La conférence-débat

Vendredi soir, à la salle de la Prée au Duc, quelques quatre-vingts personnes sont venues assister à la conférence-débat organisée par Vivre l’île 12 sur 12 sur le thème des impacts du tourisme littoral sur l’économie, l’environnement et la société, et l’évaluation de la capacité d’accueil.

Les intervenantes sont toutes les deux géographes universitaires.

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Anne-Sophie Bonnet (à gauche) est doctorante, auteur d’un thèse sur le tourisme durable sur les îles-ponts, et d’une étude comparative entre des exemples français et brésiliens.
Céline Chadenas (à droite) est géographe, chercheur associé au laboratoire Géolittomer, UMR 6554 LETG-CNRS; elle a participé à l’élaboration d’une méthode d’évaluation de la capacité d’accueil sur les territoires littoraux.

L’île de Noirmoutier possède des caractéristiques remarquables, qui attirent touristes et nouveaux habitants ; d’où un accroissement de la pression humaine qui est certes porteuse de dynamisme local, mais en même temps source de ruptures des équilibres sociaux, économiques et environnementaux.

La capacité d’accueil est définie comme « le niveau maximum de pression exercée par les activités et les populations permanentes et saisonnières que peut supporter le ‘capital’ de ressources du territoire sans mettre en péril ses spécificités. » Dans la perspective de la mise en place d’un projet qui étend la réflexion aux changements qualitatifs à l’œuvre sur un territoire littoral, il faut imbriquer cette notion de capacité d’accueil dans une notion plus large : celle de la « capacité de développement », définie comme l’ensemble des possibilités offertes par le ‘capital’ de ressources du territoire.

Pour déterminer la capacité d’accueil et de développement d’un territoire tel que l’île de Noirmoutier, il faut évaluer si l’accueil de populations et d’activités, permanentes ou saisonnières, que la collectivité envisage est compatible avec les ressources disponibles et les objectifs qu’elle porte pour l’île.

Au fil d’une présentation, nos conférencières nous ont permis de comprendre ces notions clés.
Elles ont décrit le processus, en trois étapes, qui doit permettre de déterminer la capacité d’accueil et de développement d’un territoire. Il faut commencer par mettre en lumière les ressources posant question; ensuite, questionner ressource par ressource, les atteintes qui leur sont portées par la pression démographique et touristique; et enfin mesurer et apprécier la fragilité des ressources, dans le but d’évaluer l’intensité et le niveau de maîtrise ou de non-maîtrise de la capacité d’accueil et de développement du territoire.

À l’issue de la présentation, les questions de l’assistance ont permis de développer certains points. Certains s’étaient sans doute attendus à un diagnostic de la situation de notre île, à une analyse de nos problèmes spécifiques, et peut-être à des recommandations ou des mises en garde claires sur les conséquences de la fréquentation touristique actuelle. Si c’est le cas, ils ont été déçus : l’approche proposée est un outil qui permettra de définir des projets en connaissance de cause; elle ne préjuge pas de l’importance relative des différentes ressources, ni du contenu du projet territorial que sera adopté. Ce sera aux citoyens, à travers leurs représentants élus, de définir les objectifs à atteindre.

Les images que nous avons vues au début de la présentation ont clairement illustré les enjeux des choix : on peut en effet choisir de sacrifier certaines ressources au profit d’autres, dont la capacité de charge est plus importante. C’est ainsi que la ville de Benidorm, par exemple, a sacrifié l’environnement naturel et la qualité de l’eau de baignade au profit de la construction de buildings permettant d’héberger de très nombreux visiteurs, sans pour autant sacrifier la plage, peu attaquée par l’érosion; un choix de ce genre à Noirmoutier serait plus problématique, étant donnée la nécessité de protéger les immeubles sur le bord de mer. Les défenses dures que seraient nécessaires impliqueraient à terme la disparition de la plage – et donc la perte d’un de nos atouts majeurs pour attirer les vacanciers.

L’outil présenté nous permet aussi d’analyser plus rigoureusement les choix qui ont déjà été faits en matière de hiérarchisation des ressources au plan local. Nous espérons que cette soirée aura permis aux citoyens, et en particulier aux élus, de mieux cerner le problème.

Pour approfondir la méthode d’évaluation de la capacité d’accueil, on peut visiter le site internet de la DREAL des Pays de la Loire. Le document intitulé « Evaluer la capacité d’accueil et de développement des territoires littoraux. Approche et méthode – 2009 » peut être téléchargé à partir de la page disponible en cliquant ici.

La capacité d’accueil touristique

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Bois de la Chaise, août 2007: 20 minutes d’attente….

La capacité d’accueil est un des thèmes forts de l’association « Vivre l’Île 12 sur 12 » (par exemple, voir notre article ici). Mais notre île n’est pas le seul endroit au monde où la capacité d’accueil est problématique: d’après le CDRI (centre canadien de recherches pour le développement international), c’est une des clés du développement d’un tourisme durable dans le Tiers Monde (voir article).

C’est aussi le sujet de la lettre d’un lecteur du Courrier Vendéen, publiée dans le numéro du 12 septembre 2007.

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Notre réponse est parue dans le numéro du 19 septembre.

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Quelques chiffres

Bulletin N° 48

 

Le Schéma de Cohérence Territorial (SCOT) de notre île est en voie d’élaboration. Logiquement, les bureaux d’études qui en sont chargés commencent par le diagnostic de la situation présente. Ces chiffres sont intéressants : ils sont censés présenter avec précision les données sociologiques et économiques de notre canton.

Données sociologiques :

Depuis 25 ans, l’évolution démographique est continue, en 2005 on recensait 9900 habitants. Parmi les 4 communes, seule Noirmoutier voyait son rythme de croissance ralentir, ceci s’expliquant par la rareté et le prix élevé des terrains. La commune reste cependant le pôle urbain et démographique de l’île en abritant la moitié de la population. Les opérations de logement sociaux, des échanges de jeunes ménages entre les communes mais surtout des arrivées de retraités de l’extérieur sont à l’origine de ces mouvements.

La taille moyenne des ménages par logement se réduit : les célibataires, les divorcés, les veufs et les veuves sont à l’origine de ce déclin. Pour l’île en 1999 on comptait un peu plus de 2,2 personnes par logement ; en 2005 on est à 2,12, à Barbâtre, en 2005 les logements sont occupés par un peu plus de 2 habitants en moyenne.

Les revenus déclarés sont faibles, c’est le reflet d’une activité saisonnière et primaire et de l’existence de nombreuses personnes isolées et le plus souvent âgées. En 2005 on comptait à Noirmoutier 60 allocataires du RMI, à l’Épine 26, à La Guérinière 18 et 11 à Barbâtre. Parmi ces allocataires 95% sont seuls, 57% sont des hommes et 53% ont plus de 45 ans.

Le parc immobilier :

Le parc de l’île se répartit entre 63% de résidences secondaires, 34% de résidences principales et 3% de logements vacants. L’Épine et Noirmoutier conservent la plus forte proportion de résidences principales (55 et 60%), Barbâtre et La Guérinère comprennent environ 70% de résidences secondaires.

Entre 1999 et 2004, 165 logements ont été construits chaque année, 52% de ces logements étaient destinés à des résidences secondaires, pendant la même période 170 logements ont été utilisés en conséquence du desserrement des ménages.

Se loger, à Noirmoutier c’est acheter. On comptait en 1999, 73% de propriétaires, 19% de locataires chez des propriétaires privés et 2% de logement HLM. En 2006 la probabilité de louer son logement est donc faible. Le parc locatif privé s’était développé jusqu’en 2003 (18% de la construction neuve), compte tenu du prix des terrains, il est tombé en 2004 à 6%,

Le parc locatif social (150 logements sociaux HLM sur l’île dont 114 à Noirmoutier) est donc insuffisant pour jouer un rôle modérateur. Pourtant la demande sociale est importante, il y a eu en janvier 2005 : 68 demandes ; en novembre : 84 demandes !

En 2005, une enquête auprès des professionnels de l’immobilier fixe le prix moyen des terrains entre 210 et 385 € le m2. Les logements anciens entre 3,5 et 4,4 pièces se vendent à un prix moyen compris entre 126 000 et 232 000 €.

Capacité d’accueil

Article du Bulletin N° 48

LA CAPACITÉ D’ACCUEIL ET LE PROJET DE PLU DE NOIRMOUTIER-EN-L’ÎLE

La notion de capacité d’accueil apparaît dans l’article L. 146-2 du code de l’Urbanisme, sa définition est mise en lumière dans les circulaires d’application « La capacité d’accueil touristique se conçoit comme la possibilité à accueillir des populations dans des conditions satisfaisantes d’un point de vue qualitatif ».
La capacité d’accueil peut se définir plus concrètement à partir :
1. la capacité d’accueil technique :
– structures d’accueil touristiques (places de parking, parkings pour camping cars, capacité des campings, capacité des structures hôtelières), Continuer la lecture

Capacité d’accueil et restauration

Article du Bulletin N° 48

Dans certaines salles de restaurant vous êtes « accueillis », un portemanteau est à votre disposition pour y déposer un vêtement encombrant, vous accédez à votre chaise sans déranger les convives voisins, la surface utile de votre table vous permet d’y déposer votre étui à lunettes, la patronne vient vous proposer le menu en le commentant, le « mojette-jambon vendéen » passe-partout ne figure pas dans ce menu.
Le 5 mai 2007, dans un restaurant de ce type la « formule déjeuner » est affiché à 15,5 €. Sa capacité d’accueil est modeste, elle correspond à une qualité certaine de l’accueil.
Il y a des restaurants où, en été, on refuse les clients en nombre impair car « cela fait perdre une place ! », ne parlons pas des fauteuils pour handicapés avec lesquels « on perdrait plusieurs places ! ». Atteindre sa table nécessite de faire lever plusieurs convives, écarter les coudes pour manger est impensable car ils empiétraient sur la table voisine, le menu répond bien sûr aux mêmes impératifs de rentabilité et vous n’avez pas le loisir de vous attarder après le café car votre table ne rapporte plus rien !
La capacité d’accueil de ce restaurant est importante, la qualité de l’accueil est différente.
Quelle qualité d’accueil voulons nous pour notre île ? Ne pas choisir c’est tendre vers la médiocrité !

Le PLH de l’Île de Noirmoutier

Article du Bulletin N° 47 

Qu’est-ce qu’un Plan Local d’Habitat ?

Le PLH est un document de programmation à 5 ans qui détaille objectifs et orientations, actions et moyens pour répondre aux besoins en logements d’une commune ou d’un groupement de communes et assurer entre les territoires une répartition équilibrée et diversifiée de l’offre en logements.

L’article 55 de la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains (SRU), votée le 13 décembre 2000, renforce la dimension opérationnelle des PLH, Continuer la lecture

L’habitat à Noirmoutier

Article du Bulletin N° 21

Entre 1982 et 1990 on a construit entre 225 et 240 logements par an sur l’île de Noirmoutier. 1991 avait même enregistré une pointe de 294 logements. Après un fléchissement marqué en 1992 (153 logements) le secteur du bâtiment avait connu une nouvelle pointe d’activité en 1994 (264 logements). Depuis il est revenu à des volumes beaucoup plus réduits ; depuis 1996, le nombre de logement construits a retrouvé son niveau de 1992.
C’est le marché de la résidence secondaire qui est le principal facteur de variation de la construction neuve. Entre les bonnes et les mauvaises années le facteur de variation est très important : 231 résidences secondaires en 1991, 91 en 1997.
En 1990, les résidences secondaires constituaient près des 2/3 du parc de logements. Cette part n’a pas cessé de s’accroître puisque, depuis, les résidences secondaires ont constitué environ 67% des constructions neuves.
En 1997 on comptait environ 7700 résidences secondaires sur l’île. Ce chiffre est sans doute sous estimé, les raisons fiscales incitent quelquefois à  les déclarer comme résidence principale. L’estimation que l’on peut faire , si on se fie  aux constructions neuves, est plus proche de 8000-8050 résidences secondaires. Le développement du parc est limité par l’installation de retraités qui deviennent résidents permanents dans ce qui était leur résidence secondaire.
Depuis 1990 on a commencé 68 résidences principales par an sur l’île, ces dernières années ce nombre se stabilise autour de 60 par an.
Noirmoutier, 53 % de la population, en a accueilli 50% ; La Guérinière, la plus favorisée avec 15% de la population en a 19% ; pour Barbâtre l’évolution est conforme à son importance, 15% pour 14% de population ; par contre à l’Épine pour 18% de la population on n’enregistre que 15% de constructions neuves.