Pêche à pied au Fort Larron

Ce dimanche 10 septembre, la marée de fort coefficient a attiré beaucoup de monde – y compris dans les endroits ou la pêche est interdite pour cause de pollution.
C’est le cas à l’endroit où les photos ci-dessous ont été prises (à Fort Larron).

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Comme on peut le voir sur les photos ci dessous, un arrêté municipal indique clairement l’interdiction.
Les dernières analyses (datant du 28 août) relèvent un taux de pollution à escherichia coli supérieur à 16 000 pour 100 gr., alors que le maximum autorisé est de 240 !
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Brèves

Article du Bulletin N° 39

Une nouvelle commission est née : le Conseil national du littoral ; on y retrouve, devinez qui ? Notre sénateur ! En principe, ce sera une structure légère, « non technocratique » (c’est écrit !), espace d’expression démocratique (c’est écrit !), un mode de fonctionnement tout à fait inédit !
Nous avons peu d’illusions mais nous ne demandons qu’à être agréablement surpris.

On s’intéresse enfin au sort de la station d’épuration de La Casie : non autorisée, dépassée, saturée, cette station rudimentaire devenait par trop gênante. La Communauté de Communes a décidé de s’attaquer au problème et d’agrandir et de mettre aux normes la station.
Actuellement deux techniques sont disponibles sur le marché du traitement de l’eau :
la filière dite par « lagunage aéré »,
la filière dite par « boues activées ».
Le « lagunage aéré » est moins coûteux, il répond aux normes exigées actuellement en matière de traitement microbien mais ne permet pas, comme les directives européennes vont bientôt l’exiger, de retenir l’azote et le phosphore des effluents rejetés. Ces effluents, quand ils ne sont pas utilisés pour l’irrigation, sont rejetés en Baie de Bourgneuf, s’ajoutant aux pollutions déjà apportées par le Grand Étier de Sallertaine.
La filière « boues activées », elle, répond aux normes d’épuration imposées par les directives européennes ; l’eau rejetée est épurée et peut être stockée dans des lagunes. Elle a l’inconvénient de produire des boues toujours difficiles à recycler par l’ agriculture soucieuse de son image.
Le Conseil communautaire a choisi la filière « boues activées ». La station devra avoir une capacité de 18 000 équivalents habitants. Elle coûtera au moins (sans les bassins de lagunage ) € 4 millions. La moitié de cette somme sera à la charge des Noirmoutrins. Nos impôts locaux vont s’en ressentir !
Une enquête publique devrait avoir lieu cet été. Vivre l’île 12 sur 12 ne manquera pas d’examiner attentivement les modalités de cet important investissement.

Le port d’échouage de Morin avance cahin-caha. Les groupes de pression locaux s’invectivent : les uns veulent une capitainerie flambant neuf plantée sur la dune, les autres ne supportent pas les portiques destinés à limiter l’accès des camping cars, certains veulent une station de ravitaillement en gasoil, etc.
L’équipe municipale, avec plus ou moins de réussite, essaie de défendre un projet plus simple qui préserverait le caractère du site.
Cependant le temps presse : si les travaux ne sont pas commencés avant le 14 novembre 2004, il faudra refaire une enquête publique.
Sur le plan financier, d’après les dernières estimations, ce port d’échouage destiné surtout aux plaisanciers reviendra au moins à € 5 500 000 à la collectivité. Il faudra ensuite l’entretenir, le dévaser, …. C’est cher !
Aux dernières nouvelles, la Région des Pays de La Loire refusait de subventionner cet équipement et l’Europe, qui doit subventionner à hauteur de 25%, n’ a pas encore reçu le dossier.

L’aire d’accueil des gens du voyage située derrière le bâtiment de la Communauté de Communes se termine. Cette réalisation qui fait honneur à notre collectivité, devrait être inaugurée au mois de juin.

L’action du Centre Social de Noirmoutier-en-l’île prend de l’ampleur. Un architecte étudie actuellement la rénovation de l’ancien hôpital en vue d’en faire un lieu d’accueil pour les activités associatives.
Nous avons été invités à exprimer nos besoins.

L’épandage des boues provenant des stations d’épuration noirmoutrines reste un problème : il faut essayer de neutraliser au mieux les odeurs produites par leur stockage, il faut aussi trouver des agriculteurs qui acceptent d’utiliser ces boues comme engrais et ensuite assurer leur transport.
Une solution partielle est à l‘étude : le séchage solaire des boues sur les lieux. Cette solution permettrait de diminuer les odeurs provoquées lors du stockage des boues, de réduire le volume du produit final donc le coût du transport et ses problèmes annexes (trafic, bruits, odeurs).

Le supermarché Super U qui « enjolive » l’arrivée dans Noirmoutier-en-l’Île doit être agrandi : sa surface va passer de 1 147 m² à 3 100 m². La station-service qui lui est annexée sera déplacée et étendue.
Parallèlement, les centres bourgs de nos communes se désertifient, les commerçants soumis à la rude concurrence des grandes surfaces abandonnent la lutte. Nos élus se sentent sans doute plus valorisés par la création de zones commerciales semblables à celles implantées à la périphérie des grandes cités.
Et chaque commune veut sa zone ! On ne peut que s’inquiéter de cette banalisation de notre île.

La Commune de Noirmoutier-en-l’île devrait enfin récupérer cet été la gestion du port de Noirmoutier. Il est temps car l’anarchie semble s’y installer : l’épave du Thalassa gît près de l’écluse du Moulin et un bateau de pêche stationné en face du Café Noir encombre le port en attendant un acquéreur très problématique.
À cette occasion, trois emplois permanents et deux emplois saisonniers devraient être créés.
Une action pilotée conjointement par le Conservatoire du Littoral, la Communauté de Communes et Noirmoutier-en-l’île doit permettre la réhabilitation et l’entretien de l’ancien sémaphore de l’îlot du Pilier.
Des animations seront mises en place sur le site : randonnées nautiques, animation de groupes avec hébergement temporaire, le tout, en partenariat avec les écoles de voile et les associations nautiques.

Toutes les communes littorales ont les mêmes soucis de logement pour les jeunes ou pour les travailleurs saisonniers. Aux Sables-d’Olonne on se pose la question : « Se serait-on trop longtemps endormi sur les lauriers du tout-tourisme ? ». La réponse est sans doute positive puisque la décision de construire 100 logements pour abriter les apprentis et les travailleurs saisonniers vient d’être prise par le Pays-des-Olonnes.

L’association du bâtiment de l’île de Noirmoutier s’alarme du déclin annoncé des entreprises artisanales de l’île. Elle déclare que « la problématique du logement pour les jeunes semble être une des causes principales de ce déclin ».
Les solutions semblent pourtant évidentes : il faut, à l’échelle du canton, un foyer d’hébergement pour les apprentis et les saisonniers et des logements locatifs pour les jeunes couples.
Nos élus toujours prompts à se lamenter sur les difficultés des jeunes noirmoutrins devraient faire des choix en conséquence.

Jean-Pierre Deneuve, Sous-Préfet des Sables d’Olonne, a quitté ses fonctions. Il n’avait jamais prêté une oreille bien attentive à nos soucis en matière d’environnement noirmoutrin.

En 1999, 254 000 tonnes de déchets ménagers avaient été collectés en Vendée ; en 2003, 364 000 tonnes !
L’année dernière la collecte et le traitement de ces déchets revenaient à € 55 la tonne ; cette année à € 62 !
Ce coût sera bien sûr répercuté sur la taxe des ordures.
Amis noirmoutrins triez vos ordures ! Compostez les déchets fermentescibles !

Dans une lettre aux maires du département, le Préfet de Vendée rappelle que le plan local d’urbanisme (PLU) doit comprendre en annexe, les avis des personnes publiques associées et plus largement de tout organisme ou association compétents en matière d’aménagement du territoire, d’urbanisme, d’environnement, d’architecture et d’habitat et de déplacements.

Le Courrier Vendéen du 20 mai rapporte un petit chantage auquel se livre Not’ Sénateur pour avoir des places gratuites lors des diverses représentations proposées par les Spectacles de Vendée : s’il n’a pas ses places gratuites, les Noirmoutrins seront privés de spectacle cet été. Na ! Or, le Maire de Noirmoutier qui, lui, paie sa place comme tout le monde, s’y oppose.
Il y a deux ans, nous avions déjà pâti d’un tel abus de pouvoir. Ce type de réaction est bien puéril de la part du sénateur de Vendée.

Nous avons eu le plaisir d’enregistrer les premières adhésions par l’intermédiaire du site www.12sur12.org.

Depuis 18 mois les membres de l’association « Vert de terre » faisaient fonctionner avec succès un fort sympathique comptoir de ventes d’aliment « bio », avenue J. Pineau à Noirmoutier.
Le projet était devenu trop lourd pour les bénévoles qui s’en occupaient et, le 18 février 2004, lors d’une assemblée générale extraordinaire, l’association a décidé de cesser ses activités et de partager entre différentes associations le reliquat de ses bénéfices.
C’est ainsi que Vivre l’île 12 sur 12 vient de recevoir un don de € 644,78. Merci ! Merci les verts de terre !

La civelle

Article du Bulletin N° 38

Noël, la fin de l’année, les cadeaux, … c’est aussi le moment où le pêcheur de civelles noirmoutrin prépare ses pibalours. Le bar a disparu, la margade (seiche) est loin d’être annoncée, jusqu’à mi-mars la civelle va remonter le plus loin possible dans les étiers et notre pêcheur l’attend aux endroits stratégiques.

Elle vient de loin notre civelle… Ces alevins d’anguilles, également appelés piballes, nous arrivent chaque hiver de la Mer des Sargasses (au Nord-Est des Antilles) après un trajet long de 6 000 km. Les larves sont portées par le Gulf Stream vers les eaux de l’Atlantique Nord où leur zone de répartition est estimée à 90 000 km2. Les civelles qui ressemblent à des spaghettis argentés, vont se sédentariser dans les estuaires ou remonter et coloniser un grand nombre de cours d’eau, lacs et zones humides. Elles vont s’y transformer en « anguilles jaunes ». Pendant 7 à 12 ans pour les mâles, 12 à 18 ans pour les femelles, elles vont croître et se transformer en « anguilles argentées ». L’instinct de reproduction déterminera alors une nouvelle migration vers la Mer des Sargasses, seul lieu de reproduction de l’espèce. Des oeufs seront à nouveau fécondés et le cycle reprendra.
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Du Pays Basque à la Bretagne des milliers de pêcheurs attendent les civelles. Vendus quelquefois jusqu’à €300 le kilo, les alevins d’anguilles constituent une ressource appréciable pour les navires de petite pêche côtière : en 1999, 133 tonnes de civelles ont été pêchées (officiellement) pour un chiffre d’affaires de 15,6 millions d’euros. Si les civelles font le régal de Espagnols et des Basques, l’essentiel de cette production est exportée à destination des pisciculteurs chinois, qui élèvent l’anguille pour les marchés japonais (aucune technique ne permet à l’heure actuelle d’assurer la reproduction artificielle des anguilles).
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L’île de Noirmoutier avec ses côtes et son réseau hydraulique, est un lieu d’accueil des civelles et de croissance des anguilles. Mais cette année la civelle tarde. Les pêcheurs embusqués sur ses lieux de passage traditionnels désespèrent. Cette pêche qui se pratique de préférence la nuit commence dès que la marée monte ; dans la Baie de Bourgneuf, dans le port de Noirmoutier, les bateaux traînent, accrochées à chaque bord, deux longues chaussettes réglementaires (1,20 m de diamètre), aux mailles très fines : les pibalours. « Les civelles passent souvent la journée enfoncées dans la vase », me dit Richard, « elles attendent la marée montante pour décoller et remonter le courant vers les écluses et les étiers, le plus loin possible. Elles préfèrent les eaux troubles, quand les eaux sont trop claires, elles restent au fond ». Nous sommes dans le port de Noirmoutier-en-l’Île, entre l’écluse du Moulin et le début du chenal, le bateau fait des allers-retours, de temps en temps les pibalours sont relevés puis secoués au-dessus d’un tamis, les crevettes frétillantes sont arrêtées, quelques dizaines de fils argentés ondulants passent dans la caisse en dessous.
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Dès que la récolte est significative, il faut la porter à Fromentine où un mareyeur attend la précieuse cargaison ; rapidement transportée vers le pays Basque dans des bacs d’eau suroxygénée elle sera expédiée quelques heures plus tard vers la Chine.

La civelle attise la convoitise des braconniers qui pêchent sans licence, le long des étiers : ouvrant clandestinement ou quelquefois fracturant les portes d’écluse ils piègent les civelles à ces étranglements du flot montant.

Tous les hivers sont loin d’être fructueux et d’aucun pensent que la ressource s’épuise, un spécialiste de l’IFREMER attribue ce phénomène au manque d’entretien des espaces humides et à la mauvaise qualité des eaux polluées par les rejets agricoles.