Comment écarter le risque de submersion marine

La une du Canard Enchaîné cette semaine nous affriole, nous aguiche et nous allèche :

Canard Enchaîné 31/3/2010

Nous nous empressons d’acheter le Canard Enchaîné, et de consulter la page 3 : et, comme nous le présagions, notre conseiller général, Monsieur Jacques Oudin, figure parmi les « élus vendéens » dont il est question. L’article de la page 3 explique que la mise en place des plans de prévention des risques d’inondation a été constamment retardée un peu partout.

Selon l’article (qui a lui seul justifie, en termes de rapport qualité-prix, la dépense de €1.20 consacrée à l’achat du journal), le Sénateur Oudin  a écrit le 16 septembre 2004 (dix jours avant les élections qui ont fait de lui un ex-Sénateur) à la sous-préfète des Sables d’Olonne pour défendre l’autorisation d’occupation du domaine maritime pour le camping de la Faute sur Mer. « En expert patenté des zones inondables » nous dit le Canard Enchaîné, Monsieur Oudin affirme qu' »actuellement, le camping de la Faute sur Mer se trouve parfaitement protégé de toute menace de submersion marine » (camping dévasté par le passage de la tempête Xynthia le 28 février).

L’article du Canard Enchaîné est commenté dans le Télégramme de Brest, le Parisien, le Figaro, le Post, …

Interrogé à ce propos lors du journal de 19h de France-Inter du 31 mars 2010, Monsieur Oudin persiste et signe : d’après lui, un camping vide ne compte pas.

Voici un extrait de l’entretien:

Anne Jovet a joint Jacques Oudin. Question: regrette-t-il sa position de l’époque?

Jacques Oudin: « De quoi parlait l’article? Du camping de la Faute. Y a eu combien de victimes dans le camping de la Faute? Aucune. Pourquoi? Parce qu’il était inoccupé, parce que ce camping n’est ouvert que juillet/août. Et c’est ce qu’on souhaitait. C’était à l’époque en juillet/août qu’il soit ouvert alors que c’est pas la période des tempêtes et la période des grands dangers. Et les ouvrages de défense faits à l’époque pour cette époque paraissait satisfaisants sauf preuve du contraire. Donc il faut pas confondre les mois de juillet et d’août avec les mois de tempête. Les mois de tempête, c’est octobre, novembre, décembre, janvier, février. Voilà. »

Anne Jovet: « Aujourd’hui, si on vous refaisait une telle demande, est-ce que vous le referiez? »

Jacques Oudin: « Attendez madame, je viens de vous expliquer, je viens de vous expliquer que tout ça se passe dans des contextes. Dans un contexte où il faut évaluer un risque, où il faut évaluer les périodes, il faut évaluer l’usage des sols. Il n’y a pas de permis de construire sur ce camping, il s’agissait d’ouvrir un espace pour l’été. Bon et si on fermait toutes les zones basses l’été, je ne sais pas où le littoral irait. C’est à dire que vous iriez tous à la montagne et il n’y aurait personne sur le littoral. »

Donc, que ceux qui ne souhaitent pas s’exposer au risque de la submersion marine s’installent à la montagne! Il fallait y penser! Pour rappel, nous avons signalé sur ce blog il y a environ deux ans que neuf communes vendéennes sont classées par l’Etat à risque avec enjeu humain : celles du Marais Breton (Bouin, Beauvoir sur Mer et la Barre de Monts) et de l’île de Noirmoutier (Noirmoutier en l’île, La Guérinière, L’Epine et Barbâtre), ainsi que La Faute sur Mer et l’Aiguillon sur Mer.

4 réflexions au sujet de « Comment écarter le risque de submersion marine »

  1. Bonjour,

    Le problème n’est pas simple à régler… Faut il détruire les habitations en zone d’alea fort, c’est a dire raser la Guérinière (le village + le both) , la moitié de Noirmoutier, de Barbatre etc… Je ne suis pas sur que cela soit la solution… ou bien s’attaquer sérieusement aux plans de prévention , renforcement de digues, normes de construction (étages…) et aussi zones inconstructibles (plus beaucoup de terrains concernés…). On peut aussi songer à évacuer les zones d’Alea fort lors des rares évênements à risque (il existe bien des reseaux d’alerte inondation pour les rivières dans le sud de la France…)

  2. L’homme ordinaire commet des erreurs. L’élu, jamais !
    Est-ce si difficile, pour un homme politique, de reconnaître une fois, une seule fois, qu’il s’est trompé ?
    Voltaire disait déjà : « Il n’y a peut-être rien de si fou que de croire avoir toujours raison ».

    L’élocution embarrassée de Monsieur Oudin à France-Inter est suffisamment parlante – et cruelle – pour qu’il soit inutile d’en rajouter.

    Aurons-nous, un jour, à Noirmoutier, des hommes politiques assez courageux et dotés d’assez de morale pour faire de la vérité et du seul intérêt public le socle exclusif de leur action ?

  3. Monsieur Oudin devrait lire le dossier « catastrophes » de « 12 sur 12 » (que j’ai trouvé sur la page des documents de ce blog); il verrait qu’il y a eu pas mal d’événements climatiques graves entre les mois de mars et septembre, y compris au moins une fois une violente tempête en août (30 août 1992).

  4. Eh bien après avoir vu ce qui est arrivé au sud vendée et à la charente maritime, Noirmoutier a eu chaud que les digues aient tenu parce que sinon on pouvait raser la moitié de l’Ile…Evidemment, le drame humain qui s’est déroulé doit faire réfléchir mais la réaction de l’Etat semble disproportionnée, on préfère tout raser plutôt que de se défendre contre la mer et de gérer les alertes.

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