Une réflexion au sujet de « Lamentable fait divers »

  1. Tentative de hold-up sur la démocratie à Noirmoutier :

    Les futures élections municipales prises en otage

    “SI TU TE PRÉSENTES, ON TE TUE”

    Acte d’un extrémiste isolé ? d’une organisation insulaire de type mafieux ? Au delà du fait divers, les implications de cet évènement sur la vie politique locale peuvent être majeures.

    Cette lettre de menace, dans sa simplicité et sa brièveté militaire est d’une lâche et sinsitre éloquence. En effet, elle dit beaucoup sur son auteur, sur son appartenance sociale, culturelle, politique.

    Malade d’un complexe de la toute puissance, elle veut d’évidence inspirer la peur, mais se démasque elle-même comme un aveu d’ impuissance devant la volonté collective. Elle est dictée par la peur qu’un citoyen, et pas n’importe lequel, se présente aux suffrages. Elle sous-entend à la fois que celui qu’on cherche à intimider a de fortes chances d’être élu et qu’on le prive, et avec lui tous ses électeurs potentiels, de ses droits de citoyen.

    Si certains cherchent actuellement à dénier ou à minimiser cet évènement qui diminue objectivement la possibilité de démocratie dans l’île, ils se trompent lourdement.

    Depuis le basculement de la majorité intercommunale de l’île successivement lors des élections municipales de 1995 et 2001, c’est tout un système féodal de non-droit, de soumission au clientélisme politique, au fait du prince, qui a été progressivement démantelé et remplacé par une culture politique plus démocratique portée par la majorité communautaire actuelle.

    Mais cette évolution politique s’est accompagnée, et ce n’est pas un hasard, d’une évolution sociologique de la population de l’île qui a vu décroître peu à peu la part des “natifs” face à celle des résidents d’origine continentale. Cette évolution a sans doute accéléré un trouble, voire une maladie identitaire chez tous ceux qui ont fait de l’insularisme sectaire un fonds de commerce politique.

    L’acharnement judiciaire extraordinaire, aux frais du contribuable, la stratégie d’obstruction stérilisante pour le débat public, dont la majorité communautaire actuelle a fait l’objet, montre à quel point perdre le pouvoir était à ce point impensable pour certains que tous les moyens, y compris les pires, justifiaient sa reconquête. Cette rage obsessionnelle du pouvoir s’est nourrie de la frustration insulariste de sa clientèle qu’elle a soigneusement entretenu.

    Voilà pourquoi depuis 2001, l’actualité provoquée par l’opposition politique insulaire est une litanie de proçès inutiles et coûteux, de querelles stériles, de confusions artificiellement créées dans le seul dessein, pour l’instant manqué, d’empêcher l’évolution normale vers une gouvernance démocratique.

    C’est dire à quel point l’île est malade depuis de longues années d’une maladie identitaire ancienne servant de creuset stérilisant au débat politique actuel.

    Le « on te tue » de la lettre de menaces n’est pas seulement trop lâche pour dire “je te tue” , il fait appel à une tribu, un groupe d’appartenance.
    Cette lettre aurait ainsi pu être envoyée vers d’autres candidats non insulaires, mais si c’est celui-là qui est visé, c’est parce qu’il est président de la communauté de la Commune sortant, c’est que dans l’action menée sous sa présidence, et peut-être plus particulièrement dans l’action récente, certains intérêts importants ont pu être concernés.

    Tous les citoyens de l’île doivent souhaiter que le Procureur de la République ait à coeur de diligenter une enquête très approfondie pour identifier et juger ce lamentable corbeau qui achève d’ empoisonner un climat politique déjà délétère.

    Quoiqu’il en soit travers cet acte terroriste visant un homme, les électeurs de la commune de Noirmoutier, et plus largement, de l’île, doivent bien comprendre le message qui leur est adressé. La possession d’une arme à feu est plus efficace que plusieurs milliers de bulletins de vote, suffisant à les prendre en otages…

    Rêvons un peu! Dès lors la seule réponse pour l’ensemble des candidats concurrents ne voulant pas être les complices objectifs de cette tentative de pression pourrait être de se solidariser du destinataire de cette lettre pour signifier à tous les électeurs que ce hold-up sur la démocratie insulaire n’aura pas lieu.

    Mais peut-être que tout simplement les électeurs de l’île sauront se faire justice en reconduisant la majorité communautaire actuelle à l’occasion des prochaines élections municipales, cette lettre aboutissant à l’effet opposé à celui qui était recherché.

  2. Excellente analyse d’un deplorable fait divers noirmoutrin. Felicitations Monsieur Maquart.
    Le citoyen electeur saura t-il apprecier a sa juste valeur la pertinence de cet article courageux et eloquent,et agir en consequence le jour du vote?

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