{"id":1091,"date":"2004-06-04T14:10:40","date_gmt":"2004-06-04T12:10:40","guid":{"rendered":"http:\/\/www.12sur12.org\/2004\/06\/04\/le-gois\/"},"modified":"2019-04-04T17:24:50","modified_gmt":"2019-04-04T15:24:50","slug":"le-gois","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.12sur12.org\/?p=1091","title":{"rendered":"Le Gois"},"content":{"rendered":"<p>Article du Bulletin N\u00b0 39<\/p>\n<p><strong>Le Gois : L\u2018Histoire<\/strong><\/p>\n<p>On ne sait plus depuis quand le lent exhaussement des fonds marins de la Baie de Bourgneuf a permis le passage \u00e0 basse mer de l\u2019\u00eele de Noirmoutier au continent.<br \/>\nEn 843, les Chroniques de Saint Brieuc mentionnent que des captifs, d\u00e9tenus sur l\u2019\u00eele alors occup\u00e9e par les Normands, pour s\u2019\u00e9chapper, se sauv\u00e8rent de l\u2019\u00eele d\u2019Her, la mer s\u2019\u00e9tant retir\u00e9e.<br \/>\nMais c\u2019est seulement vers 1700 que les cartes et m\u00e9moires militaires mentionnent une route \u00ab qu\u2019empruntent les gens de pied qui traversent de l\u2019isle de Noirmoustier \u00e0 la terre ferme du Bas Poitou quand la mer est basse \u00bb.<br \/>\nEn 1788 on lit : \u00ab ce chemin est indiqu\u00e9 par des poteaux tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9s, plant\u00e9s \u00e0 cet effet, de distance en distance. Ces poteaux sont garnis de b\u00e2tons et surmont\u00e9s d\u2019une esp\u00e8ce de barrique pour servir d\u2019\u00e9chelle et retirer des personnes qui, dans ce trajet, seraient surprises par l\u2019arriv\u00e9e de la mar\u00e9e \u00bb. Il y avait 18 balises refuges.<br \/>\nEn 1830, le passage du Gois est devenu \u00ab Chemin de grande communication n\u00b0 5 \u00bb. Vers 1850, il \u00e9tait jalonn\u00e9 par des piquets de bois et 9 grandes balises refuges.<br \/>\nLa chauss\u00e9e fut recouverte de macadam en 1872.<\/p>\n<p><strong> L\u2019\u00e9poque moderne :<\/strong><\/p>\n<p>En 1932 le Gois devient route nationale, la RIB 148.<br \/>\nDe 1932 \u00e0 1935, on \u00e9largit et on pave le Gois, dont la chauss\u00e9e \u00e9tait tr\u00e8s d\u00e9t\u00e9rior\u00e9e. Des pav\u00e9s carr\u00e9s de 40 cm de c\u00f4t\u00e9 et de 12 cm d\u2019\u00e9paisseur sont pos\u00e9s. Les pav\u00e9s sont pos\u00e9s en diagonale sur un fond de sable convenablement pr\u00e9par\u00e9. Les dalles de rive sont triangulaires, elles sont bloqu\u00e9es sur les bords de la chauss\u00e9e par des palplanches, pieux en bois battus (enfonc\u00e9s en frappant sur leur t\u00eate) dans le sable de chaque c\u00f4t\u00e9 de l\u2019ouvrage. Les joints, d\u2019une largeur de 12 \u00e0 15mm, sont remplis de brai.<br \/>\nDepuis, de nombreux essais de rev\u00eatement, peu concluants, ont \u00e9t\u00e9 tent\u00e9s (enrob\u00e9 \u00e0 froid, \u00e0 chaud, enduit, bicouche). Par exemple en 1981 : cette ann\u00e9e l\u00e0, de grandes dalles de b\u00e9ton de 9 m\u00b2 sont pos\u00e9es sur une longueur de 500 m. Cette r\u00e9fection \u00e9tait mal \u00e9tudi\u00e9e : on n\u2019avait pas jug\u00e9 utile de reprendre les rives de la chauss\u00e9e, on s\u2019aper\u00e7ut rapidement que c\u2019\u00e9tait une erreur car des tassements irr\u00e9guliers apparurent rapidement.<br \/>\n\u00c0 la suite du d\u00e9labrement acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 de la chauss\u00e9e, rafistol\u00e9e avec des rustines de goudron qui se disloquaient par plaques et venaient joncher l\u2019estran, une nouvelle exp\u00e9rimentation est faite sur une vingtaine de m\u00e8tres en 1992.<br \/>\nLes travaux ont lieu en hiver, la p\u00e9riode la plus d\u00e9favorable, et \u00e0 l\u2019endroit o\u00f9 le courant est le plus fort (c\u00f4t\u00e9 Barb\u00e2tre, \u00e0 600 m de l\u2019\u00eele). Des palplanches m\u00e9talliques sont battues de chaque c\u00f4t\u00e9 et recouvertes d\u2019une poutre en b\u00e9ton de 80 cm de large afin d\u2019 \u00e9viter le descellement des pav\u00e9s par les p\u00eacheurs \u00e0 pied et d\u2019emp\u00eacher les animaux marins de miner le sous-sol. Des pav\u00e9s de 40 cm de c\u00f4t\u00e9, 12 cm d\u2019\u00e9paisseur sont pos\u00e9s en diagonale et sans joint. Leur face inf\u00e9rieure a une loupe concave qui produit un effet de ventouse (comme pour les corps-morts). Ces pav\u00e9s, d\u2019un poids raisonnable (43 kg), permettent des r\u00e9parations sans interventions lourdes. L\u2019effet ventouse, entre autres avantages, permet de supprimer les joints (173 km de joints ! ) et de r\u00e9aliser une \u00e9conomie appr\u00e9ciable.<br \/>\nPar ailleurs, notons que c\u2019est en 2002 que se sont impos\u00e9es dans le site les hautes silhouettes controvers\u00e9es des \u00e9oliennes de Bouin.<\/p>\n<p><strong> L\u2019avenir :<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019estimation des travaux ex\u00e9cut\u00e9s dans les conditions de l\u2019exp\u00e9rimentation de 1992 se montait \u00e0 43 MF, la r\u00e9alisation s\u2019\u00e9tendrait sur deux \u00e0 trois exercices budg\u00e9taires. On comprend ais\u00e9ment qu\u2019un tel budget n\u2019est pas du niveau d\u00e9partemental et qu\u2019il n\u2019est pas possible de l\u2019envisager sans l\u2019aide de l\u2019Etat.<br \/>\nLe classement du site, premier pas vers la distinction de Grand Site National, serait la seule fa\u00e7on d\u2019obtenir un financement d\u2019\u00c9tat.<\/p>\n<p><strong> Le Gois : Le classement<\/strong><\/p>\n<p>Les p\u00e9rim\u00e8tres \u00e0 classer propos\u00e9s reposent sur la notion de perception visuelle et de pr\u00e9servation du paysage.<\/p>\n<ol>\n<li>Le site class\u00e9 lui-m\u00eame : c\u2019est le \u201cnoyau dur\u201d de la protection, il comprend une bande d\u2019estran de 800m de large de chaque c\u00f4t\u00e9 de la chauss\u00e9e et les abords terrestres du Gois (entr\u00e9es du Gois, polder de S\u00e9bastopol et \u00eele de la Crosni\u00e8re).<\/li>\n<li>Le site inscrit : de protection beaucoup plus l\u00e9g\u00e8re, il permettra de contr\u00f4ler les projets pouvant toucher les abords du noyau dur d\u00e9fini ci-dessus.<\/li>\n<\/ol>\n<p>Dans la plus grande partie du site, compte tenu de la proximit\u00e9 du rivage, les possibilit\u00e9s d\u2019am\u00e9nagement et de construction sont d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 particuli\u00e8rement limit\u00e9es, voire impossibles. (Articles L. 146-2, L. 146-4-II et R. 146-2 du Code de l\u2019urbanisme).<\/p>\n<p><strong><em>Classement ? Inscription ?<\/em><\/strong><br \/>\nLa loi de 2 mai 1930 sur la protection des monuments naturels et des sites de caract\u00e8re artistique, historique, scientifique, l\u00e9gendaire ou pittoresque a institu\u00e9 une protection gradu\u00e9e selon l\u2019int\u00e9r\u00eat des monuments naturels et des sites.<br \/>\nLe premier niveau de protection est l\u2019inscription des monuments et des sites dont la conservation ou la pr\u00e9servation pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral.<br \/>\nLe second niveau, plus contraignant est le classement.<\/p>\n<p><em>Int\u00e9r\u00eat du classement et de l\u2019inscription : <\/em>le classement et l\u2019inscription auront pour but la conservation et la pr\u00e9servation de ce site d\u2019int\u00e9r\u00eat pittoresque, historique, scientifique et l\u00e9gendaire. Ils auront aussi des effets induits pour les communes de Noirmoutier et du continent :<\/p>\n<ul>\n<li> ils permettent une meilleure <strong>pr\u00e9servation du littoral<\/strong>,<\/li>\n<li>ils permettent de pr\u00e9tendre \u00e0 des <strong>financements sp\u00e9cifiques<\/strong> \u201cop\u00e9ration grands sites nationaux\u201d destin\u00e9s \u00e0 am\u00e9liorer l\u2019int\u00e9gration des am\u00e9nagements et pallier les effets de la fr\u00e9quentation,<\/li>\n<li>ils constituent un <strong>vecteur de notori\u00e9t\u00e9 et d\u2019image<\/strong> pour les communes concern\u00e9es,<\/li>\n<li>ils autorisent des <strong>retomb\u00e9es \u00e9conomiques<\/strong> pour les communes \u00e0 travers le d\u00e9veloppement d\u2019un tourisme de d\u00e9couverte, l\u2019objectif \u00e9tant de capter les flux touristiques sans n\u00e9cessairement les fixer sur le site prot\u00e9g\u00e9.<\/li>\n<\/ul>\n<p><em>Contraintes de l\u2019inscription :<\/em> l\u2019inscription est en elle m\u00eame une protection \u201cl\u00e9g\u00e8re\u201d qui conduit essentiellement \u00e0 une obligation de d\u00e9clarer les travaux et am\u00e9nagements non li\u00e9s \u00e0 l\u2019exploitation et \u00e0 l\u2019entretien normal des fonds ruraux. L\u2019inscription n\u2019a pas de pouvoir de r\u00e9glementer les activit\u00e9s \u00e9conomiques.<\/p>\n<p><em>Contraintes du classement:<\/em> les activit\u00e9s \u00e9conomiques au sein du p\u00e9rim\u00e8tre d\u2019un site class\u00e9 ne sont affect\u00e9es par le classement que si leur exercice ou leur d\u00e9veloppement n\u00e9cessitent la r\u00e9alisation de travaux de nature \u00e0 d\u00e9truire ou \u00e0 modifier l\u2019\u00e9tat ou l\u2019aspect des lieux. Dans ce cas il faut une autorisation de l\u2019\u00c9tat.<br \/>\nLe classement du site n\u2019a pas d\u2019incidence sur la r\u00e9glementation des activit\u00e9s \u00e9conomiques elles m\u00eames.<\/p>\n<p>Un d\u00e9cret tout r\u00e9cent le D\u00e9cret n\u00b0 2004-310 du 29 mars 2004, Article 2, a bien pr\u00e9cis\u00e9 les modalit\u00e9s d\u2019implantations sur les sites class\u00e9s :<br \/>\nL&rsquo;article R. 146-2 du code de l&rsquo;urbanisme est remplac\u00e9 par les dispositions suivantes :<\/p>\n<p>\u00ab Art. *R. 146-2. &#8211; En application du deuxi\u00e8me alin\u00e9a de l&rsquo;article L. 146-6, peuvent \u00eatre implant\u00e9s dans les espaces et milieux mentionn\u00e9s \u00e0 cet article, apr\u00e8s enqu\u00eate publique dans les cas pr\u00e9vus par le d\u00e9cret n\u00b0 85-453 du 23 avril 1985, les am\u00e9nagements l\u00e9gers suivants, \u00e0 condition que leur localisation et leur aspect ne d\u00e9naturent pas le caract\u00e8re des sites, ne compromettent pas leur qualit\u00e9 architecturale et paysag\u00e8re et ne portent pas atteinte \u00e0 la pr\u00e9servation des milieux :<br \/>\na) Lorsqu&rsquo;ils sont n\u00e9cessaires \u00e0 la gestion ou \u00e0 l&rsquo;ouverture au public de ces espaces ou milieux, les cheminements pi\u00e9tonniers et cyclables et les sentes \u00e9questres ni ciment\u00e9s, ni bitum\u00e9s, les objets mobiliers destin\u00e9s \u00e0 l&rsquo;accueil ou \u00e0 l&rsquo;information du public, les postes d&rsquo;observation de la faune ainsi que les \u00e9quipements d\u00e9montables li\u00e9s \u00e0 l&rsquo;hygi\u00e8ne et \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 tels que les sanitaires et les postes de secours lorsque leur localisation dans ces espaces est rendue indispensable par l&rsquo;importance de la fr\u00e9quentation du public ;<br \/>\nb) Les aires de stationnement indispensables \u00e0 la ma\u00eetrise de la fr\u00e9quentation automobile et \u00e0 la pr\u00e9vention de la d\u00e9gradation de ces espaces par la r\u00e9sorption du stationnement irr\u00e9gulier, sans qu&rsquo;il en r\u00e9sulte un accroissement des capacit\u00e9s effectives de stationnement, \u00e0 condition que ces aires ne soient ni ciment\u00e9es ni bitum\u00e9es et qu&rsquo;aucune autre implantation ne soit possible ;<br \/>\nc) La r\u00e9fection des b\u00e2timents existants et l&rsquo;extension limit\u00e9e des b\u00e2timents et installations n\u00e9cessaires \u00e0 l&rsquo;exercice d&rsquo;activit\u00e9s \u00e9conomiques ;<br \/>\nd) A l&rsquo;exclusion de toute forme d&rsquo;h\u00e9bergement et \u00e0 condition qu&rsquo;ils soient en harmonie avec le site et les constructions existantes :<\/p>\n<ul>\n<li> les am\u00e9nagements n\u00e9cessaires \u00e0 l&rsquo;exercice des activit\u00e9s agricoles, pastorales et foresti\u00e8res ne cr\u00e9ant pas plus de 50 m\u00e8tres carr\u00e9s de surface de plancher ;<\/li>\n<li>dans les zones de p\u00eache, de cultures marines ou lacustres, de conchyliculture, de saliculture et d&rsquo;\u00e9levage d&rsquo;ovins de pr\u00e9s sal\u00e9s, les constructions et am\u00e9nagements exigeant la proximit\u00e9 imm\u00e9diate de l&rsquo;eau li\u00e9s aux activit\u00e9s traditionnellement implant\u00e9es dans ces zones, \u00e0 la condition que leur localisation soit rendue indispensable par des n\u00e9cessit\u00e9s techniques.<\/li>\n<\/ul>\n<p>e) Les am\u00e9nagements n\u00e9cessaires \u00e0 la gestion et \u00e0 la remise en \u00e9tat d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments de patrimoine b\u00e2ti reconnus par un classement au titre de la loi du 31 d\u00e9cembre 1913 ou localis\u00e9s dans un site inscrit ou class\u00e9 au titre des articles L. 341-1 et L. 341-2 du code de l&rsquo;environnement.<br \/>\nLes am\u00e9nagements mentionn\u00e9s aux a, b et d du pr\u00e9sent article doivent \u00eatre con\u00e7us de mani\u00e8re \u00e0 permettre un retour du site \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat naturel. \u00bb<\/p>\n<p>L\u2019ignorance de ces textes induit des inqui\u00e9tudes vis-\u00e0-vis de la proc\u00e9dure de classement. Il est s\u00fbr que certains projets pharaoniques comme la construction d\u2019une tour de verre \u00e0 l\u2019entr\u00e9e du Gois ou l\u2019installation d\u2019un faisceau laser qui devait relier l\u2019\u00eele au continent seront maintenant bloqu\u00e9s. Mais, les paysans, les ostr\u00e9iculteurs, les h\u00f4teliers, etc., pourront continuer \u00e0 travailler, ils pourront r\u00e9parer leurs installations et les agrandir dans certaines limites.<\/p>\n<p><strong>Les actions de Vivre l\u2019\u00eele 12 sur 12<\/strong><\/p>\n<p>D\u00e8s 1998 nous alertions Dominique Voynet, ministre de l\u2019Environnement, au sujet des menaces qui se pr\u00e9cisaient contre les sites du Gois et de ses abords (les polders de l\u2019\u00eele et du continent). Nous demandions que pour pr\u00e9server cet ensemble unique une proc\u00e9dure de classement soit entam\u00e9e.<br \/>\nLe 14 d\u00e9cembre 1998, nous \u00e9tions longuement re\u00e7us \u00e0 Matignon par le Conseiller du Premier Ministre en mati\u00e8re d\u2019environnement. Nous avions ainsi l\u2019occasion de lui pr\u00e9senter en d\u00e9tail un dossier de classement du Gois et de ses abords. Le dossier \u00e9tait pr\u00e9par\u00e9 avec l\u2019Association pour la sauvegarde et la valorisation du pays de Gois, qui r\u00e9unit des habitants de Beauvoir soucieux de l\u2019environnement. Nous insistions sur l\u2019urgence de l\u2019op\u00e9ration : le classement permettait de geler d\u00e9finitivement les menaces qui planaient alors sur le polder de S\u00e9bastopol.<br \/>\nNous poursuivions sans rel\u00e2che notre harc\u00e8lement administratif et enfin, le 10 d\u00e9cembre 1999, l\u2019association Vivre l\u2019\u00eele 12 sur 12 participait \u00e0 une r\u00e9union de travail au cours de laquelle la Direction R\u00e9gionale de l\u2019Environnement des Pays de la Loire et la Pr\u00e9fecture de la Vend\u00e9e, apr\u00e8s avoir mis en \u00e9vidence les caract\u00e8res historique, scientifique, l\u00e9gendaire et pittoresque du site du Gois, lan\u00e7aient la proc\u00e9dure de classement du site du Gois. Ce classement devait \u00eatre une \u00e9tape vers la distinction tout \u00e0 fait justifi\u00e9e de Grand Site National.<br \/>\nUn Comit\u00e9 de pilotage auquel nous participions \u00e9tait mis en place, il permettait d\u2019informer les \u00e9lus et les diff\u00e9rents acteurs de cette op\u00e9ration et devait aboutir, en concertation, \u00e0 un projet de classement.<br \/>\n\u00c0 la suite de ces travaux, le Conseil g\u00e9n\u00e9ral de la Vend\u00e9e demandait au bureau d\u2019\u00e9tudes SCE un \u00ab rapport final sur l\u2019\u00e9tude pr\u00e9alable au classement du site du Gois et de ses abords \u00bb. L\u2019association Vivre l\u2019\u00eele 12 sur 12, par lettre du 19 juin 2002, faisait parvenir ses remarques \u00e0 Monsieur le Pr\u00e9fet et \u00e0 Monsieur le Pr\u00e9sident du Conseil G\u00e9n\u00e9ral.<br \/>\nEntre temps les repr\u00e9sentants de l\u2019\u00c9tat, Pr\u00e9fet et Sous-Pr\u00e9fet, changeaient ; les politiques reprenaient toutes leurs d\u00e9testables habitudes client\u00e9listes.<\/p>\n<p>Le 29 novembre 2002, nous \u00e9tions convoqu\u00e9s \u00e0 une r\u00e9union pendant laquelle la SCE devait pr\u00e9senter et commenter son \u00e9tude. Las, en moins d\u2019une heure le projet, amalgam\u00e9 \u00e0 Natura 2000 et au sch\u00e9ma routier Nord-Vend\u00e9e (non pr\u00e9vus \u00e0 l\u2019ordre du jour), vigoureusement attaqu\u00e9 par les \u00e9lus et des agriculteurs noirmoutrins et Belverins fut d\u00e9mantel\u00e9.<\/p>\n<p>Un projet de classement minimum, r\u00e9duit \u00e0 la chauss\u00e9e et \u00e0 l\u2019estran, fut d\u00e9cid\u00e9 autoritairement. La d\u00e9cision prise ne correspondait plus aux crit\u00e8res de la Loi de 1930, la Loi littoral \u00e9tait encore bafou\u00e9e (cr\u00e9ation de parking dans les 100m). Nous nous retrouvions face \u00e0 un projet caricatural qui ne servirait qu\u2019\u00e0 drainer quelques subventions pour r\u00e9parer le macadam.<\/p>\n<p><em><strong>Nous ne soutiendrons pas un tel projet.<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Les membres du comit\u00e9 de pilotage n\u2019\u00e9taient pas tous l\u00e0, il n\u2019y avait pas de fiche de pr\u00e9sence, il n\u2019y avait pas de secr\u00e9tariat de r\u00e9union. Il n\u2019y eut m\u00eame pas de compte rendu de cette lamentable r\u00e9union.<br \/>\nPendant ce temps, apr\u00e8s les temp\u00eates de l\u2019hiver 2003\/04 qui, comme d\u2019habitude avaient endommag\u00e9 la chauss\u00e9e, des fonctionnaires locaux, forts de l\u2019indiff\u00e9rence de leur hi\u00e9rarchie, sans \u00e9tude d\u2019impact pr\u00e9alable, accomplissaient des travaux qui malmenaient une fois de plus le site.<br \/>\nIl fallait recommencer et, une fois de plus, relancer !<\/p>\n<p>Devant l\u2019escamotage de ce projet de protection et de valorisation d\u2019un des plus beaux sites de France nous faisions part de notre vive d\u00e9ception au Pr\u00e9fet de la Vend\u00e9e et, \u00e0 notre demande, nous \u00e9tions re\u00e7us au cabinet du ministre de l\u2019\u00c9cologie et du d\u00e9veloppement durable. Une inspection minist\u00e9rielle \u00e9tait promise, elle devait rencontrer les acteurs de cette tragique farce.<\/p>\n<p>Nous avons rencontr\u00e9 l\u2019Inspecteur g\u00e9n\u00e9ral charg\u00e9 de rapport \u00e0 la Commission des Sites en mai 2004 ; nous avons \u00e9crit au Pr\u00e9sident du Conseil G\u00e9n\u00e9ral pour rappeler les devoirs de nos \u00e9lus en ce qui concerne la protection du patrimoine ; le Pr\u00e9sident de la R\u00e9gion a lui aussi re\u00e7u notre appel ; nous attendons les r\u00e9ponses de ces hommes politiques en charge de notre territoire.<\/p>\n<p>Pendant ce temps, comme lors de l\u2019hiver 2002\/03, des initiatives locales incontr\u00f4l\u00e9es vont \u00eatre prises sur le site :<\/p>\n<ul>\n<li> dans l\u2019\u00eele, un parking situ\u00e9 \u00e0 la limite du domaine public maritime est en train d\u2019\u00eatre am\u00e9nag\u00e9 sans plus de proc\u00e8s dans les 100m du bord de mer, un restaurant en ruine vient d\u2019\u00eatre vendu pour \u00eatre remis en service,<\/li>\n<li>sur le continent, des \u00e9tablissements sont agrandis ; le POS de Beauvoir est modifi\u00e9.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Bient\u00f4t, pour une raison quelconque, on va s\u2019apercevoir qu\u2019il faut, en urgence, effectuer des travaux.<br \/>\nTout semble fait pour qu\u2019un site prestigieux, \u00e9ligible \u00e0 la distinction de Grand Site National, se banalise rapidement afin de pouvoir \u00eatre commercialis\u00e9 sans limite.<br \/>\nMalgr\u00e9 les menaces, inlassablement nous continuerons, cet \u00e9t\u00e9 nous diffuserons sur l\u2019\u00eele de Noirmoutier un document rappelant \u00e0 tous les r\u00e9sidents la chance que nous avons d\u2019\u00eatre les d\u00e9positaires d\u2019un site unique dans le monde.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Article du Bulletin N\u00b0 39 Le Gois : L\u2018Histoire On ne sait plus depuis quand le lent exhaussement des fonds marins de la Baie de Bourgneuf a permis le passage \u00e0 basse mer de l\u2019\u00eele de Noirmoutier au continent. 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