Le bassin versant du nord de l’île

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Carte de la partie nord de l’île: les zones en rose sont situées en dessous des plus hautes mers (cliquez pour agrandir)

Dans le rapport d’orientation adopté par l’Assemblée Générale de l’association en juillet 2007, nous avons défini trois critères constants pour l’évaluation de tous les projets publics: la capacité d’accueil, le risque de submersion marine et le contrôle qualitatif et quantitatif des eaux de ruissellement.

L’importance de ce troisième critère est amplement démontrée par notre dossier sur le bassin versant de 600 ha au nord de l’île de Noirmoutier (dossier qui sera publié dans notre bulletin d’infos).

Le remarquable effort consenti par la Communauté de Communes à la défense contre la mer a quelque peu occulté le problème de l’évacuation vers la mer des eaux pluviales bloquées dans des cuvettes situées au dessous des plus hautes mers. La plupart de ces dépressions sont situées sur la face intérieure des dunes côtières, en particulier au Nord de l’île.

Préoccupés par la reconversion de ces zones humides fragiles et complexes, les élus et aménageurs ont malencontreusement « oublié » la vulnérabilité et l’utilité indéniable de ces zones indispensables.

Si la commune de Noirmoutier tient compte dans son PLU, au niveau des pompes des Roussières, du besoin d’un bassin d’orage, (le volume prévu de ce réservoir est d’ailleurs tout à fait insuffisant), elle souhaite cependant urbaniser la zone des Prés Patouillards et une partie des prairies humides à la Linière, en bordure du courseau des Bœufs, alors que toutes les eaux de ruissellement de cette dernière zone s’évacuent en mer, exclusivement par des pompes électriques, sujettes à des pannes, en cas d’orage par exemple. Certaines propriétés y sont régulièrement inondées.
Ces réceptacles obligatoires des eaux pluviales et d’irrigation sont à la fois un danger pour les biens et pour la santé publique, par le lessivage des eaux de la plaine agricole, fertilisée par des produits hautement polluants jusqu’à preuve du contraire. Le rejet en mer sans traitement pollue toute la zone côtière du nord et de l’est de l’Ile.

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Les Roussières en mars 2007

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Les Prés Patouillards en mars 2007

Toutes les eaux pluviales de cette zone sont évacuées en mer, plage de la Clère, par une pompe électrique.

Une réflexion au sujet de « Le bassin versant du nord de l’île »

  1. La photo des prés Patouillards est aussi éloquente que le nom du lieu et mérite quelques commentaires. Selon le projet de PLU de la municipalité de Noirmoutier en l’Ile, cette zone est urbanisable, « comme site propice à l’accueil d’activités pouvant tirer parti d’une liaison privilégiée avec la mer »!
    Quelle liaison privilégiée?
    Effectivement, avec un peu d’audace, on aurait pu reloger des réfugiés de Sumatra dans un village monté sur pilotis, habitués aux méfaits des eaux, ils pourraient survivre et quelle attraction! On pourrait aussi créer un marché flottant avec circulation en yoles et concours de saut à la ningle, un élevage de grenouilles ou bien – si le réchauffement climatique se confirme – une ferme de crocodiles.
    Par respect pour le paysage patrimonial, on pourrait, il n’est pas trop tard, maintenir, développer, paysager cette zone de prés humides et les autres (les Roussières et la Linière).
    Et bien non, le projet actuel est l’établissement d’une thalassothérapie avec vue sur la mer du quatrième étage, cette zone est à 0m IGN soit à plus de 3m en dessous des plus hautes mers.
    Les pompes électriques des Roussières évacuent en mer, aux frais du contribuable, sans traitement préalable, les eaux de ruissellement bloquées dans la cuvette.
    Messieurs les décideurs, chaussez vos cuissardes et allez voir sur place une réalité préjudiciable à vos projets peut-être, mais indispensable à la survie des propriétés adjacentes. Le comblement, même partiel, de cette dépression, la réduction du bassin d’orage ne peuvent que déclencher des inondations d’une ampleur jamais connue auparavant par une montée des eaux plus rapide et plus importante due à une réduction dramatique du volume du bassin d’expansion des eaux.
    A vos niveaux, le point coté sur la carte IGN au 25 000, au croisement de l’allée des Lutins et de l’avenue du Maréchal Joffre, près des tennis est de 1m IGN (+ ou – 50cm).
    Vos rêves ou la réalité?

  2. On pourrait aussi créer dans ces zones humides un jardin botanique municipal!
    Tous les ingrédients indispensables à une création de qualité sont là.
    Jardiniers levez-vous! Manifestez votre enthousiasme
    pour ce projet tout à fait réaliste.

  3. Comme c’est étrange, le Contrat Restauration Entretien Zones Humides (CREZH) dont la signature est envisagée entre le Syndicat Mixte d’Aménagement des Marais (SMAM) et l’agence de l’Eau, a volontairement oublié d’intégrer dans son étude, ces zones humides, ni d’ailleurs celle du domaine de la Blanche, (chasse gardée d’un petit seigneur de l’agriculture protégé des contraintes environnementales par le syndicalisme agricole majoritaire et l’administration).

    Les clichés éloquents de votre blog prouvent pourtant sans contestation possible que les Roussières et les prés Patouillards entrent dans cette définition.

    Ce terme de zones humides, traduction approximative du terme anglais « wetlands », désigne des systèmes intermédiaires, encore appelés écotones, entre les milieux terrestres bien drainés et les milieux d’eau profonde.
    En France, la loi sur l’eau de 1992 entend par zone humide les terrains exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d’eau douce, salée ou saumâtre, de façon permanente ou temporaire.

    Y a pas photo comme on dit, si la nature de ces zones est niée c’est bien que d’importants intérêts sont en jeu que les élus actuels ne veulent pas fâcher, (des hangars agricoles aux Roussières, une thalasso dans les prés Patouillards…)

    C’est toute l’intelligence de l’eau qui fout le camp, signe annonciateur de futures catstrophes qui naissent toujours de la bêtise et de la cupidité humaine.

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