Barrage de l’Auzance

La Lettre Eau de FNE est une revue trimestrielle qui traite des problèmes environnementaux de gestion des ressources en eau au sens large, incluant la mise en perspective des interactions avec d’autres politiques (agriculture, aménagement du territoire, énergie, santé environnement, déchets, etc.).

C’est également un lieu d’expression pour les associations de protection de l’environnement qui oeuvrent dans le domaine de l’eau.

Le N° 47 (qui n’est pas encore disponible en format électronique) inclut, en page 16 un article signé Yves Lepage pour Pays de la Loire Nature Environnement et Anne-Maire Grimaud pour COORLIT85 sur le projet du barrage de l’Auzance, qui s’inscrit dans le cadre du SAGE « Auzance, vertonne et côtiers vendéens. » L’eau est très convoitée en Vendée. Deux gros consommateurs, dont les prélèvements se concentrent sur la période estivale, sont pointés du doigt: le tourisme, en perpétuel accroissement, et l’agriculture intensive, avec la monoculture du maïs. Le syndicat Vendée Eau estime qu’il manquera de 5 à 8 millions de m³ d’eau en 2015, surtout pour la frange littorale. C’est pourquoi ce projet est envisagé.

Les deux associations, PNLE et COORLIT85, ainsi que l’APNO considèrent que ce 14ème barrage vendéen est à proscrire: il empêcherait l’atteinte du bon état écologique de la dernière rivière libre du département.

L’alternative à ce projet controversé serait une conduite à partir de la Loire, qui constitue une option environnementale meilleure sans coût disproportionné. C’est la solution préférée par la Direction Régionale de l’Environnement (DIREN). Pour les associations, la solution du transfert, si elle ne peut être absolument satisfaisante, est la moins mauvaise des deux. Mais l’urgence est dans la prise de conscience de chacun. S’il faut choisir, écrivent-elles, c’est entre l’augmentation du parc immobilier et le respect de la capacité d’accueil; c’est entre le laisser-aller et la mise en oeuvre d’un programme sérieux d’économies d’eau, incluant cultures peu gourmandes en eau, développement de l’agriculture biologique, et efforts de tous, y compris des collectivités qui se doivent de montrer l’exemple.

Une nouvelle fédération régionale pour FNE

Pays de la Loire Nature Environnement a organisé à Angers sa première assemblée générale le samedi 10 janvier 2009. Elle rejoint ainsi le vaste réseau associatif de France Nature Environnement (voir aussi notre article ici).

Pays de la Loire Nature Environnement (PLNE) vise à regrouper les fédérations départementales d’associations de protection de la nature et de l’environnement, ainsi que les associations ayant une activité sur tout ou partie de la région. Elle regroupe d’ores et déjà six associations, déjà membres de France Nature Environnement. Cette nouvelle fédération va permettre de renforcer la présence et l’organisation du mouvement associatif dans la région.

«Mieux nous connaître, coordonner les actions régionales de ses adhérents et les représenter auprès des instances régionales : ce sont nos deux premiers objectifs », explique Yves Lepage, son président. « En effet, PLNE souhaite exercer une présence active auprès des élus et des administrations, que ce soit celles de l’Etat, du Conseil Régional ou des autres instances régionales ou de bassin, dans tous les domaines liés à l’environnement. »

Sur le terrain, les préoccupations ne manquent pas. « L’estuaire de la Loire demande toute notre attention, précise Yves Lepage. Obstrué par des bouchons vaseux qui nuisent à la biodiversité et au passage des poissons migrateurs, il est pollué par de gros sites industriels, dont l’usine Total de Donges. En plus de la pollution dans les zones portuaires, nous sommes confrontés à l’intérieur des terres aux pollutions dues aux nitrates et aux pesticides, comme partout en France. Et nous allons être particulièrement vigilants face au projet d’aéroport à Notre Dame des Landes. »

Sébastien Genest, Président de France Nature Environnement, a assisté à cette première assemblée générale. Il a exprimé tout son soutien à PLNE : « Cette nouvelle fédération pourra s’appuyer sur l’expérience nationale de FNE. Sa proximité avec le terrain, comme celles de toutes nos associations régionales et départementales, fait la force de notre réseau. »

Immersion à la Lambarde

Le 7 décémbre, nous avons envoyé la lettre suivante au Préfet de la Région Pays de la Loire et au Préfet de la Loire-Atlantique.

Objet : enquête publique relative à l’autorisation d’immersion en mer sur le site de la Lambarde des matériaux extraits lors des dragages du port autonome de Nantes –  Saint-Nazaire.
Arrêté inter préfectoral n° 2008/BE/115 du 26 juin 2008

Monsieur le Préfet,

Les observations de l’association agréée de défense de l’environnement de l’île de Noirmoutier “Vivre l’île 12 sur 12“ lors de l’enquête publique citée ci-dessus étaient motivées par l’importance qu’a, pour notre environnement et notre économie, la qualité des eaux littorales. En effet, l’île de Noirmoutier et les fonds qui l’entourent étant constitués en grande partie par des alluvions de la Loire nous sommes très attentifs à la qualité des apports sédimentaires.
La Baie de Bourgneuf qui borde la côte Est de l’île  a des fonds essentiellement constitués de vases déposées par différents courants orientés sensiblement Nord Ouest –  Sud Ouest. Ces sédiments proviennent en très grande partie de la Loire mais aussi des particules mises en suspension lors des opérations de dragage des ports de la zone (l’Herbaudière, Pornic, Nantes Saint-Nazaire, …).
Les études d’impact effectuées à l’occasion de ces opérations affichent des taux de pollution plus ou moins cohérents avec les normes en vigueur. Chacun de ces dépôts de polluants est peut être “tolérable“, mais, à aucun moment, l’effet cumulatif de ces pollutions successives n’a été mesuré ni évalué.
Le commissaire enquêteur qui avait pour tâche de présenter le dossier au public l’a trouvé « copieux » (250 pages) et exclusivement « scientifique ». Il lui a été évidemment difficile de répondre aux questions techniques des citoyens noirmoutrins. Il aurait pu, comme le code de l’environnement l’y autorise, faire appel à un expert pour juger de la validité des observations. Il a préféré s’adresser au maître d’œuvre, celui-ci lui a prouvé sans surprise que le dossier  dont il était l’auteur était parfait.
Ce commissaire enquêteur était cependant troublé car, s’il n’a émis aucune réserve, il a fait deux recommandations :

  • poursuivre les études déjà initiées sur le panache et la dispersion des sédiments clapés
  • que les services de l’État compétents examinent une éventuelle pollution industrielle due à l’usinage d’aciers inoxydables près de la zone portuaire ou du Brivet.

Faute de mieux, nous attachons une très grande importance à la mise en œuvre de ces recommandations, c’est pourquoi nous vous demandons :

  1.  de bien vouloir nous inclure dans une commission locale d’information et de suivi des opérations d’immersion en mer sur le site de la Lambarde des matériaux extraits lors des dragages du port autonome de Nantes – Saint-Nazaire;
  2. de bien vouloir diligenter une étude sur l’effet cumulatif, en Baie de Bourgneuf, des rejets provenant des dragages de port.

Croyez, Monsieur le Préfet, en l’assurance de mes sentiments les meilleurs.

La Présidente, Marie-Thérèse Beauchêne

Développement durable: comment faire ensemble?

La Région des Pays de la Loire lance une nouvelle démarche citoyenne dans le but d’élaborer un agenda 21 régional : c’est à une vaste consultation sur les territoires régionaux que sont conviés tous les habitants des Pays de la Loire autour du thème «Développement durable, comment faire ensemble?».

Le débat sur « la filière économique du littoral » aura lieu à Longeville-sur-Mer, Salle des Grands Champs, le vendredi 5 décembre 2008 à 18h30.