Et si Noirmoutier redevenait une île ?

pointe de la Fosse, 1980 (vue aérienne)

Ci-dessus, une photo aérienne de la Pointe de la Fosse, prise en 1980. Malgré la mauvaise qualité de cette photo, on distingue assez bien la piste des ostréiculteurs, et on voit que le trait de côte atteint la deuxième pile du pont.

Vivre l’île 12 sur 12 a récemment réalisé un état des lieux sur cet endroit, que nous avons adressé à la mairie de Barbâtre, à la Communauté de communes, au Préfet et au sous-Préfet. Vous pourrez également le lire en cliquant ici.

Les nombreuses photos de notre état des lieux montrent l’érosion continue à cet endroit, qui a pour effet la disparition de la piste des ostréiculteurs, et le déchaussage accéléré du caisson de soutènement de la deuxième pile du pont.

150 000 m³ de sable ont été prélevés en 2006-2007 à la pointe de la Fosse – où il y avait eu effectivement accrétion depuis 1832 – pour le rechargement des plages et dunes, amaigries pour diverses raisons anthropiques ou naturelles, à l’ouest et au nord de l’Ile.
Ces travaux mal étudiés qui ont dépassé les limites prévues sur la plage en largeur, en longueur et en volume, ont causé de graves perturbations, aux conséquences mal appréciées.
En effet, après seulement quelques années, le sable prélevé est largement disparu des plages et dunes qu’il était supposé avoir remis en ordre…
La pointe de la Fosse, dès lors amaigrie et affaiblie subit de plus en plus mal la violence des tempêtes. La houle remet les sédiments en suspension et les courants violents du goulet (jusqu’à 3 m/s) les transportent rapidement vers le delta sous-marin à l’ouest, provoquant des perturbations soudaines dans les immenses bancs de sable mobiles des deux côtés du chenal.
Ces bancs de sable créent un changement rapide et imprévisible du niveau des fonds et une mobilité dangereuse du chenal d’accès au port de Fromentine.
Une drague, coûteuse pour le Conseil Général, doit trop souvent être mise en oeuvre pour corriger la profondeur et le parcours d’une passe de plus en plus étroite et tortueuse, provoquant des problèmes de sécurité. On constate une diminution de la fréquence des rotations des navires vers l’Ile d’Yeu occasionnée par une profondeur d’eau insuffisante, dans la période de temps comprise entre 2h avant et 2h après la marée basse.
La grande mobilité des sables remis en suspension a permis un comblement partiel de la zone vers le nord, avant les récifs d’hermelles, obligeant le retrait des tables d’ostréiculteurs.
En dehors d’une étude récente du Professeur Verger, le fonctionnement de toute cette zone reste mal connu.

Notre état des lieux démontre le danger qui nous guette : le maintien d’une bonne assise du pont est un élément incontournable de la sécurité de l’île. Nous tirons donc la sonnette d’alarme. Notre dossier conclut :

Lorsque la baie nouvellement formée aura atteint son profil d’équilibre, il est probable que l’érosion diminuera, ou s’arrêtera peut-être pour un temps.
Mais cet équilibre saura-t-il se former avant que ne surgissent des problèmes autour du pont en voie de fragilisation ?
Une étude scientifique menée immédiatement, dans le but de résoudre les problèmes de la Pointe de la Fosse bien mis en évidence dans ce court dossier, nous semble indispensable.

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