Les voeux de la Communauté de communes

C’est lundi soir, 26 janvier, que les voeux pour 2009 de la Communauté de communes ont été exprimés par son Président, Monsieur Noël Faucher.

La température à l’intérieur de la caserne des pompiers n’était pas élevée ; et le discours ne fut pas court. Mais malgré le froid et l’attrait du buffet que l’on ne pouvait attaquer qu’une fois l’allocution terminée, l’attention de l’assistance n’a pas flanché.

Des articles de presse reprendront l’essentiel des voeux de Monsieur Faucher ; nous ne retiendrons ici que quelques détails qui nous ont frappés.

Tout d’abord, nous avons été intrigués lorsqu’en présentant sa vision de l’avenir économique de l’île de Noirmoutier, Monsieur Faucher a cité les deux « équipements structurants » qui sont, selon lui, la piscine et l’Île aux Papillons. Il n’a pas jugé utile de partager sa définition du mot « structurant », expression qui nous a semblé pour le moins curieuse appliquée à l’Île aux Papillons.
En ce qui concerne cette dernière, le Président n’avait rien de particulier à signaler ; mais en ce qui concerne l’autre équipement structurant, à savoir la piscine, il a regretté qu’un contrat qui ne coûtait que €23000 par an à la collectivité, et qui rendait de réels services, ait été dénoncé par l’équipe précédente ; il a déploré le coût exhorbitant des procédures devant les tribunaux consécutives à cette affaire. Mais ce que Monsieur Faucher a oublié de préciser, c’est que le contrat en question – conclu non pas par l’équipe précédente, mais par le District sous la Présidence de Monsieur Oudin – était illégal, et que la Chambre Régionale des Comptes avait demandé sa résiliation.

C’est lorsqu’il a parlé du Plan de prévention des risques naturels prévisibles que Monsieur Faucher nous a le plus inquiétés. Pour lui, un plan qui tient compte des risques naturels afin d’imposer les précautions prudentes est basé sur une logique erronée. Le progrès humain, dit-il en substance, a toujours consisté à maîtriser la nature, non pas à composer avec elle ; nous n’avons pas à prévoir les risques naturels possibles afin d’éviter de nous y exposer ; nous devons faire en sorte qu’ils ne se réalisent pas. C’est ainsi que, plutôt que d’interdire la construction sur les terrains inondables, nous devons – si nous suivons la logique du Président de la Communauté de communes – empêcher les inondations de se produire.

Les Anglais connaissent bien l’histoire du Roi Canute, qui régnait sur le Danemark et l’Angleterre au début du 11ème siècle. Ce roi, chrétien pieux, se lassait des flagorneries de sa suite, qui l’encensait en l’assurant que sa puissance n’avait pas de limites.

King Canute

« Un certain jour, » nous dit la chronique, « il commanda que l’on plaçât son siège royal sur la grève à la marée montante. Il s’y assit, et les courtisans se tinrent autour. Et il s’adressa aux flots en ces termes : ‘Tu es mon sujet, et cette terre ferme sur laquelle j’ai fait placer mon siège est mienne ; si jamais personne eût osé refuser de m’obéir, il n’eût pas échappé à la punition. J’ordonne donc que tu n’avances pas plus loin sur mes terres, et que tu ne présumes pas de mouiller les vêtements et les membres de ton seigneur.’
Or la marée, qui montait comme d’habitude, ne respecta point le commandement du Roi ; mais au contraire, elle vint mouiller ses pieds et ses jambes. Alors le Roi Canute sauta de son siège et cria à haute voix : ‘Que désormais tous les hommes sachent que la puissance des rois est chose vaine, et que personne en vérité n’est digne de porter le nom de Roi que Celui qui commande la terre et la mer et tout ce qui s’y trouve, et dont les lois éternelles sont celles auxquelles tous doivent obéir.’ Et à partir de ce jour, le Roi Canute ne voulut plus porter la couronne. »

Le Roi Canute comprenait que l’homme ne commande pas à la nature. Peut-être avait-il connaissance de catastrophes et cataclysmes comparables à ceux qu’évoque notre dossier, distribué aux adhérents avec le N° 33 de notre bulletin d’informations, et dont la version mise à jour est disponible en format pdf en cliquant ici –  nous  en recommandons vivement la lecture à nos dirigeants locaux! Peut-être pourraient-ils aussi utilement regarder ce soir à TF1 ce téléfilm britannique : La Grande Inondation.

Nous avons cité, dans un billet récent, l’économiste John Maynard Keynes, qui disait: « À long terme, nous sommes tous morts. » Les hommes politiques du XXème siècle ont adopté le « court-termisme » ainsi exprimé, une approche que connaissaient déjà depuis belle lurette les Français grâce à la formule célèbre de Louis XV : « Après moi, le déluge! »

Mais nous sommes maintenant au XXIème siècle. Il est peut-être temps pour nos dirigeants de revenir mille ans en arrière, et de réapprendre l’humilité du bon Roi Canute. Sinon, on risque effectivement le déluge dans l’île de Noirmoutier, du fait d’une marée montante qui n’est pas à nos ordres.

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