Les grandes marées de 2012 et 2013

Sous un titre racoleur – 2013: l’île menacée par les eaux? – le Courrier Vendéen a publié en août un dossier sur le risque de submersion marine lors d’une forte marée d’équinoxe prévue en 2013.

Ce dossier a le mérite d’attirer l’attention sur le risque de submersion marine de l’île de Noirmoutier. Cependant, il n’explique pas pourquoi 2013 a été choisi comme date fatidique pour ce risque. On a du mal à comprendre pourquoi la situation cette année-là serait plus dangereuse que celle de n’importe quelle autre année. En effet, il faudra attendre le 20 mars 2015 pour retrouver une marée de coefficient 119 (la dernière fois qu’une telle marée s’est produite remonte au 10 mars 1997). Évidemment, il y aura d’autres très grandes marées d’ici là: les coefficients 115 sont relativement fréquents et ne donnent pas de marnages significativement différents de ceux d’un coefficient 120.
L’extrait de l’annuaire des marées que l’on peut consulter en cliquant ici montre des marées plus importantes en 2012 qu’en 2013. Mais le coefficient de la marée n’est qu’un facteur parmi plusieurs qui déterminent le risque de submersion. Tous les effets météorologiques peuvent influencer la marée. Ainsi, un vent local peut contrarier ou renforcer l’effet de la marée en un lieu. En outre, il est courant de voir une dépression entraîner un effet de surcote et un anticyclone provoquer un effet de décote. Il est clair que de tels effets sont imprévisibles à long terme – voire à court terme!

Conclusion: le risque de submersion marine est constant; il s’aggrave par grande marée, mais aussi par temps de tempête et de dépression atmosphérique; il est essentiellement imprévisible, même si on peut prévoir que l’île en est menacée un jour ou l’autre.

Pour une documentation détaillée sur le phénomène des marées, voir le site internet de la SHOM (Service Hydrographique et Océanographique de la Marine) et le site de marées.fr.

Notre dossier « Catastrophes » présente le problème de façon très complète, en particulier l’étude du cas de la surcote en 1999 (p.11). Les cartes d’aléas de submersion marine préparée pour la DDE en 2002 (que l’on peut télécharger à partir de notre article en cliquant ici) donnent une idée assez précise des zones à risque sur le territoire de l’île.

Une réflexion au sujet de « Les grandes marées de 2012 et 2013 »

  1. Bonjour,

    Auteur de l’article en question, je me permets de réagir suite à votre réaction que je trouve, il est vrai, légitime.
    Tout d’abord, le terme de « titre racoleur » me semble un peu fort : notre objectif n’a jamais été « d’attirer le lecteur par des moyens malhonnêtes », juste de donner une information, et d’expliquer une situation.
    Car le risque de submersion est bien présent, et vous avez raison, le danger ne se limite pas à 2013.
    Alors pourquoi 2013 ? Pour répondre à votre question, nous avons retenu cette date tout simplement car c’est celle qui a été évoquée en conseil communautaire, par un élu. Lors de cette réunion, les inquiétudes et les interrogations de cet élu portaient bel et bien sur l’année 2013 (bien qu’il soit passé plus inapperçu, un article est également passé dans Ouest-France, et il faisait lui aussi référence à cette même année 2013). Alors pourquoi 2013 ? Lorsque nous avons posé la question, on nous a juste parlé de fortes marées, liées à une équinoxe, qui présentaient un risque plus conséquent. Maintenant, le véritable risque que nous avons voulu mettre en avant est le suivant : si Noirmoutier est rodée en matière de défense contre la mer, la vrai difficulté réside dans les limites que peut poser une réduction des aides de l’état…
    Mais je suis conscient que de nombreuses interrogations restent en suspens, et que nous aurons l’occasion d’y revenir pour apporter des précisions. Je suis aussi conscient que 12sur12 est un interlocuteur non négligeable, avec qui j’espère pouvoir échanger à ce sujet.
    Bonne continuation à vous…

  2. je viens de decouvrir cet article.
    pourquoi 2012/2013 ? alors que les prochaines marées d’importance sont en 2010, les 2 Mars et 10 septembre (116), puis en 2011, les 21 mars (118) et 28 septembre (116)
    et la grande marée de 119 le 21 mars 2015 avec un niveau max de 5m80
    l’ecart entre une marée de 116 et 119 est d’environ 10 cm. ce qui n’est pas significatif
    Par contre une dépression et du mauvais temps peuvent apporter une surcote de 50cm, bien plus risquée
    ainsi des l’année prochaine, on aura une idée
    mais bon ce n’est pas la premiere fois qu’il y a des marées de cette importance. alors pas de panique !

  3. Ce n’est pas parce qu’un élu communautaire se permet de raconter des inepties qu’il faut les retranscrire, un peu de sérieux s’il vous plait ! Résultat des courses, nous nous retrouvons en PPRI. Merci beaucoup à l’élu de l’Epine, il devait être fatigué ce jour là. J’arrête là car la moutarde me monte au nez.

  4. Moi aussi la moutarde me monte au nez pour répondre à Coco85. Quand on parle d’un sujet, au moins on essaye de connaître le dossier. Les articles sur 2013 sont sortis en août 2008 (suite au conseil communautaire de juillet), les permis de construire bloqués et la mise en oeuvre du PPRI ont été décidés par le préfet en juin, des documents relatifs à la commune de La Guérinière sont même précisément datés du 4 juin 2008. Je ne pense pas que le préfet soit doué de voyance, et puisse donc prendre des décisions par rapport à des choses qui seront dites un mois plus tard : vous est-il venu à l’esprit que le PPRI ait pu être décidé bien avant, indépendamment de « l’affaire 2013 » ?… je ne vois pas en quoi les articles ont eu une influence sur le PPRI.
    Autre chose : petite leçon de lecture, quand on ouvre les guillemets dans un article, c’est que les paroles engagent la personne. De plus, j’ose croire qu’on est encore en démocratie et que tout à chacun à le droit de s’exprimer, d’émettre un avis comme l’a fait l’élu de l’épine… quand seule une élite (c’est à dire scientifique, politique… ) a seulement le droit de parole dans un journal cela s’appelle de la dictature ! Voilà, j’epsère avoit éclairé votre lanterne.
    Catherine Raimbaud, correspondante à l’époque des faits pour Ouest-France et aujourd’hui pour le courrier vendéen… mais au-delà d’être correspondante, c’est surtout l’image d’une profession que je défend ! vouloir jeter le discrédit est facile ! Mais posez vous cette simple question : quand demain les correspondants se lasseront de tels attaques, qui vous informera ? De plus en plus, les journaux décident de travailler avec les collectivités via leur service de communication qui mettent les écrits en ligne, pour certaines publications (ça n’est heureusement pas encore le cas de l’hebdo), comme cela se fait déjà pour les infos services…
    Certes, si c’était la collectivité qui avait directement communiqué on n’aurait pas du tout entendu parler de cette affaire de 2013, ni d’une pancarte illégale à l’entrée de la ville de Noirmoutier, ni des élus de l’épine qui règlent leur compte en conseil, ni de la facture d’eau qui grimpe … la liste est longue. Un proverbe chinois résume la situation : « Quand le maître montre la lune, l’idiot ne voit que le doigt ».

  5. La « moutarde journalistique » de Catherine Raimbaud m’avait échappée. Bravo pour son courage. Il faut remettre les choses en place. Il faut dire et redire tout ce que nos élus taisent ou omettent. Les journalistes ont une tribune et lorsque leur rédaction les laisse libres c’est à dire sans « langue de bois » pour ne pas déplaire aux roitelets en place, leurs comptes rendus sont honnêtes et dignes de l’intérêt des lecteurs. Bravo encore pour ne pas céder aux pressions Catherine Raimbaud mérite notre estime.

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