Ensemble pour l’eau salie – il est temps de se mouiller !

Le savez-vous?

Eau propre -> eau salie

(illustrations extraites des Cahiers techniques de l’Office International de l’Eau)

Extrait du Code Général des Collectivités Territoriales

Les Communes ou leurs établissements publics de coopération délimitent, après enquête publique réalisée conformément au chapitre III du titre II du livre Ier du code de l’environnement :

  • les zones d’assainissement collectif où elles sont tenues d’assurer la collecte des eaux usées domestiques et le stockage, l’épuration et le rejet ou la réutilisation de l’ensemble des eaux collectées ;
  • les zones relevant de l’assainissement non collectif où elles sont tenues d’assurer le contrôle de ces installations et, si elles le décident, le traitement des matières de vidange et, à la demande des propriétaires, l’entretien et les travaux de réalisation et de réhabilitation des installations d’assainissement non collectif ;
  • les zones où des mesures doivent être prises pour limiter l’imperméabilisation des sols et pour assurer la maîtrise du débit et de l’écoulement des eaux pluviales et de ruissellement ;
  • les zones où il est nécessaire de prévoir des installations pour assurer la collecte, le stockage éventuel et, en tant que de besoin, le traitement des eaux pluviales et de ruissellement lorsque la pollution qu’elles apportent au milieu aquatique risque de nuire gravement à l’efficacité des dispositifs d’assainissement.

Eau usée

Eaux pluviales

(illustrations extraites des Cahiers techniques de l’Office International de l’Eau)

Sur l’île de Noirmoutier l’assainissement collectif et non collectif des eaux usées est de la compétence de la communauté de communes ;  ils font l’objet de deux budgets annexes séparés, différents du budget principal.

Extrait du Code Général des Collectivités Territoriales :

Le président de l’établissement public de coopération intercommunale (communauté de communes) présente à son assemblée délibérante un rapport annuel sur le prix et la qualité du service public d’assainissement destiné notamment à l’information des usagers.

La gestion des eaux pluviales et de ruissellement est assurée par les communes et son financement est intégré au budget général de chaque commune.

Pluvial à Noirmoutier

Noirmoutier, 7/10/2010

Ci-dessus, la photo d’une bouche de pluvial prise le jeudi 7 octobre 2010 dans le centre ville de Noirmoutier  à marée haute d’un coêfficient de 110.

Les causes de cette remontée peuvent être diverses : nappe phréatique, infiltrations, clapets peu étanches, réseau de pluvial anarchique… mais il est clair qu’en cas de pluie conjuguée à la grande marée, c’est une nouvelle fois l’inondation du centre ville.

Le pluvial à la Blanche

Pendant toutes ces longues semaines où la France entière (et le reste de l’Europe) était couverte d’un blanc manteau de neige, il restait une petite tache verte sur le bord gauche de la photo satellite de Météo-France : l’île de Noirmoutier a eu froid, mais elle n’a pas vu la neige.

Par contre, il a plu. Abondamment.

(Cliquez sur les vignettes pour voir les photos)

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C’était l’occasion pour nos intrépides investigateurs de mener l’enquête à la Blanche.

Dans le but d’expliquer la présence de panneaux « chaussée inondable » le long de la rue de la Porte Pireau, une brève exploration le long du mur d’enceinte de l’Abbaye de la Blanche nous a permis d’observer l’écoulement des eaux dans les parages immédiats du mur.

Nous avons préparé un court dossier de dix pages, téléchargeable en cliquant ici,  où nous donnons le résultat de nos investigations.

Notre conclusion : il est vraisemblable que cette partie du bassin versant, marécageuse avant l’arrivée des moines, cuvette réceptacle des eaux pluviales du plateau agricole, s’étendait sans interruption de l’Herbaudière au bois de la Chaise avec évacuation possible à la Clère, au niveau de la digue ancienne de Ribandon vers le sud et aux Sableaux.

Des cöefs et écluses pouvaient aussi exister (le « canal » au Vieil, le coëf de la Madeleine par exemple).

Cette cuvette isolée au nord par un cordon dunaire, au sud par la hauteur du plateau rocheux de la plaine, présente encore des restes importants du marécage initial, le « Vivier » à l’Herbaudière, le courseau des Bœufs, les étangs et fossés de la Blanche, le fossé de la Madeleine, les Roussières, la Clère, les Prés Planches et les Prés Patouillards. Le devenir de ces lieux humides, souvent victimes de développements peu respectueux de l’environnement paysager patrimonial, est sans doute plus qu’aléatoire aujourd’hui.

Preuves éloquentes, on ne peut plus évidentes de la nécessité absolue d’épargner les dernières zones non urbanisées, en particulier celles de la Linière, de la Blanche, de la Madeleine, du secteur de la Résistance, des Roussières, des Prés Planches, des Prés Patouillards, du Müllembourg.

Une panne électrique –  toujours possible – associée à de fortes pluies… et c’est de nouveau la catastrophe, non seulement aux environs de la Blanche mais aussi dans tous les lieux cités, clairement identifiés!

On peut aussi avec profit consulter notre dossier sur le Bassin versant du nord de l’île, téléchargeable en cliquant ici.

Combien de temps devrons-nous attendre un Plan de Prévention des Risques naturels prenant effectivement en compte les réalités alarmantes de ce territoire en sursis de catastrophe?

Le bassin versant du nord de l’île: notre dossier

L’année dernière nous avons publié une série d’articles sur le bassin versant du nord de l’île, que vous pourrez relire en cliquant  ici pour le premier, ici pour le deuxième, ici pour le troisième, et ici pour le quatrième.

Le contenu de ces articles était  basé sur un dossier (élaboré par Jean-Louis Eugène) qui est maintenant disponible en format pdf, et téléchargeable en cliquant ici.

Nous en recommandons vivement la lecture, ainsi que celle de notre dossier sur les Principales catastrophes et cataclysmes dans l’Île de Noirmoutier depuis le IIIème siècle (également téléchargeable en format pdf en cliquant ici), afin d’aborder en connaissance de cause le débat sur le plan de prevention des risques d’inondation (PPRI).

Le bassin versant du nord de l’île – 4

Ci-dessous: coëfs, clapets et portes au nord de l’île.

écluse à porte à l’Herbaudière

Ci-dessus: Ecluse à porte à l’Herbaudière, entièrement ensablée, totalement inopérante.

écluse de la Linière
Ci-dessus: Ecluse à porte d’une largeur de 1,4 m à la Linière: alimentée par des pompes électriques, premier déversoir du courseau des Boeufs. Eaux pluviales et autres rejets (drainage partiel de la plaine agricole, sans traitement des eaux !)

coef de la Linière: déversoir
Ci-dessus: Déversoir par busage en haut de l’estran, à l’extrémité de la rue de la Plage à la Linière.
Deuxième exutoire du courseau des bœufs. Facile d’accès, dangereux pour les enfants. Alimenté uniquement par les pompes électriques de la route du Martroger.
Evacuation des eaux pluviales (souvent polluées par les engrais artificiels de la plaine agricole, nitrates et phosphates), aucun traitement préalable des rejets.

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Ci-dessus: Pompes route du Martroger.

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Ci-dessus: Coëf de la Blanche.
Au milieu du superbe mur de défense contre la mer de l’abbaye de la Blanche probablement construit en 1733. Ce coëf d’une importance essentielle fonctionne par gravité, alimenté par l’important réseau de fossés et d’étangs à l’intérieur des murs de l’ancienne abbaye de la Blanche.

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Ci-dessus: Coëf de la Madeleine.
Coëf ancien, fonctionne par gravité, souvent ensablé au gré des marées, nécessite un entretien régulier.
Exutoire des prairies humides au niveau de la Résistance, ainsi que d’une partie de la plaine agricole.
Inopérant le 13 janvier 2007.

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Ci-dessus: Coëf de Mardi-Gras au Vieil.
Fonctionne par gravité, alimenté par « le canal », courseau fort ancien, doté en partie de murs en pierre dont l’entretien laissait à désirer. Extrémité nord d’un vaste système de fossés aboutissant à la Grande Lande (Prés Patouillards). Mai 2003, janvier 2007, entièrement ensablé, totalement inopérant.

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Ci dessus: le canal du Mardi Gras.

Sa récente réhabilitation devrait efficacement amoindrir les nuisances connues lors de pluies violentes. Le coëf de Mardi­ Gras présentant de nombreuses et larges fissures a été réétanché. Lors des forts coefficients de marée, l’eau de mer ne remonte plus dans le canal ce qui était contraire à sa destination.
La réfection de la porte en bois de «Mardi­ Gras » devrait permettre d’assurer une vidange régulière du canal et aussi d’augmenter la capacité de rétention d’eaux pluviales tout en réduisant le coût de fonctionnement des pompes des Roussières.

Noirmoutier, l’Information n°53

Le canal de « Mardi­Gras » au Vieil, fait l’objet de travaux de remise en état sur environ 80m. Ce canal très âgé réceptionne les eaux pluviales du Vieil et des Roussières et les pierres qui le constituent menacent de s’ébouler par endroits. Afin d’assurer sa solidité, il sera refait à l’aide de U de béton habillés de pierres afin de conserver son cachet.

Info en bref, juillet-août 2004

Le bassin versant du nord de l’île – 3

Il y a de multiples causes à la disparition des bassins de rétention au nord de l’île:

  • la suppression des « terriers » et haies après le remembrement;
  • la suppression des fossés, mares et étangs (augmentation du foncier);
  • le rehaussement des terrains nouvellement destinés à l’urbanisation ou juste urbanisés;
  • le nivellement après assèchement dans le but d’accroître les terres agricoles;
  • la réduction des fossés anciens due au remblaiement par certains riverains (augmentation du foncier);
  • le remplacement des fossés par un busage.

Tous les ans au printemps, les trois principaux étiers (du Moulin, de l’Arceau, des Coëfs) évacuent les eaux pluviales par des écluses contrôlées manuellement avant l’alimentation en eau salée indispensable aux sauniers, aux exploitations aquacoles et ostréicoles. Effectivement, cette zone centrale gérée techniquement par deux syndicats (la SNAM et le Syndicat des 3 étiers), peu urbanisée, ne risque pas d’inondations pluviales bien qu’encore exposée à des risques de submersion marine dans des cas extrêmes.

On peut cependant apprécier la diminution persistante de la surface de cette zone due à des comblements continus souvent souhaités par certaines municipalités après modification du POS ou PLU, à la suite de pressions soutenues de la part de certains élus afin d’accélérer de malencontreux « développements ».

En particulier : projet de nouvelle zone commerciale et artisanale à la Guérinière; deux anciens marais salants près du Super marché U à l’Epine destinés à augmenter la capacité du parking; et l’établissement de nouveaux commerces, à l’entrée de Noirmoutier.

A la Linière, à la Blanche, à la Madeleine, aux Roussières, à la Claire, aux Prés Patouillards, des coëfs contrôlés par des clapets et des portes, alimentés par un vaste réseau de fossés et d’étangs éliminaient les eaux pluviales depuis toujours.

Aujourd’hui, des pompes électriques coûteuses pour la communauté suppléent à la disparition des bassins d’orage et au mauvais entretien des clapets à l’extrémité des coëfs souvent totalement ou partiellement ensablés, donc inopérants.

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Les Prés Patouillards vers 1970 (cliquez pour agrandir)

Le bassin versant du nord de l’île – situation actuelle

Comme nous le savons, environ 66% des terres de l’île sont inondables dans un cas extrême (3m IGN). En dehors de la zone centrale largement formée de marais salants, des dépressions, anciens bassins d’orage, étangs, marais, prairies humides, mares ou fossés existent tout autour de l’île, tous en voie de régression, tous inondables.

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Les Roussières vers 1950 (cliquez sur la vignette pour agrandir)

Les anciens s’accommodaient de ces aléas climatiques par le creusement de fossés (les courseaux), souvent pourvus de murs appareillés afin de faciliter la progression des eaux vers les coëfs et écluses, et par le maintien de zones humides en guise de bassins de rétention capables d’absorber un surplus soudain et brutal d’eaux pluviales, à la suite d’orages par exemple.

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Les Prés Patouillards vers 1900 (cliquez pour agrandir)

Parfaitement localisées, ces prairies humides ou marécages étaient dénués d’habitations ou de constructions de valeur. Il s’agit en particulier au Nord de l’île, des Roussières, des Prés Patouillards, des étangs de la Blanche et de la Linière, du courseau des Bœufs, du fossé de la Madeleine, du canal au Vieil.

L’île ne possède aucun ruisseau se jetant à la mer, sa partie centrale étant creusée en cuvette. Dans les endroits où les eaux douces retenues par le littoral forment des marécages, il a fallu établir des canaux pour leur permettre de rejoindre la plage; ce sont eux qui portent le nom de «courseaux».
Ils sont maçonnés pour résister à l’ensablement, se continuent sous les dunes et sont munis de portes pour régler la sortie de l’eau.

Dr Viaud-Grand-Marais, Guide du voyageur à Noirmoutier – Lusseau Frères – 1952

Hélas, de nos jours, maltraitées par les développeurs de tout poil, ces zones basses (inférieures à 2,5 m IGN) dont la capacité de rétention s’amenuise irrémédiablement, n’assument plus leur rôle de vases d’expansion. Les remblaiements consécutifs à l’abandon de l’utilisation habituelle de ces dépressions, une urbanisation déraisonnable dans des zones traditionnellement dénuées de toute construction, provoquent des inondations dont la fréquence et la gravité augmentent d’année en année.

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Le courseau des Boeufs à la Linière (cliquez pour agrandir)

L’acharnement des intérêts fonciers à vendre des terrains inondables, l’obstination des municipalités à délivrer des permis de construire sur ces mêmes terrains perdurent, sans souci d’informer franchement voire honnêtement les nouveaux propriétaires sur les risques potentiels et la modulation possible voire probable des polices d’assurances.
Le risque d’inondation n’est pas un phénomène nouveau à Noirmoutier (dans le centre ville en particulier), cependant, le développement urbain accéléré provoque une double problématique :

  1. un nombre grandissant de constructions diverses situées en zone inondable;
  2. la destruction de milieux humides – fossés, mares, marais – qui par remblaiement (diminution de volume) contribuent à une montée supérieure et plus rapide des eaux en cas d’inondation.

Le rôle des plaines inondables et de débordement est de servir de réservoir et de vase d’expansion, où les eaux peuvent séjourner temporairement, lors des inondations provoquées par de fortes pluies. Si l’on remblaie ces zones, bloquant alors l’expansion indispensable de l’élément liquide, l’envahissement de ces milieux humides chasse les eaux vers des secteurs adjacents devenus vulnérables, y provoquant des inondations rapides inconnues jusqu’alors.

Le bassin versant du nord de l’île

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Carte de la partie nord de l’île: les zones en rose sont situées en dessous des plus hautes mers (cliquez pour agrandir)

Dans le rapport d’orientation adopté par l’Assemblée Générale de l’association en juillet 2007, nous avons défini trois critères constants pour l’évaluation de tous les projets publics: la capacité d’accueil, le risque de submersion marine et le contrôle qualitatif et quantitatif des eaux de ruissellement.

L’importance de ce troisième critère est amplement démontrée par notre dossier sur le bassin versant de 600 ha au nord de l’île de Noirmoutier (dossier qui sera publié dans notre bulletin d’infos).

Le remarquable effort consenti par la Communauté de Communes à la défense contre la mer a quelque peu occulté le problème de l’évacuation vers la mer des eaux pluviales bloquées dans des cuvettes situées au dessous des plus hautes mers. La plupart de ces dépressions sont situées sur la face intérieure des dunes côtières, en particulier au Nord de l’île.

Préoccupés par la reconversion de ces zones humides fragiles et complexes, les élus et aménageurs ont malencontreusement « oublié » la vulnérabilité et l’utilité indéniable de ces zones indispensables.

Si la commune de Noirmoutier tient compte dans son PLU, au niveau des pompes des Roussières, du besoin d’un bassin d’orage, (le volume prévu de ce réservoir est d’ailleurs tout à fait insuffisant), elle souhaite cependant urbaniser la zone des Prés Patouillards et une partie des prairies humides à la Linière, en bordure du courseau des Bœufs, alors que toutes les eaux de ruissellement de cette dernière zone s’évacuent en mer, exclusivement par des pompes électriques, sujettes à des pannes, en cas d’orage par exemple. Certaines propriétés y sont régulièrement inondées.
Ces réceptacles obligatoires des eaux pluviales et d’irrigation sont à la fois un danger pour les biens et pour la santé publique, par le lessivage des eaux de la plaine agricole, fertilisée par des produits hautement polluants jusqu’à preuve du contraire. Le rejet en mer sans traitement pollue toute la zone côtière du nord et de l’est de l’Ile.

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Les Roussières en mars 2007

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Les Prés Patouillards en mars 2007

Toutes les eaux pluviales de cette zone sont évacuées en mer, plage de la Clère, par une pompe électrique.