Ouest France du 1er septembre 2016 : Propos d’Yves Auvinet

« On doit être conscients, nous, élus, que la mer peut l’emporter sur tout ce qu’on peut prévoir. »

A ces propos, emprunts d’humilité, d’Yves Auvinet, Président du Conseil Départemental (Ouest-France du 1er septembre 2016 « Défense contre la mer : où en est la Vendée ? ») nous ne pouvons qu’applaudir !

Le “plan digues” départemental

Le vendredi 23 septembre, les Conseillers Généraux de Vendée ont adopté à l’unanimité un vaste plan pour faire face aux risques de submersion marine.

Il s’agit de la déclinaison départementale du Plan des Submersions Rapides mis en place par l’État après Xynthia.

Le plan du Département s’articulera autour de trois aides proposées aux acteurs locaux :

  • d’abord une aide à la coordination, pour l’élaboration des Programmes d’Action de Prévention des Inondations (PAPI) et des Plans de Submersion rapide (PSR) ;
  • ensuite une aide technique et humaine, en proposant une cellule d’appui pour l’élaboration des dossiers ;
  • enfin, une aide financière, en subventionnant les études préliminaires.

À noter : le PAPI de Noirmoutier a été labellisé le 12 juillet dernier par la Commission mixte inondation. Cette labellisation conditionne l’obtention de financement à hauteur de 1,2 million d’euros. Le Président de la Communauté de communes de l’île de Noirmoutier représente l’Association Nationale des Élus du Littoral et de l’Association des Maires de France au sein de la Commission Mixte qui a labellisé le Programme.

Dans le Journal de Vendée N° 162 (octobre 2011), un court article sur le « plan digues » départemental.

Les lecteurs assidus de ce blog se rappelleront que nous avions proposé notre propre plan de survie dès 2009 (c’était le 1er avril – la date n’est pas anodine…)

Parc éolien : le Conseil Général veut bien

Selon un article de Ouest France en ligne daté d’aujourd’hui, le Conseil Général de Vendée vient d’adopter une résolution acceptant le projet de parc éolien entre les îles de Noirmoutier et Yeu.

Cette décision, adoptée par 27 voix (les élus du MPF, le parti de Philippe de Villiers, ainsi que Jacques Oudin s’étant abstenus), serait :

« encadrée […] de 5 conditions: D’abord des engagements fermes et écrits pour des retombées en matière d’emploi. Ensuite que l’Etat donne des garanties pour confirmer la non-réalisation des projets d’extractions de granulats marins dans ce secteur. Encore que le groupe WPD, porteur du projet, supprime une ligne de 12 éoliennes sur les 96 fleurs du vent prévues pour réduire l’impact visuel. Aussi que les opérateurs, désormais un consortium économique industriel et technique regroupant aussi Alstom et EDF Energies-Nouvelles, intègrent dans leur projet la prise en charge de l’alimentation électrique d’une future unité de dessalement d’eau de mer vendéenne et contribuent à des expérimentations sur les énergies renouvelables (propulsion électrique des bateaux par exemple). Enfin que l’Etat ne demande pas plus à la Vendée pour l’éolien terreste que l’objectif fixé à l’horizon 2020 d’une production de 230 mégawatts. »

Les contrats “environnement” littoraux

Le Conseil général de la Vendée propose des contrats environnement littoraux  aux communes de la côte vendéenne. Selon le Conseil général, ces contrats constituent : une force de frappe écologique unique en France, qui propose à chaque commune de dresser une liste exhaustive des points à améliorer, afin de mettre en oeuvre des solutions adaptées. Aménagement des milieux naturels, paysagement des aires de stationnement, réhabilitation des fronts de mer… Autant d’actions diverses et concrètes inscrites dans chaque contrat environnement littoral.

Quatre CEL ont été signés entre le département et les communes de l’ile de Noirmoutier. Le 10 mai, nous avons écrit au Président du Conseil général de la Vendée en ces termes:

Monsieur le Président,

Quatre « contrats  d’environnement littoral » (CEL) ont été signés entre le Département et les Communes de l’ile de Noirmoutier. Ceux-ci comprennent des actions financées par le Département en faveur de la préservation et la mise en valeur du littoral.

On ne peut que se féliciter de la prise en compte de l’environnement si sensible de l’île mais il est un peu étonnant que notre Association, agréée de défense de l’environnement depuis 1989, n’ait été ni informée, ni sollicitée par le Service environnement du Conseil Général, pas davantage par les élus.

Nous soutenons pleinement les actions qui permettent la mise en valeur des sites remarquables, la beauté de certains lieux….et qui peuvent recevoir à ce titre des subventions du Département. Cependant, nous déplorons (particulièrement pour le tourisme) que des travaux que nous considérons comme destructeurs soient aussi organisés et subventionnés par le Département.

Monsieur le Président a écrit « plus une dune à massacrer, plus un marais à boucher ». Nous dénonçons tous projets qui risquent sur le terrain d’entraîner des destructions irréversibles.

C’est le cas de la piste cyclable qui existe au pied de la digue de retrait entre la pointe de la Fosse et le lieudit « le Bonhomme ». Il est question d’en créer une deuxième à 150m de la 1ère dans une réserve naturelle et qui obligera à détruire des marais et à ouvrir des sorties des casiers de retenues d’eau protégeant des inondations. De plus, celle-ci doit passer sur le haut de la digue de défense contre la mer à la Casie…. Est-ce bien raisonnable ? Nous nous y opposons.

Celle en bordure de la forêt de Barbâtre sous réserve qu’on n’envisage pas, par la suite, qu’elle soit élargie et goudronnée pour servir de desserte aux résidences établies le long de la piste.

Le projet de voirie par le Département d’édifier un merlon de 1,20 m de haut sur 2 m de base au milieu de la quatre voies de la Fosse au rond-point de l’Europe défigurera complètement le paysage ; fermeture de vue sur les coupures d’urbanisation. D’autres solutions existent. Il faudra également surélever certains ronds-points et prévoir des barrages sur les voies de contournement d’entrée dans les bourgs pour éviter les inondations ? Nous ne pouvons accepter ce projet qui est contraire à la mise en valeur du bâti et le paysagement de la commune pourtant soutenu par le CEL.

Problème des ronds-points qui se multiplient. Avec les prévisions, nous en compterons au moins 15 sur 22 kilomètres (longueur de l’île). A l’entrée du Gois, secteur en cours de classement, un projet de rond-point est à l’étude quant une seule voie existe et le Comité de Pilotage n’a pas été associé. A notre avis, il n’a pas lieu d’être dans cette zone.

Nous regrettons qu’aucune étude d’ensemble n’ait été faite sur le terrain (espace limité) pour savoir si l’environnement de l’ile résistera à la pression touristique.

Les travaux de défense contre la mer (réalisés en investissement, souvent en travaux d’urgence) détruisent toutes les plages à l’ouest et l’érosion (à défaut d’entretien du trait de côte) continue, aggravée par des montagnes de roches. La descente vers les plages et la promenade à pied sur le haut qui est non recouvert de sable sont dangereuses.

Au titre de ces travaux de défense contre la mer, financer l’élargissement de la jetée Jacobsen sur le Mullembourg, est-ce indispensable et raisonnable ? Récemment, lors de la tempête XYNTHIA, les eaux sont rentrées sur ce secteur non pas par débordement par-dessus la jetée mais par les deux extrémités de cette digue : la plage de Fort Larron et les quais nettement plus bas du vieux Port de Noirmoutier.

L’ile n’est pas extensible, elle possède certes de beaux paysages appréciés de tous mais certains travaux que nous considérons destructeurs continuent : les marais et zones humides (bassin d’orages) sont en danger menacés par des zonages permettant des constructions et ceci sur chacune des communes.

Nous apprécions la décision de nous associer à la réflexion de protection de la dune de la Tresson ; cette démarche intervient à temps si l’on ne veut pas la voir complètement dégradée.

Le sentier cyclable ainsi que le sentier pédestre côtier sont également des préoccupations de l’association : quelle mise en place à travers les CEL sur les 4 communes de l’île ?

Nous vous adressons ce courrier pour vous alerter sur ces différents dossiers qui ne relèvent pas tous des contrats environnements littoraux et dont les maitrises d’ouvrage sont différentes, mais ceux ci nous préoccupent car ils ont tous des conséquences sur l’environnement de l’île.

Dans l’attente d’un échange et si possible d’une rencontre, que vous voudrez bien nous accorder et avec tous nos remerciements, recevez, Monsieur le Président, nos salutations distinguées.

La Présidente

Marie-Thérèse Beauchêne

Jacques Oudin quitte la Présidence de la CLE

Courrier Vendéen 26iii2009

Cliquez sur la miniature pour lire l’article du Courrier Vendéen du 26 mars 2009.

Depuis sa création en 1997, la Commission locale de l’eau de la baie de Bourgneuf était présidée par Jacques Oudin. Désormais, la CLE sera présidée par Robert Guérineau, maire de Saint Gervais.

La CLE se trouve en désaccord avec l’État au sujet du Sdage  (Schéma Directeur d’aménagement et de gestion des eaux) du bassin Loire-Bretagne, trop contraignant à ses yeux. Selon le Courrier Vendéen (voir article ci-dessus), Monsieur Oudin prétendrait que « une terre considérée ici comme sèche pourra désormais être recensée au titre des zones humides pour peu qu’il y ait des traces d’eau dans le sous-sol ». Si c’était le cas, ce serait effectivement inquiétant! Cependant, nous pouvons nous rassurer en lisant l’Article 2 de la loi du 3 Janvier 1992, codifié à l’article L 211-1 du code de l’environnement (la Loi sur l’eau):

on entend par zone humide les terrains, exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d’eau douce, salée ou saumâtre de façon permanente ou temporaire; la végétation, quand elle existe, y est dominée par des plantes hygrophiles pendant au moins une partie de l’année.

En examinant soigneusement la photo parue dans le Courrier Vendéen, on constate que les membres de la Commission Locale de l’Eau boivent de l’eau en bouteille…

L’éolien en question

Dans le numéro 108 du Journal de la Vendée (le bi-mensuel du Conseil Général), à la page 8, on pourra lire un entretien avec Christian Gérondeau, expert des questions d’énergie, qui met en question la pertinence de l’énergie éolienne pour résoudre les problèmes énergétiques de la France.

On sait que le Président du Conseil Général de la Vendée, Philippe de Villiers, est défavorable à l’installation de parcs éoliens sur le département, et en particulier au projet de parc éolien des deux îles, dont nous avons parlé déjà dans ce blog.

Pour lire tous nos articles sur le sujet, on peut sélectionner la catégorie « Éoliennes » dans la liste à droite.