La Jetée Jacobsen : nous écrivons au Préfet

Le 24 mars, nous avons envoyé la lettre suivante au Préfet de la Vendée, avec copie au Président de la Communauté de communes, à la Sous-préfète et à l’Architecte des Bâtiments de France.

Objet : Travaux sur la chaussée Jacobsen à Noirmoutier-en-l’Ile.

Monsieur le Préfet,

Certains membres du CA de l’association « Vivre l’Ile 12 sur 12 » participaient régulièrement à la commission de défense contre la mer, mise en place par la Communauté de Communes de l’Ile de Noirmoutier et ce jusqu’à la  date du 5 décembre 2009. Or, malgré nos demandes réitérées avant, puis après le début des travaux sur la digue Jacobsen, aucun calendrier des travaux, aucun plan concernant ce projet d’importance ne nous ont été communiqués, sauf pour un document de mauvaise qualité aux plans illisibles, délivré début février 2011, alors que les travaux sont en voie d’achèvement.

Invités par le Président de la Communauté de Communes à aller voir sur place, ce qui est seulement possible le dimanche pour des questions de sécurité, nous avons découvert, effarés,  la dénaturation de cette chaussée historique, secteur classé.
Que voit-on ? Une fortification qui débute après la digue de Fort-Larron et s’arrête au niveau de la chapelle des Martyrs. Du béton, deux murs, une large voie réservée aux ostréiculteurs (qui ne l’empruntent que dix jours par mois), la chaussée réduite de 5 mètres à 4 vers le milieu, l’espace traditionnellement réservé aux promeneurs, piétons et cyclistes, devient cohabitation sur la portion congrue. L’une des balades champêtres favorites des Noirmoutrins est aujourd’hui disparue, mais des passerelles en bois sont prévues pour la sécurité des promeneurs. L’aspect esthétique de cette zone  défigurée donne l’impression d’un mur de béton entre la mer et la réserve naturelle.

Nous sommes très soucieux de la protection de la population, mais d’une façon cohérente, et pas à ce prix là ! Pas ce gaspillage financier et cette atteinte à l’environnement !

Quelles sont les véritables raisons qui justifient ces travaux ? Ouest-France du 18 mars 2011 nous apprend qu’un nouveau lotissement est prévu dans le Mullenbourg, alors que plusieurs POS successifs  avaient retiré ces zones de l’urbanisation.
Qu’en est-il réellement ? Comme d’habitude, la concertation n’est pas de mise.

Certes, cette jetée avait besoin de travaux de consolidation, l’étanchéité devait être revue côté chenal, et une rehausse par un muret eut suffi, mais l’urgence ne se situe pas là, tant que le plan de protection ne prend pas en compte une cohérence du niveau de crête depuis les Sableaux jusqu’à l’écluse sur l’étier de l’Arceau.

Comment peut-on réaliser une telle structure à 5,00m NGF qui sera irrémédiablement contournée en cas de surcote, les points bas se situant sur les berges du port de Noirmoutier à 3,80m NGF, certaines sections des Sableaux (une barrière récente en partie amovible doit éviter les franchissements) et la pointe de Fort Larron sur laquelle le muret en continuation de la jetée Jacobsen s’interrompt brutalement.

Les berges de l’étier de Ribandon et les digues de Ribandon est et ouest confortées protégeraient les quartiers alentours de la montée des eaux. De même, les travaux actuellement en cours sur la berge sud du port (submergée lors de Xynthia), qui ne semblent pas prévoir un rehaussement à 5,00m NGF en continuité avec la jetée Jacobsen nous semblent parfaitement incohérents.
Qu’en est-il du rehaussement à 5,m NGF du quai nord, également submergé lors de Xynthia, et de la mise en sécurité à 5,00m NGF de l’écluse de l’étier du Moulin récemment remodelée avec des normes déjà dépassées ? Une continuité de la ligne de crête à 5m NGF depuis la plage St Pierre jusqu’à l’écluse de l’étier des Trois Coëfs, nous semblent bien dans la logique de rehaussement à 5,m NGF de la jetée Jacobsen décidé à la hâte par la Communauté de Communes.

En ces temps difficiles, nous percevons là, un chantier de travaux décidés à la hâte, avant la mise en place d’un PPRI cohérent. On ne peut que s’inquiéter de cette utilisation de l’argent public à des fins autres que la défense contre la mer.

Dans l’attente de votre position, je vous prie d’agréer, Monsieur le Préfet l’assurance de ma haute considération

Marie-Thérèse BEAUCHÊNE

Présidente

Jointoiement de la Jetée Jacobsen

La semaine dernière a commencé le jointoiement de la Jetée Jacobsen sur 300m à partir de la Voilerie Burgaud

La technique consiste à nettoyer la pierre en surface, puis les anciens joints, à assécher la pierre de surface et à pulvériser sous 22bars un ciment très fin, sec, qui va s’infiltrer dans les joints humides et rendre étanche le parement.
D’après nos informations, ce procédé serait à appliquer sur 300m dans un premier temps, le restant étant en discussion à la Communauté de communes; le coût du jointoiement serait de 85€/m² contre 65€/m² pour l’application du béton.

Jointoiement de la Jetée Jacobsen 1

Jointoiement de la Jetée Jacobsen 2

Jointoiement de la Jetée Jacobsen 3

Jointoiement de la Jetée Jacobsen 4

Bétonnage de la Jetée Jacobsen?

Nous avons été prévenus dans l’urgence par l’association « La Chaloupe » que les élus noirmoutrins doivent bientôt choisir le revêtement bétonné qui sera posé sur la face maritime de la Jetée Jacobsen.

Les trois options ont été réalisées sous forme d’échantillon (voir photo ci-dessous, prise ce matin) à soumettre aux conseillers.

Bétonnage de la Jetée Jacobsen

Vivre l’île 12 sur 12 n’était pas au courant de ce projet; nous avions demandé le dossier concernant les travaux de la Jetée Jacobsen par lettre du 15 février, restée sans réponse à ce jour.

Nous ne comprenons pas pourquoi, sur un ouvrage qui fait partie du patrimoine maritime et qui se trouve dans une Zone de Protection du Patrimoine Architectural, Urbanistique et Paysager, on n’ait pas choisi une solution plus esthétique et plus conforme à la tradition.

Restauration de la Porte aux Lions

L’Abbaye de la Blanche, fondée en 1205 par des moines cisterciens sur l’île de Noirmoutier, s’est développée au nord de l’île jusqu’au XVème siècle. Vendue comme bien national à la Révolution, cette abbaye est actuellement une propriété privée dont l’entrée est interdite.

L’église et son cloître ayant progressivement disparu, il ne subsiste aujourd’hui des bâtiments anciens que l’hôtel  abbatial du XVIIème siècle et ses dépendances, le bâtiment conventuel reconstruit au XVIIIème,et l’entrée monumental de l’enclos abbatial, communément appelée « Porte aux Lions ».

En mars de cette année, une demande de permis de construire a été déposé pour la restauration de cette porte (monument historique: inscription par arrêté du 2 décembre 1926). L’architecte des Bâtiments de France a donné son accord, estimant que « les matériaux et la mise en oeuvre de ce chantier sont très respectueux de la qualité architecturale de cet édifice. »

Une  carte postale visible sur le blog de L’Étrille nous donne un aperçu de la qualité du monument. L’Étrille nous propose d’autres vues de l’Abbaye sous forme de carte-postale ancienne sur cette page. (Déroulez vers le bas de la page.)

Porte aux Lions, élévation nord

En cliquant sur la miniature ci-dessus, vous pourrez voir le plan de l’élévation sud extrait du dossier de demande de permis de construire déposé à la Mairie de Noirmoutier.

Le domaine de la Blanche est un domaine privé, désormais complètement fermé au public. Il fut une époque où les propriétaires permettaient la circulation dans le chemin entre le  bois classé et les bâtiments et terres du domaine, mais ce temps est révolu.

En 1981, les propriétaires ont demandé que l’ensemble de ce site remarquable soit classé, c’est à dire:

  • les prairies humides
  • le système d’évacuation des eaux pluviales vers la mer : des petits canaux bordés de pierres traversant le domaine et sortant, grâce à un coëf dans la digue d’enceinte sur la plage de la Blanche; ce système d’évacuation a été créé au XIIème siècle par les moines;
  • une pêcherie d’eau douce médiévale créée à la même date;
  • un étang récupérant les eaux pluviales

Des plantes rares, espèces en voie de disparition, on été répertoriées dans le bois de chênes verts, surtout des daphnés, et de nombreuses autres dans les zones humides.
Pour toutes ces raisons, le domaine est classé Natura2000 (classement européen pour les sites uniques et remarquables); il est classé sous l’article L. 146-6 du Code de l’urbanisme, relatif à la protection et à la sauvegarde des sites et paysages remarquables et caractéristiques du littoral;  et il est classé ND dans le POS (c’est à dire, un espace naturel à protéger) .

Lors d’une révision du POS en 1993, il a été envisagé de passer ces terres en zone agricole, mais ce projet n’a finalement pas abouti. Or, le PLU de 2004  classe l’ensemble du domaine en zone agricole, même les espaces « étangs et pêcheries », sauf la partie boisée proche de la mer, qui reste ND.

C’est avec plaisir que Vivre l’île 12 sur 12 apprend que l’on envisage la restauration de la Porte aux Lions. Nous espérons que le reste du patrimoine architectural du domaine pourra aussi être protégé, ainsi que les zones naturelles uniques et remarquables.