depuis il est revenu à des volumes beaucoup plus réduits ; depuis 1996, le nombre de logement construits a retrouvé son niveau de 1992.
C’est le marché de la résidence secondaire qui est le principal facteur de variation de la construction neuve. Entre les bonnes et les mauvaises années le facteur de variation est très important : 231 résidences secondaires en 1991, 91 en 1997.
En 1990, les résidences secondaires constituaient près des 2/3 du parc de logements. Cette part n’a pas cessé de s’accroître puisque, depuis, les résidences secondaires ont constitué environ 67% des constructions neuves.
En 1997 on comptait environ 7700 résidences secondaires sur l’île. Ce chiffre est sans doute sous estimé, les raisons fiscales incitent quelquefois à  les déclarer comme résidence principale. L’estimation que l’on peut faire , si on se fie  aux constructions neuves, est plus proche de 8000-8050 résidences secondaires. Le développement du parc est limité par l’installation de retraités qui deviennent résidents permanents dans ce qui était leur résidence secondaire.
Depuis 1990 on a commencé 68 résidences principales par an sur l’île, ces dernières années ce nombre se stabilise autour de 60 par an.
Noirmoutier, 53 % de la population, en a accueilli 50% ; La Guérinière, la plus favorisée avec 15% de la population en a 19% ; pour Barbâtre l’évolution est conforme à son importance, 15% pour 14% de population ; par contre à l’Épine pour 18% de la population on n’enregistre que 15% de constructions neuves.

Les perrés

Article du Bulletin N° 21

Les perrés sont des murs de protection dont le profil transversal peut être vertical, incliné, convexe, parfois en marches d’escalier. Souvent dans les villes balnéaires anciennes des murs verticaux portaient des promenades de front de mer. Aujourd’hui, pour diminuer la déflexion de la houle sur l’obstacle, on construit des murs inclinés avec une pente de trois de base pour un de hauteur, mais on a davantage recours aux cordons d’ enrochements plus faciles à édifier grâce aux engins de terrassement.
Les arguments ne manquent pas pour dresser un réquisitoire sévère contre les perrés et les cordons d’enrochement. Ils enlaidissent l’environnement en artificialisant la côte, ils gênent l’accés aux plages dont ils réduisent le surface par leur présence même, ils n’arrêtent pas le démaigrissement et le recul des estrans car ils n’apportent pas de remèdes à la cause de ces phénomènes.
Il y a plus grave encore. Les murs de protection et les perrés accélèrent l’érosion des plages sur lesquels ils ont été construits. D’abord en s’interposant entre l’estran et la dune qui lui est associée , ils empêchent les échanges entre ces deux éléments qui forment un couple interdépendant, échanges indispensables au bon équilibre d’un rivage sableux. Ensuite et surtout, ils modifient les processus hydrodynamiques littoraux en renforçant l’agitation de la mer qui brise sur eux  et la vitesse des  courants résultant du déferlement, d’où un enlèvement accru du sable et des galets. La surface inclinée et perméable d’une plage laissée à l’état naturel dissipe l’effet des vagues ; au contraire la présence d’un ouvrage maçonné ou rocheux engendre la réflexion de la houle incidente qui accroît la turbulence de l’eau sur le rivage. Le résultat est une dispersion des sédiments qui vont se déposer sur l’avant plage. D’un été à l’autre les dégâts de l’hiver sont incomplètement réparés. Les modifications irréversibles ont lieu à l’occasion des grandes tempêtes. Avec le temps la plage devient moins haute, plus pentue, ce qui accentue encore l’effet de la houle. bientôt le mur est affouillé à sa base et il doit être renforcé. À terme la plage est appelée à disparaître.
L’effet nocif d’un cordon d’enrochement ne s’arrête pas là. À partir du moment où il est constamment atteint par la mer il interfère avec la dérive littorale qui est freinée; des sédiments vont manquer en aval, situation qui déclenchera ou accroîtra l’érosion, d’où une extension du cordon dans cette direction. Le doigt est mis dans l’engrenage. Ainsi un tel ouvrage peut non seulement aggraver le démaigrissement ou le recul de la plage sur lequel il est construit, mais encore déstabiliser une plage adjacente qui appellera à son tour un ouvrage de défense.   

La digue du Devin

Article du Bulletin N° 20

Situation : la digue du Devin est un ouvrage de défense contre la mer, qui s’étend entre le port de Morin et la pointe du Devin. Près des deux tiers de l’île seraient inondés si la mer passait à cet endroit.
Sur le plan d’occupation des sols de 1984 actuellement en vigueur (le POS de 1996 a été annulé par le Tribunal administratif de Nantes pour déclassement de zones ND la digue du Devin est en zone ND. En 1996 une zone NDt avait été créée autour de l’école de voile.
C’est un espace naturel sauvage, la digue est longée par une dune reconstituée bordée d’une haie de tamaris qui surplombe la rue Louis Brien Continue reading

Courrier

Bulletin N° 20

Le propriétaire du camping “le Caravan’île”, craignant que nos lecteurs puissent croire que la dune qui  borde le camping  lui appartienne nous écrit que :
• la bande de terrain en bordure de mer n’est pas la propriété du camping mais celle du district : oui, depuis l’an dernier,
• tous les aménagements du camping ont été financés de ses deniers : oui, on l’espère bien,
• la situation du camping, au regard des limites de propriété (sic), est identique à celle des ( lotissements) des Sables d’Or, de la Tresson, etc. ?”
Pourquoi pas ? Ce que nous affirmons c’est que ce camping a été construit sur les dunes de La Tresson Continue reading

Halte aux constructions sur la dune

Article du Bulletin N° 18

Fin 1995 , quand nous avions vu s’élever au sommet de la dune des Thibaudières   et dominant la plage une imposante construction, nous avons cru à une erreur. Il a bien fallu que nous nous rendions à l’évidence, le maire de l’Épine avait bien accordé un permis de construire à une société civile immobilière (SCI). Nous ne pouvions tolérer cette construction tout à fait contraire à la loi littoral, c’était créer un précédent qui Continue reading

Non à une route en bordure de mer

Article du Bulletin N° 18

Le 2 août 1994 nous déposions, avec l’association du Luzan, un recours en annulation contre un arrêté préfectoral déclarant d’utilité publique la création d’une voie côtière, en bordure de mer, surplombant la plage de Luzan à la pointe de l’Herbaudière.
Nous affirmions que le dossier soumis à enquête ne permettait pas d’apprécier le coût total de l’opération.
Nous demandions que la Loi littoral soit appliquée dans son intégralité: Continue reading

Les zones boisées dans le paysage de l’île

Article du Bulletin N° 17
Les forêts de l’île sont en grande partie  artificielles.  Elles sont, en effet, composées le plus souvent de résineux plantés pour préserver les dunes de l’érosion.
Elles accueillent une faune originale et une flore spécifique, parfois rare à l’échelle du département de la Vendée, de la région ou même à l’échelle nationale.
Elles participent à l’intérêt paysager de nombreux sites de l’île: les masses boisées importantes jouent le rôle de repères visuels dans un paysage assez plat et Continue reading